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F1 – GP de Hongrie 2016 : La commission de course a-t-elle été juste ?

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Nico Rosberg (Mercedes) devant les médias
Par Julien PEREIRA|Ecrit pour TF1|2016-07-24T09:08:34.603Z, mis à jour 2016-07-24T09:08:41.464Z

En validant la pole position de Nico Rosberg (Mercedes) et en faisant l’impasse sur la règle des 107% pour certains pilotes, la commission de course a, pour une fois, fait abstraction du règlement. A juste titre ?

Pendant et après les qualifications du Grand Prix de Hongrie, la commission de course a agi différemment pour rendre des sentences atypiques.


Décidément, sur le Hungaroring, la course à la pole position n’avait rien d’habituel. Les Q1, Q2 et Q3 ont été rocambolesques. Les décisions de la FIA, elles, ont été aussi tardives que surprenantes. D’abord parce que l’organisation n’a pas attribué la moindre sanction à Nico Rosberg, qui a poursuivi son tour de qualification malgré un double drapeau jaune. Ensuite parce qu’elle a fait l’impasse sur la règle des 107%.

Merci pour la pluie

Viennent alors les questions de justice, et de justesse. Une fois n’est pas coutume, les instances décisionnaires ont privilégié le bon sens aux règles. Un choix préférable. Notamment pour le spectacle. Sans ces résolutions, elles auraient probablement repoussé encore plus loin le début de la séance de qualification, déjà retardée d’une vingtaine de minutes à cause de violentes averses.


C’était peut-être une façon de rectifier le tir, après un départ du dernier Grand Prix, à Silverstone, donné sous l’interminable régime de la voiture de sécurité. Un premier bon point, tant la Q1 disputée sur le tracé magyar a été attractive.

De la compensation pour Rosberg ?

Les décideurs ont aussi eu bonne mémoire au moment d’analyser la performance de Rosberg. Le pilote Mercedes, lourdement –ou non, c’est selon- pénalisé en Grande-Bretagne, a, cette fois, échappé à un châtiment qui semblait pourtant inévitable. Après le tête-à-queue de Fernando Alonso (McLaren), un double drapeau jaune a été signifié. Qu’ordonne-t-il ? De "réduire considérablement la vitesse", de "ne plus doubler" et d’être "prêt à changer de direction ou à s’arrêter".


Si l’on s’en tient au texte (comme la commission l’a trop souvent fait), le chrono de l’Allemand aurait dû être annulé. Même si l’actuel leader du Mondial estime avoir considérablement levé le pied… il a tout de même établi le record du secteur à cet instant-là, et a doublé un nombre incalculable de monoplaces.

Pour justifier son verdict (à 22 heures !), favorable à Rosberg, la commission a rappelé qu’Alonso avait repris la piste avant que l’auteur de la pole traverse ce secteur. Véridique. Et, soyons honnêtes, préférable pour la course comme pour le suspens au Championnat. Mais justement… Aurait-elle eu la même clémence pour un pilote ne jouant pas le titre mondial ? La question demeurera sans réponse.

Règlement écorné

Elle a tout de même fait preuve d’indulgence pour (beaucoup) d’autres pilotes. Notamment les titulaires de l’écurie Red Bull, Force India, Williams, Renault, Sauber et Manor. En Q1, ces pilotes ont tous enfreint la règle des 107%, qui les oblige à effectuer un chrono inférieur à 107% du meilleur temps de la première session.


Pourtant, aucun d’entre eux n’a été disqualifié. Grâce aux "conditions exceptionnelles" qui ont animé la Q1. Là aussi, la commission a fait preuve de discernement. Mais elle a, par la même occasion, encore fait éclater la futilité de certains points de règlement. Si cette loi ne doit pas s’appliquer lors de "circonstances exceptionnelles" -autrement dit, lorsque la piste est détrempée-, elle ne sera, tout simplement, jamais appliquée.