F1 2016 - Romain Grosjean à 100 à l'heure

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Romain Grosjean Haas F1 Team
Par Xavier BEAL|Ecrit pour TF1|2016-10-25T10:56:21.709Z, mis à jour 2016-10-25T13:45:17.340Z

Dimanche, lors du Grand Prix des Etats-Unis, Romain Grosjean a participé à sa 100e course en F1, entrant dans un cercle très fermé.

Depuis le Grand Prix des Etats-Unis, Romain Grosjean est seulement le 69e pilote à atteindre la barre des 100 départs en F1 ! C'est donc l'occasion de se remémorer six saisons de F1 avec des hauts et des bas.

[VIDEO - F1 : présentation de l'écurie Haas Racing avec Romain Grosjean et Esteban Gutiérrez]

100 départs mais 101 GP !

En regardant le calendrier 2016 de la F1, Romain Grosjean s'était préparé à faire son 100e départ à Suzuka, au Japon. Mais à Singapour, Romain Grosjean n'a pu prendre part à la course en raison d'un problème mécanique. Du coup, à Suzuka, il a fêté son 100e Grand Prix mais seulement son 99e départ. Mais ce n'était que partie remise et finalement, hasard du calendrier, sa 100e course s'est déroulée aux États-Unis, sur les terres de son écurie, Haas, avec à la clé le point de la dixième place. Comme quoi, le hasard fait bien les choses.

Le pilote français était d'ailleurs heureux de ce résultat : "Ça fait plaisir de revenir dans les points et d'avoir un peu de réussite. J'étais dégoûté de partir dix-septième à l'occasion de la course à la maison de l'équipe. Mais voilà, en utilisant l'expérience de 99 Grands Prix, on y arrive !" 

Valence 2009 : Les débuts

Mais pour atteindre ce total de 100 départs, Romain Grosjean n'a pas toujours eu la vie facile. Tout a commencé en 2009. Romain Grosjean, âgé de 23 ans, est alors troisième pilote au sein de l'écurie Renault et participe, en parallèle, au GP2. Mais en août, Renault débarque Nelson Piquet Jr pour promouvoir le pilote français, alors 2e du GP2.

Renault F1 Team   Romain Grosjean & Fernando Alonso


Le 23 août 2009, Romain Grosjean effectue ses débuts en F1 à l'occasion du Grand Prix d'Europe disputé sur le circuit de Valence, en Espagne. Le Français se classe à une honorable 15e place mais la suite est plus compliquée. Vexé par son licenciement, Piquet Jr revèle le scandale du "Crashgate" et plonge l'écurie Renault en pleine tempête. Dans le même temps, sur la piste, Grosjean subit la domination de son coéquipier : Fernando Alonso.

A l'issue du championnat, et après seulement sept Grand Prix, Romain Grosjean n'est pas conservé pour la saison 2010.



2012 : Un retour par la grande porte

Malgré ce coup de massue, Romain Grosjean relève la tête. Il remporte le championnat AutoGP 2010 puis le GP2 en 2011, à chaque fois avec l'écurie DAMS. Ses performances attirent l'oeil de Lotus qui a racheté... Renault en 2011 et décide de titulariser le Français pour la saison 2012. Et dès le premier Grand Prix de la saison, il se signale en signant le troisième temps des qualifications avant d'être victime d'un abandon en course, après avoir été percuté par Maldonado.

Mais Romain Grosjean répond aux attentes en montant sur le podium à Bahreïn (3e), au Canada (2e) et en Hongrie (3e).

Romain Grosjean Podium GP F1 Hongrie 2012

Le dingo du premier tour

Après ces podiums, le monde de la F1 s'attend à voir Grosjean remporter enfin une victoire. Mais lors du Grand Prix de Belgique 2012, il est impliqué dans un spectaculaire accident au premier virage. La FIA le tient pour unique responsable (Hamilton n'est pas tout blanc sur ce coup) et Grosjean écope d'un Grand Prix de suspension (en Italie).

