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F1 - GP du Mexique : Ricciardo, Vettel, Verstappen, ou le grand n’importe quoi de l’après-course

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Daniel Ricciardo Red Bull Podium GP Mexique F1 2016
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2016-10-31T07:45:52.656Z, mis à jour 2016-10-31T09:22:55.599Z

Le Grand Prix de Formule 1 du Mexique 2016 a offert ce dimanche et cette nuit un spectacle inédit après l’arrivée, éjectant Verstappen (Red Bull) du podium puis Vettel (Ferrari), qui sera lui aussi privé de la 3ème place, remplacé par Ricciardo (Red Bull)...

Jamais la suite d’une course de Formule 1 n’a été aussi chaotique. Ont existé des changements de classement après coup, conséquences de pénalités ou de revirement de décision. Mais au Grand Prix du Mexique de ce dimanche 30 octobre 2016, c’était du jamais vu.


Etape 1 : Verstappen sur le podium, Vettel insulte

70è tour, soit 2 boucles de la fin de la course, Max Verstappen est sous pression de Sebastian Vettel pour le compte de la précieuse 3ème place, celle de la petite marche du podium. Au terme de la grande ligne droite, le pilote néerlandais rate son freinage et doit couper le virage, mais le dégagement étant peu contraignant, la Red Bull prend un tout droit lui permettant de ne pas être inquiétée par Vettel qui était alors dans ses échappements.

L’équipe Red Bull sent le roussi, et suggère à Verstappen de rendre la position. Or il refuse et attaque, bloquant Vettel, qui au-delà de la frustration, vient critiquer durement son jeune rival : “Bordel de m****, c’est un c******, c’est ce qu’il est. Il doit me laisser passer, Est-ce que je suis seul, où vous ne voyez pas pas ce que je vois, il est juste en train de me bloquer face à Ricciardo. “

Effectivement, la situation reste ainsi, Verstappen termine troisième, suivi d’un Vettel frustré qui s’est accroché avec l’autre Red Bull revenue au contact, mais a bloqué durement l'attaque de Daniel Ricciardo. Une manœuvre qui aura des conséquences douloureuses.... mais bien plus tard. Retour sur Vettel. 

Vient un message de la FIA, qui annonce que la décision sera prise après l’arrivée. L’ingénieur lui relaie alors les propos du directeur de course Charlie Whiting, mais Vettel devient furieux “Sérieusement je crois que je vais taper quelqu’un, je vais le frapper. Il doit me rendre la position, fin de l’histoire”, puis il en vient au pire :Voici mon message pour Charlie : Va te faire f****, sérieusement va te faire f*****”. 

L’ingénieur réprime : “Calme toi Sebastian, calme toi. Ils sont sous enquête, ils savent que ce n’est pas juste. Calme toi, baisse la tête, et on en parle après.”



Etape 2 : Verstappen éjecté, Vettel réhabilité

Sebastian Vettel et Ferrari vont alors contester la manoeuvre de Verstappen auprès de la FIA, qui, contrairement au passé, prend sa décision très rapidement, quelques minutes au lieu d’une heure habituellement. Pendant ce temps, Max Verstappen joue le jeu du chat et de la souris, entrant dans la salle d’accueil du podium avec Lewis Hamilton et Nico Rosberg, respectivement premier et deuxième du Grand Prix.

La sanction tombe alors, 5 secondes de pénalité sont infligées au Néerlandais. Ce dernier est ainsi éjecté en direct du podium, grimaçant devant l’écran annonçant son rétrogradage en 5ème position, derrière Vettel et Ricciardo. Invité à quitter la salle, il salue les pilotes Mercedes, qui, yeux écarquillés, ne comprennent rien à la situation. S’en suit de longues minutes, le temps que Vettel rejoignent le podium, où est célébré le classement final. Ou presque...


Derrière le podium, Max Verstappen se défend : “Je pense que c’est une situation similaire à ce qui s’est passé dans le 1er tour, où Lewis Hamilton a pris un avantage, et Nico est aussi sorti au premier tour, on s’est touché, et il a aussi pris un avantage. Je n’ai pas pris d’avantage, j’étais encore devant au freinage, je suis revenu sur la piste et j’avais la même avance.”

Et quand on lui demande pourquoi il n’a pas rendu sa position et s’il avait intentionnellement permis à Ricciardo de revenir, il répond clairement : “On m’a dit que je devais rendre la position, mais cela n’a pas été confirmé. Non je n’ai pas tenté de le faire revenir, j’ai juste fait du mieux que j’ai pu”. Il rajoute : “Ils ne lui donnent pas une pénalité pour ça, ils ne m’en donnent pas à la fin de la course”. 

Max Verstappen, qui a pour rappel moins de deux saisons au compteur et 19 ans, vient signer des mots durs envers le quadruple champion du monde : “Je ne sais pas combien de fois il a utilisé ce mauvais langage en général, donc je pense qu’il doit retourner à l’école ou je ne sais quoi, pour retrouver son langage. J’irais lui parler, parce que je pense que c’est ridicule la manière dont il gère ceci, il a été frustré, tout le week-end, et il se plaint à la radio, je pense que c’est ici un mec frustré.”


Etape 3 : Ricciardo accuse et destitue Vettel du podium

Trois heures après l’arrivée du Grand Prix, soit à 1h du matin en France, la FIA prend une nouvelle décision, qui va encore chambouler le classement final de ce Grand Prix du Mexique.  

Après la course, d'autres propos de Daniel Ricciardo sont venus animer le débat. “Je devrais être 3ème” lance-t-il dans la zone d’interviews, “je crois que Seb a fait ce dont il se plaignait précédemment, bouger en zone de freinage. Et maintenant il sourit. Je ne pense pas qu’il mérite d’être là-haut de par cette manoeuvre… [...] c’est vraiment frustrant”.

Après revue de la tentative de dépassement de Daniel Ricciardo sur Sebastian Vettel dans le dernier tour et du contact entre les deux voitures, ont été infligés 10 secondes de pénalité à l’Allemand pour “conduite dangereuse”. De ce fait, Sebastian Vettel, qui était monté de justesse sur le podium, repasse en cinquième position derrière Daniel Ricciardo et, ironie du sort, Max Verstappen. 


Plus tard, l’Australien ira monter sur le podium de cette folle après-course mexicaine avec le trophée de la 3ème place ayant changé de mains, accompagné de son équipe Red Bull Racing, mais aussi de Verstappen qui fait l’affront de se montrer là où, selon lui, il aurait dû être. 

Comme la goutte d'eau qui a fait déborder le vase de Verstappen après de nombreuses action litigieuses (attaques périlleuses, zig-zag en défense, etc), les propos injurieux de Vettel ont eu aussi raison de son podium. Le plus sage des trois, Ricciardo, a été le seul à se tenir à carreau.