F1 2015 : Vergne officialise son départ de Toro Rosso

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Jean-Éric Vergne a annoncé son départ de chez Toro Rosso après trois ans passés au sein de l'écurie dirigée par Franz Tost.
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-11-26T15:21:00.000Z, mis à jour 2014-12-01T15:15:06.000Z

Annoncé par plusieurs médias en ballotage défavorable pour occuper le second baquet de l'écurie Toro Rosso en vue de la saison 2015 de Formule 1, Jean-Eric Vergne a confirmé ce mercredi 26 novembre qu'il quittait l'écurie cadette de Red Bull afin de laisser "place à un nouveau projet".

Jean-Éric Vergne et Toro Rosso, c'est désormais de l'histoire ancienne. En ballotage défavorable pour le second baquet du "Red Bull Junior Team", le Français a officialisé ce mercredi 26 novembre son départ de l'équipe dirigée par Franz Tost. Une annonce qui pourrait sonner la fin de sa jeune carrière en Formule 1.

"Place à un nouveau projet"
"Malgré une bonne saison et 22 points, je ne serai plus chez Toro Rosso en 2015", a écrit celui que l'on surnomme affectueusement JEV sur son compte Twitter. "Place maintenant à un nouveau beau projet", a-t-il laconiquement ajouté.

Pourtant, le natif de Pontoise avait bon espoir de figurer encore dans l'élite du sport automobile la saison prochaine. "Rien n'est encore fait, mais je ne me fais pas trop de soucis : je serai en F1 en 2015", déclarait-il sur le site de Sport24 le 5 novembre dernier. Auparavant, son patron, Franz Tost, avait publiquement émis le souhait de continuer avec lui : "Je reste convaincu que Jean-Éric peut faire du très bon boulot en Formule 1 s'il obtient une voiture compétitive. Il l'a montré à quelques reprises et, personnellement, j'aimerais continuer avec lui mais nous devons attendre de voir ce que Red Bull décidera", admettait-il sur le site officiel de la Formule 1 le 31 octobre.

Mais il faut croire que ses résultats corrects, compte tenu de son matériel et d'un moteur Renault pas franchement au top de sa forme, n'ont pas convaincu le Docteur Helmut Marko, patron de la filière des jeunes pilotes Red Bull. Si le volcanique autrichien de 71 ans ne s'est jamais trompé sur ses recrues, preuve en est avec les quatre titres de champion du monde décrochés ces cinq dernières années par Sebastian Vettel, force est de constater le marketing semble l'emporter sur la raison.

Quand le marketing prend le dessus sur le sportif
A force de vouloir posséder une pépinière de jeunes talents, Red Bull tombe dans une caricature qu'il conviendrait pourtant d'éviter. L'objectif de la filière a toujours été de donner la chance à des pilotes qui ont le potentiel pour briller en Formule 1 mais aussi de s'assurer qu'ils seront suffisamment charismatiques pour promouvoir la marque, créatrice de la célèbre boisson "qui donne des ailes". Une philosophie qui a de plus en plus tendance à être appliquée au détriment des résultats purement sportifs.

La preuve : JEV a dominé son équipier russe de 19 ans, Daniil Kvyat, qui effectuait ses premiers pas en Formule 1 chez Toro Rosso. Si le jeune rookie a brillé par certains exploits en qualifications, son inconstance en course a souvent sauté aux yeux et le bilan comptable en atteste : Vergne termine l'année 2014 avec 22 points contre neuf petites unités pour Kvyat. Pourtant, c'est ce dernier qui a été choisi afin d'épauler Daniel Ricciardo chez Red Bull en 2015 après le départ de Vettel pour la Scuderia Ferrari.

Le signal envoyé par le Docteur Marko est donc fort : la firme autrichienne possède des jeunes talents, surdoués pour la plupart, et qui vont battre tous les records de précocité dans la catégorie reine. L'arrivée de Max Verstappen chez Toro Rosso pour la saison prochaine ne fait qu'enfoncer le clou puisque ce dernier deviendra à 17 ans le plus jeune pilote de l'histoire de la discipline.Il devrait être épaulé par le champion de Formule Renault 3.5, Carlos Sainz Junior. L'Espagnol a participé à la première journée de tests de fin de saison avec Red Bull.

Un bilan honorable
Au final, JEV aura tout de même tenu bon trois ans au sein de la structure cadette de Red Bull. Si la promotion de Ricciardo l'an dernier au sein du team autrichien semblait une évidence, malgré l'écart serré entre les deux rivaux et amis, le bilan du Français dans la catégorie reine est flatteur avec 58 Grand Prix pour 51 points au volant d'une monoplace pas toujours irréprochable et souvent frappée par la malchance.

Pour l'heure, l'avenir du Pontoisien est encore flou. Vergne pourrait se diriger vers une autre discipline comme d'autres l'ont fait avant lui et avec du succès, comme le Suisse Sébastien Buemi, champion en Endurance avec Toyota et ex-pilote Toro Rosso (2009-2011).

A moins qu'il ne soit tenté par un poste de 3e pilote pour garder un pied en Formule 1. Ça tombe bien : Felipe Nasr ayant rejoint Sauber pour 2015, une place vient de se libérer chez Williams, en plein renouveau depuis le début de l'année.