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F1 2014 - Bilan : Toro Rosso à sa place

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Duo de Toro Rosso en 2014, Daniil Kvyat et Jean-Eric Vergne ne seront plus au sein du team italien en 2015. Le Russe a été promu chez Red Bull, le Français poussé vers la sortie.
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-12-12T16:43:00.000Z, mis à jour 2014-12-12T17:08:25.000Z

La rédaction d'Automoto.fr poursuit son bilan de la saison 2014 de Formule 1 en se penchant ce vendredi 12 décembre sur Toro Rosso, 7e du championnat, qui ne roulera plus en 2015 avec Jean-Eric Vergne et Daniil Kvyat, respectivement remplacés par Max Verstappen et Carlos Sainz Junior.

En tant que "petite sœur" de Red Bull, Toro Rosso ne peut espérer viser la victoire finale en championnat. En terminant 7e de cette saison 2014 de Formule 1, l'équipe italienne est à sa place malgré un duo de pilotes prometteur composé de Jean-Éric Vergne et Daniil Kvyat. Mais fidèle à son rôle de "Red Bull Junior Team", l'écurie dirigée par la poigne de fer de Franz Tost devra composer en 2015 avec un nouveau line-up à l'expérience très limitée.

>> Les 19 podiums de la saison 2014 de Formule 1 en images

Kvyat, jeune Tsar en devenir
Pourtant, les ambitions du team transalpin étaient grandes en janvier dernier. Avec un changement profond de la réglementation, l'équipe basée à Faenza (nord-est de l'Italie) pouvait prétendre à jouer un rôle plus important que celui de second couteau auquel elle était habituée ces dernières années. Le début de saison a confirmé cette tendance où les deux pilotes ont marqué des points lors de la première manche, à Melbourne, malgré une fiabilité du moteur Renault qui laissait à désirer après des essais hivernaux difficiles. Et malheureusement pour Vergne, c'est Kvyat qui s'est le mieux illustré à bord de la STR9, marquant ainsi de gros points en interne.

Après avoir accédé à la Q3 pour le premier Grand Prix de sa jeune carrière, le Russe de 19 ans et 10 mois à l'époque est devenu le pilote le plus jeune pilote de l'histoire à scorer en arrachant la 9e place, chipant par la même occasion ce record de précocité à un certain Sebastian Vettel.

Très à l'aise en qualifications (signant un 12-7 contre Vergne dans cet exercice), le champion GP3 2013 n'a pourtant pas exploité tout son potentiel - indiscutable - en course, ce qui l'a conduit qu'à une modeste 15e place au classement des pilotes, avec huit petites unités au compteur. Les raisons de ces performances en dents de scie sont faciles à trouver : des ennuis mécaniques à répétition ont d'abord frappé le natif d'Oufa en début d'année et un certain manque de flamboyance dans les moments clés le dimanche l'ont pénalisé en fin de saison. Une qualité que son équipier français possède depuis ses débuts dans l'élite automobile en 2012.

Vergne méritait mieux
Toujours en-deçà de ses équipiers sur un tour, JEV a une nouvelle fois montré toute sa constance sur la durée d'un Grand Prix, notamment en fin de saison où son avenir était en jeu. Sa remontée fantastique jusqu'à la 6e place à Singapour pour effacer les deux pénalités sévères infligées par les commissaires, resteront sans aucun doute l'une des performances Majuscules de cette saison 2014.

Mais malgré sa 13e position au Mondial et 22 points inscrits, soit presque trois fois plus que son équipier russe, c'est bel et bien Vergne qui se retrouvera sans volant en F1 l'an prochain. Après avoir été poussé vers la sortie l'été dernier pour laisser place au Néerlandais Max Verstappen, qui deviendra à 17 ans le plus jeune pilote de l'histoire de la catégorie reine, le Français aurait pu prétendre à une promotion chez Red Bull pour remplacer Vettel, en quête de renouveau chez Ferrari. Malheureusement pour lui, c'est Kvyat qui a été choisi pour épauler Ricciardo en 2015.

A défaut d'être promu, JEV espérait alors pouvoir rester dans l'élite chez Toro Rosso, le baquet de son coéquipier étant vacant. Mais le business de Red Bull est impitoyable, le patron de la filière des jeunes pilotes du team autrichien en tête. Toujours à l'affut de nouvelles pépites, le Docteur Helmut Marko est resté fidèle à sa philosophie en recrutant Carlos Sainz Junior. Fraichement sacré en Formule Renault 3.5. Un choix contestable, même si le potentiel du jeune espagnol de 20 ans n'est pas remis en cause.

Le business de Red Bull
A force de vouloir promouvoir ses jeunes talents, Red Bull tombe dans une caricature qu'il conviendrait d'éviter. L'objectif de la filière a toujours été privilégié des pilotes qui ont des chances pour briller en Formule 1 mais aussi de s'assurer qu'ils seront suffisamment charismatiques pour promouvoir la marque, créatrice de la célèbre boisson "qui donne des ailes". Une philosophie qui s'applique parfois au détriment des résultats purement sportifs.

Cela étant, l'histoire a montré qu'Helmut Marko s'est rarement trompé dans le choix de ses pilotes, preuve en est avec les quatre titres apportés à Red Bull par Vettel. Cette saison, Vergne entamait sa troisième année dans l'élite mais n'a jamais fermement dominé comme il se doit son rookie de coéquipier, et ce malgré de meilleurs résultats.

En 2015, Toro Rosso alignera donc une paire de pilote qui a 18 ans et demi de moyenne d'âge. Soit le duo le plus jeune de l'histoire de la discipline. Un petit peu d'expérience aurait sans aucun doute fait du bien mais seul l'avenir nous le dira.