F1 : retour sur 4 Grand Prix du Brésil qui ont marqué l'histoire

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Ayrton Senna lors de sa victoire au GP du Brésil 1991.
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-11-07T11:56:00.000Z, mis à jour 2014-11-08T14:07:01.000Z

Ce dimanche 9 novembre, le tracé d'Interlagos au Brésil sera le théâtre de l'avant-dernier Grand Prix de la saison 2014 de Formule 1. Un lieu extraordinaire où des courses de légende ont marqué l'histoire de la catégorie reine du sport automobile, que ce soit par des exploits ou de terribles accidents. Retour sur quatre courses qui sont encore présentes dans nos esprits aujourd'hui.

1991 : Le chef d'œuvre de Senna

C'est sans aucun doute l'une des plus belles victoires de sa carrière, voire même LA plus belle. La plus mythique et la plus éprouvante, aussi. Ce dimanche 24 mars, Ayrton Senna est littéralement devenu le dieu vivant de la Formule 1 en surpassant les limites de sa machine afin de décrocher son premier succès sur ses terres brésiliennes.

Parti en pole position, "Magic" Senna garde son avantage sur son rival britannique Nigel Mansell et les deux hommes oublient leurs rivaux pour se livrer un nouveau duel dans leur longue histoire commune. Mais à chaque passage, le Britannique se montre plus véloce que le Brésilien et se rapproche de la McLaren n°1 avant de partir à la faute à douze tours de l'arrivée.

A ce moment-là, Senna semble avoir vaincu la malédiction qui le frappait à chaque Grand Prix du Brésil. Mais le quatrième rapport de sa boîte de vitesses ne fonctionne plus depuis plusieurs boucles déjà. Les choses s'empirent au fil des tours avec l'arrivée de la pluie et le Brésilien ne peut qu'utiliser le 6e rapport.

Sur le point d'abandonner à cause d'une douleur physique intense et psychologiquement atteint, Senna montre alors qu'il est divin en repoussant une nouvelle fois ses limites et en arrachant une victoire provoquant une liesse populaire sans commune mesure. L'émotion et la fatigue sont à leur paroxysme et le Brésilien hurle dans son casque avant de perdre connaissance pendant quelques instants. Souffrant le martyr, il n'a même plus la force de déplier le drapeau brésilien qu'il a dans son cockpit mais puise dans ses dernières réserves pour monter sur le podium et communier avec son peuple. La légende était déjà en marche, le mythe a commencé ce dimanche 24 mars 1991.

>> Le dernier tour d'Ayrton Senna lors du GP du Brésil 1991

>> Le podium du GP du Brésil 1991

2003 : Un rappel à l'ordre pour la sécurité

C'est le genre de Grand Prix dont on n'aime pas se rappeler mais qui doit renforcer les bases de la Formule 1 en matière de sécurité. Ce dimanche 6 avril 2003, une forte pluie tropicale s'invite - une fois encore - sur le tracé d'Interlagos, provoquant le départ de la course sous le régime de la voiture de sécurité.

La meute lâchée au 9e tour, la piste détrempée demeure tout de même piégeuse et plusieurs pilotes se font surprendre, dont Michael Schumacher, qui frôle le drame en s'arrêtant miraculeusement à côté de la dépanneuse venue dégager une autre monoplace. La course est alors neutralisée à trois reprises mais le pire est encore à venir.

Au 53e tour, Mark Webber se fait piéger par la pluie toujours aussi forte et tape violemment le rail de sécurité. La Jaguar de l'Australien est littéralement détruite et les débris sont omniprésents sur la piste. La voiture de sécurité est alors une nouvelle fois lancée... mais trop tard puisque Fernando Alonso percute de plein fouet un pneu détaché de la monoplace britannique. La course est stoppée par le drapeau rouge et l'Espagnol est immédiatement pris en charge par l'équipe médicale pour des blessures à la jambe.

Troisième au moment de l'arrêt de l'épreuve, celui que l'on surnomme affectueusement le Taureau des Asturies ne figure pas sur le podium aux côtés de Kimi Räikkönen et Giancarlo Fisichella. Déclaré vainqueur dans la confusion, le Finlandais verra sa position inversée avec celle de l'Italien par la FIA cinq jours plus tard, le dernier cité ayant dépassé son rival avant l'ultime neutralisation. Mais l'essentiel est ailleurs...

