F1 : Bernie Ecclestone tacle Schumacher et les pilotes modernes

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Bernie Ecclestone F1 2011
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2015-05-25T14:13:16.728Z, mis à jour 2015-05-26T09:02:56.486Z

Dans une interview accordée à Canal+ au weekend du GP de Monaco 2015, le patron de la F1 Bernie Ecclestone a confié à Jean Alesi qu’il n’était pas satisfait des pilotes modernes – excepté Hamilton –, une tendance amorcée selon lui par Michael Schumacher.

Interrogé par l’ex-pilote Jean Alesi dans l’émission Formula One sur Canal+ du 24 mai 2015, Bernie Ecclestone s’est encore fait remarquer pour ses déclarations, commençant donner son avis sur les pilotes modernes puis sur la discipline reine des sports mécaniques.


« On a commencé à reculer avec Schumacher »

"Le monde a changé, j’ai changé" amorce Ecclestone, 84 ans et toujours patron du Groupe Formula One, "les pilotes ne sont pas - je dois être prudent dans mes déclarations - les personnages que nous avions avant. Le seul, et je suis très très content de lui, est Lewis Hamilton, c’est un personnage. Je pense que l’on a commencé à reculer avec Michael [Schumacher], parce qu’il ne voulait pas donner d’interview, il enregistrait quelque chose. Je ne lui reproche rien par ce que personne ne se soucie de poser les bonnes questions, c’est toujours les mêmes banalités, c’est fatiguant, il savait ce que les gens voulaient, alors il enregistrait ses réponses et donnait un disque."

"C’est difficile pour les pilotes de s’exprimer" ajoute Ecclestone à Jean Alesi "comme toi tu le faisais avant, quoi que tu penses, tu ne te souciais pas de qui tu fâchais. Ce qui est bien, par ce qu’au moins on savait ce que tu pensais".

"Avec Ayrton [Senna] ou d’autres, de temps en temps on disait des choses, et c’était pas toujours très bien ce qu’on disait", explique Alain Prost, avouant que dans la F1 moderne, "on est un peu formatés, c’est ce que les gens n’aiment pas trop". 


« J’aimerais changer beaucoup de choses »

"Au début, ce n’était pas une démocratie, je parlais avec Mr Ferrari ou Colin Chapman, des gens comme ça, nous nous accordions sur quelque chose et nous le faisions" déclare Ecclestone sur la vision générale de la F1, "maintenant c’est très démocratique avec Mr Todt, il veut que tout le monde soit content. Avec des compétiteurs, il est impossible que tout le monde soit content. Vous pouvez comprendre que Mercedes ne veuille rien changer. Si je possédais cette écurie, je ne voudrais rien changer. Donc c’est difficile, nous devons dire « Voici les règles, si vous voulez participer, bien, si vous ne voulez pas, on vous perd ». Peu importe qui : au revoir ! "

"J’aimerais changer beaucoup de choses"
tient à ajouter Ecclestone, "notre but dans ce business, ce n’est pas que des ingénieurs tirent un avantage technique de la F1. Nous sommes une entreprise de divertissement, nous devons divertir les gens."

Tout va bien pour Todt, Prost veut changer

Pendant ce temps, le président de la FIA, Jean Todt, considère au micro de Canal + que "globalement la Formule 1 va très bien" et "reste la discipline majeure des épreuves mécaniques dans le monde".

"Il y a eu une évolution, on ne peut pas le nier, que passer à une télévision non à péage à une télévision à péage touche moins de monde, c’est un certain nombre de problèmes de ce type qu’il faut adresser" souligne le Français, "il faut avoir une vision de la situation actuelle, avec de nouvelles motorisations".  Mais il n’est pas favorable à une transformation : "en Tennis, à Rolland Garros, sur les 10 derniers tournois, 9 ont été remportés par Rafael Nadal, est-ce que ça veut dire qu’il faut changer les règles ? Non, il faut simplement essayer d’être meilleur que lui. C’est pareil en Formule 1. Si Mercedes domine aujourd’hui, il faut essayer d’être meilleur que ce qu’a essayé Red Bull l’an dernier et Ferrari cette année. Il faut bien poser le problème."

"Ce sont des choses secrètes, formatées, des règlements où on a l’impression que tout est réglé ou régit d’avance, où ce sont les ingénieurs qui donnent les informations et indications aux pilotes plutôt que le contraire, tout ça fait partie d’un système"
avoue un Alain Prost plus en accord avec Bernie Ecclestone, "même si ce n’est pas toujours objectif, c’est le message qu’on donne, et il faut changer cela d’une manière ou d’une autre."

Et si comme Prost, Todt et Ecclestone, vous désirez vous exprimez, l'association des pilotes demande votre avis sur le futur de la F1.