Pour éviter une nouvelle mésaventure, Romain Grosjean décide de travailler avec une psychologue pour mieux appréhender la pression et le stress de la F1. Mais deux courses plus tard, Grosjean harponne Webber au départ du Grand Prix du Japon et se voit qualifier de "dingo du premier tour" par le pilote australien.


2013 : Le retour en grâce

Le pilote français traîne alors une mauvaise réputation dans les paddocks mais il garde la confiance de Lotus et en particulier de son directeur sportif, Eric Boullier. Et lors de la deuxième partie de la saison 2013, c'est le déclic. Romain Grosjean monte sur le podium lors de quatre des six dernières courses.

Et sa plus belle revanche, il l'obtient au Grand Prix du Japon. Un an après son accrochage avec Webber, il effectue cette fois un super départ et passe 26 tours en tête avant de devoir s'incliner devant la supériorité des Red Bull.


2014-2015 : Les années galères

Romain Grosjean espère alors enfin s'imposer en F1 en 2014 mais la nouvelle règlementation, avec le passage du V8 atmosphérique au moteur V6 turbocompressés hybride ne fait pas les affaires de Lotus, incapable de s'adapter à ce changement. Le pilote français ne rentre que deux fois dans les points en 19 courses et la saison suivante est pire.

Car Lotus est en proie à de nombreuses difficultés financières et ne peut assurer le développement de sa monoplace. Malgré une voiture inconduisible, qu'il souhaite lui même "finir au marteau", Grosjean entre régulièrement dans les points et réalise même un exploit au Grand Prix de Belgique, en montant sur la troisième marche du podium.

Lotus F1 Romain Grosjean Belgique 2015

2016 : Une nouvelle aventure

Lassé par les déboires de Lotus, qui est finalement racheté par Renault, Romain Grosjean préfère relever un nouveau défi : il s'engage avec l'écurie américaine Haas qui fait son apparition en F1. Le Français s'est justifié en expliquant qu'il s'attendait à un retour difficile de Renault sur les circuits : "Quand Renault a été pressenti pour reprendre Lotus, j'ai senti que 2016 allait être une année très difficile pour eux, même si la firme amenait de l'argent frais. Et je ne me suis pas trompé. D'un autre côté, j'avais la possibilité de rejoindre Haas et je me suis dit que si je parvenais à connaître le succès avec cette équipe, les retombées seraient énormes aux États-Unis. Je savais qu’il s'agissait d’une fabuleuse opportunité pour ma carrière."

Un choix payant pour le Français puisque dès ses deux premières courses avec Haas, il termine 6e puis 5e.

Preuve du sérieux du pilote français, Jaguar l'a embauché comme ambassadeur, ici sur la F-Type SVR


Ses ambitions pour la suite de sa carrière

Haas bénéficiant d'un moteur Ferrari, Romain Grosjean espère rejoindre cette écurie qui le fait rêver. Il espérait même remplacer Kimi Räikkönen en 2017 mais la Scuderia a préféré conserver le pilote finlandais. Un choix que pilote français a accepté avec philosophie : "Oui, je suis déçu parce que je veux aller chez Ferrari un jour. Mais la décision de Ferrari a du sens parce qu'ils veulent de la continuité avec le changement de règlement".

Mais Romain Grosjean est aussi reconnaissant envers Haas. Il souhaite même remporter la première course de sa carrière avec l'écurie américaine : "Je suis le premier pilote à avoir marqué des points pour l'équipe, et je peux être le premier à signer un podium pour elle, et possiblement gagner une course."

Alors en attendant ce jour de gloire, Romain Grosjean peut déjà être fier de son parcours, comme il le reconnaît lui-même : "Je suis un homme heureux et satisfait d'une carrière qui a de la gueule avec dix podiums en 100 courses. Dix pour cent, c'est pas mal, non ?".