Cette course difficile montre à quel point la sécurité doit être renforcée en Formule 1. Des efforts seront faits jusqu'à aujourd'hui mais le risque zéro n'existe pas comme le rappelle le terrible accident de Jules Bianchi survenu lors du GP du Japon le 5 octobre 2014.

>> L'abandon de Michael Schumacher lors du GP du Brésil 2003

>> Le terrible crash de Fernando Alonso lors du GP du Brésil 2003

Kimi Räikkönen au milieu des débris causés par le terrible crash de Fernando Alonso lors du GP du Brésil en 2003.

2008 : Hamilton bouscule son destin

Felipe Massa aura bien été champion du monde de Formule 1... pour une petite vingtaine de secondes seulement. Ce dimanche 2 novembre, la pluie est encore au rendez-vous et bouleverse les cartes avant la course. En pole position devant son public, Massa fait ce qu'il faut pour aller chercher la victoire quand Hamilton rame au volant d'une McLaren capricieuse, victime notamment d'un problème éphémère de boîte de vitesses.

La pluie de retour dans les derniers tours de l'épreuve, le Britannique s'arrête alors au stand comme une grande majorité de pilotes et repart à la 5e place, synonyme de titre mondial. Mais il ne peut rien faire pour contenir Sebastien Vettel, déjà très véloce au volant de sa Toro Rosso.

En tête, Massa est impérial, porté par un public qui n'a eu de cesse de le soutenir. Le Brésilien franchit la ligne d'arrivée en vainqueur mais doit attendre le passage d'Hamilton afin de laisser exploser sa joie. Malheureusement pour lui, le destin a tranché et c'est son rival britannique qui est finalement couronné en dépassant Timo Glock, toujours en pneus secs sur une piste humide, dans l'ultime virage du dernier tour. Ebouriffant.

>> L'arrivée du GP du Brésil 2008

Lewis Hamilton champion du monde 2008 à l'issue du GP du Brésil.

2012 : Vettel et Alonso en sont sortis grandis

On ne va pas se mentir : en termes de talent pur, Fernando Alonso est le meilleur pilote de sa génération et fait incontestablement partie des plus grands champions de l'histoire. Seul problème : son palmarès, qui reste injustement bloquer à deux titres mondiaux depuis 2006. Pourtant, en 2012, l'Espagnol a l'occasion de corriger cette anomalie. Mais sur sa route se trouve un autre génie en la personne de Sebastian Vettel.

Alors que cette saison 2012 est serrée avec sept vainqueurs différents lors des sept premiers Grand Prix, Alonso et Vettel se détachent petit à petit de la meute. Comme une évidence. Les deux rivaux boxent dans une catégorie à part pendant le reste de l'année, bien aidés il est vrai par la malchance de l'autre homme fort du plateau, Lewis Hamilton.

A l'amorce du Grand Prix du Brésil, Alonso compte 13 points de retard sur Vettel. Après le départ, il pointe en tête du championnat du monde avec deux longueurs d'avance sur son rival germanique. Mal parti, l'Allemand se fait percuter par Bruno Senna à la fin du premier secteur avant d'entamer une remontée exceptionnelle pour aller décrocher son troisième titre en terminant 6e de l'épreuve. Il devient ainsi le plus jeune triple champion du monde de l'histoire à seulement 25 ans et 145 jours. Comme un symbole, il devance à l'arrivée un certain Michael Schumacher, qui dispute son dernier Grand Prix en F1.

S'en suit un podium émouvant pour Alonso, formidable 2e, et une accolade chaleureuse entre deux immenses champions lors des interviews d'après-course. Deux prodiges qui en sont sortis grandis.

>> Voir le départ fantastique de Fernando Alonso lors du GP du Brésil 2012

>> Voir l'accrochage entre Sebastian Vettel et Bruno Senna lors du GP du Brésil en 2012

Fernando Alonso, 2e du GP du Brésil 2012.