F1 : Hamilton en patron, Rosberg héroïque, fin d'une ère pour Alonso et Vettel, les adieux pour Button ?

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Le nouveau double champion du monde de F1 Lewis Hamilton (Mercedes) ému lors de l'hymne britannique joué lors du podium du Grand Prix d'Abu Dhabi le 23 novembre 2014
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-11-24T11:56:00.000Z, mis à jour 2014-11-24T13:17:45.000Z

Alors que la saison 2014 de Formule 1 vient de se terminer en apothéose par le sacre mérité de Lewis Hamilton au volant de sa Mercedes ce dimanche 23 novembre lors du Grand Prix d'Abu Dhabi, Automoto.fr vous livre son analyse sur les cinq évènements marquants de la dernière course de l'année.

Hamilton, le panache du champion
Son langage corporel avant de monter sur le podium d'Abu Dhabi en disait long sur son émotion du moment. Toujours casqué dans la salle réservée aux trois premiers de chaque Grand Prix, Lewis Hamilton est resté longtemps assis, le regard dans le vide, comme s'il peinait à réaliser qu'il avait brillamment remporté son deuxième titre de champion du monde en Formule 1. Ses larmes versées quelques secondes plus tard devant une foule acquise à sa cause en témoignent : le Britannique est passé par tous les sentiments cette année et a dû faire face à un équipier redoutable en la personne de Nico Rosberg, sans oublier les nombreux problèmes de fiabilité qui ont frappé sa Mercedes.

Mais ce dimanche 23 novembre 2014, le destin a choisi son camp. Fort d'un départ exceptionnel, "le meilleur de sa carrière", Hamilton a immédiatement pris le dessus sur son rival allemand pour mieux éclabousser cette ultime épreuve de son immense talent. A l'image de ses 10 autres succès de la saison en 19 courses, le natif de Stevenage est allé chercher sa 11e victoire avec panache, malgré la crainte d'une défaillance technique sur sa voiture. Mais cette fois-ci, la bonne étoile brillait au-dessus de la Mercedes n°44 et a cessé d'éclairer la monoplace de Rosberg qui a broyé du noir pendant une trentaine de tours

Désormais double champion du monde, Hamilton rejoint au palmarès des grands noms de l'élite du sport automobile tels que Alberto Ascari, Jim Clark, Emerson Fittipaldi ou encore plus récemment Fernando Alonso.

>> Lewis Hamilton, le sacre du double champion de F1 en photos

Rosberg, perdant héroïque
Avant l'ultime week-end de la saison, Toto Wolff, le patron de Mercedes, avait prévu ce cas de figure : il y aura un vainqueur à célébrer mais aussi un perdant malheureux à réconforter. Et c'est finalement Nico Rosberg qui a obtenu ce second rôle... à ceci près que l'Allemand en est sorti doublement grandi. Sur la piste, d'abord, où il a signé sa 10e pole position de l'année. Deux tours parfaits. Une première place propre, nette et sans bavure, à l'inverse de son coéquipier britannique. Un problème d'ERS viendra (malheureusement) couper tout suspense et ruiner sa course.

Mais au-delà de sa triste 14e position, Rosberg a aussi prouvé toute sa classe dans la défaite. Longtemps décrié par le grand public après son accrochage à Spa avec Hamilton, le pilote de la Mercedes n°6 a renversé la vapeur par une attitude héroïque en refusant d'abandonner alors que son équipe lui proposait cette option, histoire d'abréger un calvaire qui n'a que trop duré et, surtout, de le protéger de l'omniprésence des médias autour de lui. Mieux, l'Allemand est allé saluer son double champion du monde de coéquipier juste avant qu'il ne monte sur le podium. Un geste fort, symbolique, et qui, on l'espère, va réchauffer ses relations avec Hamilton afin de nous promettre de beaux coups de roues fair-play l'année prochaine.

.@nico_rosberg: "All in all Lewis deserved to win the Championship" Absolute #Respect #F1 #AbuDhabiGP #DesertDuel pic.twitter.com/S4hPyawJHP

— MERCEDES AMG F1 (@MercedesAMGF1) 23 Novembre 2014

Williams a retrouvé des couleurs
Cette sans aucun doute LA grande surprise de la saison. Au bord du gouffre en 2013, Williams, ornée de sa nouvelle livrée Martini Racing, termine l'année 2014 à la troisième place des constructeurs devant Ferrari et McLaren qui n'ont désormais plus rien de leur superbe d'antan. Avec les 2e et 3e places décrochées à Abu Dhabi, l'équipe dirigée d'une main de maître par Claire Williams, fille du grand Sir Frank, a confirmé qu'elle allait dans la bonne direction avec une monoplace capable de jouer les premiers rôles sur n'importe quel type de tracé. Preuve en est : Felipe Massa a joué la victoire à Yas Marina grâce à une stratégie décalée mais n'a rien pu faire pour prendre le dessus sur Lewis Hamilton, impérial.

