F1 : il fallait un Champion, et Hamilton en est un beau

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Lewis Hamilton (Mercedes) célèbre son double titre de champion de F1 en hissant le drapeau britannique à l'arrivée du Grand Prix d'Abu Dhabi le 23 novembre 2014
Par Maxime CLAUDEL|Ecrit pour TF1|2014-11-23T16:22:00.000Z, mis à jour 2014-11-24T11:26:23.000Z

Lewis Hamilton a inscrit son nom au palmarès des double Champion du Monde de Formule 1. Au terme d'une saison disputée et psychologiquement difficile, l'Anglais a battu un Nico Rosberg étonnant.

Personne ne viendra contester le deuxième titre de Champion du Monde à Lewis Hamilton, là où son premier, obtenu en 2008, fut déjà beaucoup plus chanceux et cruel pour le vice-champion de l'époque. Avec onze victoires en dix-neuf rendez-vous, le pilote anglais a globalement dominé la saison. Et, surtout, il s'est imposé face à un coéquipier plus tenace que prévu.

Quatre victoires pour débuter, et des pépins
La campagne 2014 ne débute pas sous les meilleures auspices pour Lewis Hamilton : un abandon au bout de quelques tours et le carton plein pour Nico Rosberg. Les quatre courses suivantes furent néanmoins un récital pour l'Anglais, l'Allemand servant de lieutenant parfait pour assurer les doublés. Et puis il y a Monaco, où son coéquipier met fin à l'incendie, non sans une polémique durant les qualifications. Un nouveau problème mécanique au Canada et une deuxième place en Autriche plus tard, et revoilà Rosberg, qui reprend nettement l'ascendant psychologique. Déterminé comme jamais, quasi prêt à tout, l'Allemand profite de l'absence de consigne chez Mercedes pour mettre la pression sur l'Anglais, à laquelle il a parfois du mal à résister. Pour ne rien arranger, le Champion du Monde 2008 a des soucis le samedi. Après dix GP, Rosberg a 14 points d'avance sur Hamilton, malgré une victoire de moins.

L'épisode Spa
Il y a eu un avant et un après Spa, course durant laquelle Rosberg percute Hamilton en l'attaquant fort dès le début. Pour Mercedes, c'est inadmissible et cela profite à Ricciardo, qui signe sa deuxième victoire d'affilée. Toto Wolff, obligé de sévir, rappelle que l'intérêt de l'équipe passe avant le Championnat pilote. Hué par le public sur le podium après avoir ruiné la course de l'Anglais, Rosberg accuse le coup. Cela s'est vu à Monza où, auteur de la pole, il craque deux fois au même endroit pour se faire battre. La suite, c'est souvent des samedis impériaux pour l'Allemand, et des dimanches de domination pour l'Anglais, auteur de cinq succès d'affilée. Rosberg croyait se remettre sur le droit chemin en régnant au Brésil et signant la pole à Abu Dhabi. Il sera finalement trahi par sa voiture à Yas Marina, un destin cruel sachant que les 50 points ne lui auraient pas suffi si Hamilton avait été son dauphin.

Hamilton, le doublé et les larmes
Lewis Hamilton est l'un des pilotes les plus talentueux et rapides du plateau, mais il est aussi le plus émotif de tous. Après sa victoire à Abu Dhabi, il est resté quelques secondes à sécher ses larmes avant la cérémonie de remise des trophées. Emu sur le podium devant sa compagne, la chanteuse Nicole Scherzinger, sa famille, son public, il avait les yeux encore rouges. Nico Rosberg est venu le prendre dans ses bras, lui qui sera le grand perdant de cette saison, un perdant qui ressortira la tête haute néanmoins. Et pas seulement parce qu'il a tenu la dragée haute à un pilote déjà titré, mais surtout parce qu'il a voulu terminer la course alors que sa monoplace l'avait abandonné et que son écurie lui conseillait de rentrer. L'image était tout autant belle que le sourire de Lewis Hamilton, qui vient de graver son nom dans l'Histoire, celui d'être un double Champion du Monde, avec panache et brio, sans que les doubles points n'aient compté. Honneur au vainqueur. Honneur au vaincu.