Formule 1 : Le GP de France aura t-il a nouveau lieu ?

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Formule 1
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2009-03-15T09:23:00.000Z, mis à jour 2009-03-15T09:23:00.000Z

Alors que tous les passionnés du sport automobile français attendent avec impatience de savoir si le GP de France de Formule 1 a encore un avenir, le dossier de la création d'un éventuel mais bien hypothétique circuit automobile sur le site de Flins-Les Mureaux monopolise l'attention depuis de très nombreuses semaines.

Il est vrai que l'homme qui a lancé l'idée de ce projet, le Président du Conseil Général des Yvelines, Pierre Bédier, se démène pour tenter de faire aboutir cet épineux dossier. Ce jeudi, le Conseil a désigné parmi les quatre dossiers finalistes de l'appel d'offres lancé à l'automne dernier, le très réputé cabinet de l'architecte Jean Michel Wilmotte.

Mais avant que ne débutent les futurs travaux, le Conseil Général va devoir surmonter bien des obstacles car les motifs contre l'édification de cet éventuel circuit automobile et les opposants, ne manquent pas.

A commencer par les terrains : en zone inondable ! En effet, les terrains choisis se trouvent sur une zone en partie inondable interdite à toute construction. Que se passerait-il en cas de crue de la Seine, si l'eau ne peut plus librement s'écouler et que le circuit se retrouve inondé ? Qui en paierait les dégâts ? Car inévitablement la piste de F1 aurait besoin de gros travaux de rénovation après une inondation. Rappelons que depuis plusieurs années, il est prévu une terrible crue en Région Parisienne.

Autre sujet polémique, au beau milieu des terrains se trouve une nappe phréatique. Et plusieurs stations de pompage, qui fonctionnent en permanence, se trouvent à l'intérieur du site prévu pour accueillir le circuit. A ce sujet concernant la protection des captages d'eau potable, une circulaire en date du 15 février 1993, émanant du Ministère de l'environnement, demande aux préfets de dresser la liste des points de prélèvements qui paraissent relever du domaine de l'application de la loi.

Il y est notamment précisé :
a) Le périmètre de protection immédiat : il vise à éliminer tout risque de contamination de l'eau captée et correspondant à la parcelle où est implanté l'ouvrage. Il est acquis par le propriétaire du captage et doit être clôturé. Toute activité y est totalement interdite.
b) Le périmètre de protection rapproché : il a pour but de protéger le captage vis-à-vis des migrations souterraines de substances polluantes. Sa surface est déterminée par les caractéristiques de l'aquifère. Les activités pouvant nuire à la qualité des eaux sont interdites.

Il est à noter que le 24 novembre 2006, le Conseil Général des Yvelines s'est engagé durablement sous la Présidence de Pierre Bédier à adopter "la nouvelle politique départementale de l'environnement". Il s'agit de faire des Yvelines, un département de référence en matière d'écologie en Ile de France. Le Conseil Général veut alors créer de "véritables sanctuaires" naturels autour des principales zones de captage d'eau dans les zones phréatiques dont Flins.

Le département des Yvelines favorisera les pratiques respectueuses de l'environnement autour des captages et procédera ou participera à l'acquisition des espaces les plus sensibles pour maîtriser les risques de contamination dans les sols qui absorbent l'eau des précipitations. Comprenne qui pourra quand on aura précisé qu'en celte "Yvelines" signifie bizarrement "Richesse en eau".

Troisième sujet complexe, le site se trouve également sur des terrains agricoles prévus pour une agriculture bio. Il y a plusieurs années, ces terrains étaient la propriété de la Ville de Paris, laquelle les a cédés au département des Yvelines dans le but de créer un site réservé à la culture biologique et agréé par l'organisme SAFER. Les baux ont d'ailleurs été signés avec des agriculteurs céréaliers et des maraîchers, lesquels ont même payé la location des parcelles.
Sur le plan local, deux communes limitrophes, Mezy-sur-Seine et Juziers ont d'ores et déjà déposé des recours en préfecture ainsi que des dizaines d'associations dont les plus virulentes se nomment Greenpeace, WWF France, Cap 21, Biocoop, IDF Environnement, SCI Ile verte, Verts IDF.

Enfin, comme le soulignait tout dernièrement "Le Canard Enchainé", Pierre Bédier a été condamné en appel le 16 Mai 2008 à 18 mois de prison avec sursis et à six ans d'inéligibilité, pour corruption dans des affaires de marchés de nettoyage à Mantes la Jolie, ville dont il fut maire. En attendant le résultat de la décision de la Cour de Cassation, son poste actuel de Président du Conseil Général, ne tient vraiment qu'à un fil. Si d'aventure la Cour de Cassation venait à confirmer, Pierre Bédier porterait-il encore longtemps ce projet ? sans compter pour conclure que le Président du Conseil Général a toujours proclamé qu'il comptait sur la manne de la taxe professionnelle, appelée à disparaitre au cours des prochains mois, selon le vœu du Président de la République, pour financer son ambitieux projet. En période de terrible conjoncture et de crise économique grave, on voit mal à quelques mois d'élections locales de toute première importance en tout cas, le circuit financé par des fonds publics ! Pas sûr non plus que les électeurs des Yvelines, soient d'accord pour que leur agent serve à promouvoir ce circuit.

Eu égard à toutes ces raisons, le projet de Flins apparaît difficile à boucler avant que Bernie Ecclestone vienne y jeter un œil. Le Grand Prix de France de F1 2011 pourrait ainsi devoir se chercher un autre site, au risque de devoir encore reculer de plusieurs années.

A propos d'autres sites, le Pôle Val de France, soutenu lui par l'ancien vainqueur du Grand Prix de Monaco 1972, Jean Pierre Beltoise et dont on n'entendait plus trop parler, Flins monopolisant le devant de la scène, dévoilera lors d'une conférence de presse, ses intentions et son projet, le 26 mars prochain au siège de la FFM (Fédération Française de Motocyclisme).

Aux dernières nouvelles, pour éviter l'éventuel fin et naufrage de ce GP de France, les élus de la Nièvre et du Conseil Général de Bourgogne espèrent toujours que leur projet, baptisé "Magny cours 2" verra le jour, afin d'avoir le standing des nouveaux circuits pour tenter de récupérer le GP de France.

Affaire à suivre ... (avec nos partenaires d'Autonewsinfo).


Gilles Gaignault

AutoNewsInfo