F1 – Red Bull a claqué la porte à Gasly... et bouché son avenir ?

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Pierre Gasly Formule Renault 3.5 2014
Par Julien PEREIRA|Ecrit pour TF1|2016-10-26T13:56:05.051Z, mis à jour 2016-10-26T14:06:25.453Z

Longtemps pressenti pour remplacer Daniil Kvyat chez Toro Rosso, Pierre Gasly a essuyé une grosse désillusion, puisque l’écurie a décidé de confirmer le Russe. Le jeune pilote tricolore est désormais dans une impasse.

Pierre Gasly ne disputera pas le Mondial de F1 avec Toro Rosso l’année prochaine. En bataille avec Antonio Giovinnazzi pour le titre GP2, l’antichambre de la plus prestigieuse des compétitions automobiles, le pilote français a appris (et mal pris ?) la confirmation de Daniil Kvyat au sein de l’écurie de Faenza. Annoncé radieux, l’avenir du jeune Rouennais s’est partiellement obscurci.


La cruauté du monde du travail peut aussi frapper le Championnat du monde de Formule 1. Et Gasly l’a appris à ses dépens. Remarquable toute la saison en GP2, le pilote de 20 ans a longtemps espéré récupérer le baquet du Russe, en net déclin depuis qu’il a été rétrogradé de Red Bull à Toro Rosso. Mais la direction de la firme autrichienne, coutumière des décisions inattendues, a choisi la continuité.

Batailler pour le titre GP2 n’est pas suffisant

"Cette fois, on a changé nos habitudes en annonçant nos titulaires assez tôt. Il y a énormément de modifications en F1, en général comme au sein de notre équipe. Avec le changement de moteur, nous avons décidé de maintenir notre duo pour conserver à la fois de la constance, mais aussi des repères", a confié Franz Tost, directeur de l’écurie, en marge du Grand Prix des Etats-Unis.

Compte-tenu des résultats de Kvyat (seulement 4 points avec Toro Rosso), et du rendement de Gasly (avec 7 points de retard sur le leader du GP2, il bataillera pour le titre lors de la dernière manche à Abou Dhabi), la décision a surpris les observateurs, comme le principal intéressé.


"Les choses se présentaient bien, et soudain, tout a été très vite et ils ont fait signer Daniil Kvyat. Je n’ai pas vraiment compris pourquoi, mais c’est comme ça. Avec Red Bull, tout va toujours très vite. On l’a vu avec les décisions qu’ils ont prises ces deux dernières saisons. Ils ne m’ont pas vraiment donné d’explication, ils m’ont juste dit qu’ils avaient des raisons de le garder dans l’équipe. Je n’en sais pas beaucoup plus", a confié le Français à nos confrères de Motorsport.com.

Et maintenant ?

Pressenti comme une valeur montante du sport automobile, Gasly doit maintenant faire face à une sacrée barrière. "Peut-être que les choses pourraient changer d’ici deux mois. On ne sait jamais avec eux. C’est un peu le piège de ces filières, et surtout de la filière Red Bull, car là il est un peu coincé. Il ne peut pas faire ce qu’il veut puisqu’il est sous contrat avec eux" a expliqué Alain Prost au micro de Canal +.


Même s’il reste un infime espoir qu’il débarque chez Renault, toujours à la recherche d’un deuxième pilote après avoir enrôlé Nico Hülkenberg, le réserviste va probablement devoir ronger son frein. S’il remporte le titre en GP2 (il lui sera interdit d’enchaîner une nouvelle saison dans ce championnat s’il décroche la couronne) il sera, certainement, cantonné à un rôle de développeur pour le Taureau Rouge.

Helmut Marko, responsable de la filière Red Bull, lui cherche une porte de sortie. Le Super Formula, championnat du Japon, est une option. Celle choisie par Stoffel Vandoorne cette saison. A raison : le Belge accompagnera Fernando Alonso chez McLaren l’année prochaine. Suffisant pour rassurer Gasly ?