F1 : Jules Bianchi, de nouvelles données sur son accident mortel

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Jules Bianchi Marussia Ferrari GP Japon F1 Essais 2014
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2015-07-23T16:28:06.306Z, mis à jour 2015-07-23T16:51:05.043Z

Suite au décès de Jules Bianchi ce 17 juillet 2015, le site allemand Auto Motor und Sport révèle les données de l’accident recueillies par la FIA. Le pilote aurait frappé la grue à 126 km/h, et encaissé un choc de 254 g.

La mort de Jules Bianchi ce 17 juillet 2015 a endeuillé le monde du sport automobile. La FIA, Fédération Internationale de L’Automobile, veut comprendre et pouvoir améliorer la sécurité après le tragique accident du 5 octobre 2014 au Grand Prix du Japon, ayant plongé le pilote français ans le coma après un grave traumatisme crânien. Le site Auto Motor und Sport révèle l'analyse de la FIA en chiffres.


"C’est comme si vous jetiez la voiture d’une hauteur de 48 mètres"

Circuit de Suzuka, nous sommes au 54è tour de course, sous une pluie se renforçant, et où les pilotes commencent à se faire piéger à l’instar Adrian Sutil dans le virage 7 (à la sortie des fameux S) et percute le mur de pneus. Quelques secondes plus tard, au même endroit, le Niçois part à la faute. Selon les données recueillies, Jules Bianchi aurait perdu le contrôle de sa Marussia à 213 km/h, et a percuté à 126 km/h la grue de levage, qui pesait 6,8 tonnes, évacuant la Force India, manquant au passage de faucher un commissaire de piste.

Selon une première information après l’accident, la force générée par l’impact était de 92 g, or le nouveau rapport de la FIA atteste que la tête de Bianchi a subi une force de 254 g, contre 60 g pour un choc à même vitesse contre un mur de pneus. "C’est comme si vous jetiez la voiture d’une hauteur de 48 mètres, sans zone de déformation" explique le chercheur Andy Mellor, "le problème est que la Marussia a plongé partiellement sous la partie saillante de la grue et était pressée du haut vers le sol. Cela agissait comme un frein avec un retard soudain. Et exactement dans ce choc, le contact avait lieu entre le casque et la grue. Nous n'avions encore jamais vu de telles circonstances."

« Ce scénario ne pouvait être imaginable auparavant par quiconque », commente le directeur de la commission de sécurité, Peter Wright, « ainsi, il était important d’étudier cet accident dans les moindres détails. Nous n’avons jamais investi autant de temps et d’efforts dans une analyse. »

Le toit n'aurait rien changé, la voiture de sécurité virtuelle idéale ?

A la question de possibles Formule 1 avec un toit, Peter Wright répond fermement : "La voiture aurait été arrêtée par le toit. La tête n’aurait pas rencontré la grue, mais le toit. Avec le même résultat."

"Dans le cas Bianchi, il y a deux aspects : la sécurité primaire et secondaire"
poursuit Wright "dans ce cas, de la sécurité primaire, la voiture de Sutil devait être écartée hors de la piste. C'est avant tout la tâche des commissaires de piste de garantir cela et de l'éloigner, et ensuite alors de la direction de course de réagir. Les commissaires de piste sont protégés par les doubles drapeaux jaunes agités ou une voiture de sécurité."

Comme les doubles drapeaux jaunes n’ont pas ralenti suffisamment les pilotes, ni assez protégé les commissaires et que la voiture de sécurité n’était pas légitimement déployée, la FIA a instauré une voiture de sécurité virtuelle (VSC. Cette procédure ralentit les voitures en conservant les écarts, le temps qu’une manœuvre dangereuse soit réalisée. "Avec cela, le risque d’un accident entraînant des blessures à n’importe quel acteur de la course tend vers zéro", explique Mellor, "nous devons empêcher qu’un tel scénario se répète".

Jules Bianchi pilote d'essai Ferrari en 2012

Jules Bianchi pilote d'essai Ferrari en 2011