Par ailleurs, le team britannique sait qu'elle peut désormais compter sur une valeur montante qui répond au nom de Valtteri Bottas. Le Finlandais a dominé son expérimenté coéquipier brésilien tout au long de la saison et a fait preuve d'un sang-froid hors du commun pour sa deuxième saison dans l'élite au moment de décrocher ses six podiums de l'année. Seul regret pour l'écurie basée à Grove : ne pas avoir converti la première ligne autrichienne en victoire. Mais ce jour-là, il a certainement manqué un Alonso ou un Hamilton dans la voiture blanche pour pouvoir accrocher la première marche du podium.

Alonso et Vettel : la fin d'une ère
Ce dimanche 23 novembre 2014, la Formule 1 a refermé à Abu Dhabi un énième et long chapitre de son histoire, où deux de ses plus grands champions ont vécu leur dernier Grand Prix avec leurs écuries respectives. Désormais, il ne sera plus possible d'apercevoir Fernando Alonso tout de rouge vêtu et Sebastian Vettel dans une combinaison frappé du célèbre taureau ailé. L'Allemand quitte le nid Red Bull pour s'envoler vers Ferrari et remplacer l'Espagnol, en partance chez McLaren.

Pour leur dernier baroud d'honneur, les deux meilleurs pilotes de ces cinq dernières années n'ont malheureusement pas brillé. Exclu des qualifications pour un aileron avant jugé trop flexible sur sa Red Bull, Vettel est parti dernier et a taillé la route sans pouvoir faire mieux que 8e, une nouvelle fois dans l'ombre de Daniel Ricciardo, lui aussi relégué en fond de grille pour un aileron avant non-conforme, mais qui est parvenu à remonter jusqu'au 4e rang.

Frappé par des ennuis mécaniques à répétition, Alonso n'a également pas pu s'offrir une performance à la hauteur de son talent pour son ultime course avec Ferrari. Son cheval rouge s'est péniblement traîné pendant 55 tours, amenant l'As des Asturies à la 9e place finale. Une position loin de refléter le talent du "seul génie du plateau" (dixit Jackie Stewart, triple champion du monde de F1 dans les années 60-70) qui a sauvé à plusieurs reprises les Rouges de Maranello pendant cinq ans. Triste fin pour un grand champion, pas remercié comme il se doit par une petite Scuderia.

Grazie... pic.twitter.com/DAS6mSJtu2

— Fernando Alonso (@alo_oficial) 23 Novembre 2014

Clap de fin pour Button ?
A l'image d'Alonso chez Ferrari, Jenson Button n'a sans doute pas mérité "l'au revoir" qu'il méritait. Peut-être parce qu'il n'est pas encore temps pour le Britannique de faire ses adieux à la Formule 1. Mais à en juger par ses déclarations tout au long du week-end, ainsi que ses burn out pour remercier le public après sa nouvelle et brillante 5e place, le champion du monde 2009 est plus que jamais en partance de chez McLaren et proche d'une reconversion en Endurance, comme en témoigne l'omniprésence de Mark Webber (engagé depuis cette année chez Porsche en WEC) à ses côtés lors des dernières heures.

Si jamais le gentleman driver du paddock devait quitter l'élite de l'automobile, il ne fait aucun doute que cette dernière perdrait gros en termes d'image et de prestige. Même chose pour McLaren, qui aurait tout intérêt à reconduire son pilote britannique aux côtés de Fernando Alonso. L'arrivée du moteur Honda en 2015 combiné à deux champions du monde dont l'expérience et le talent sont unanimement reconnus serait l'alchimie parfaite pour relancer une équipe en perdition depuis deux ans. D'autant plus que le Danois Kévin Magnussen, au potentiel indiscutable, semble encore un peu tendre pour occuper un rôle permanent aux avant-postes après une seule saison dans la catégorie reine.

Past year. I'm not done yet!! There's still so much I want to achieve in this sport 👍 #JB22 #Bringtheaction

— Jenson Button (@JensonButton) 24 Novembre 2014