Formule 1 : les pilotes en colère

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Formule 1
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2009-01-26T08:13:00.000Z, mis à jour 2009-01-26T08:13:00.000Z

Alors que le prix de la Superlicence connaît une nouvelle hausse cette saison, le GPDA (Association des pilotes de Grand Prix) a demandé à l'ensemble des pilotes de ne pas signer, ni surtout payer cette Superlicence. Le conflit entre les pilotes et la FIA couve donc....

Curieusement à l'heure où le Président de la FIA, Max Mosley, ne cesse de prôner lui-même, la diminution des coûts, voilà que sa propre institution a décidé d'augmenter à nouveau le prix de la Superlicence, sésame pour pouvoir rouler en Grand Prix. Cette décision est totalement contradictoire avec ses récentes déclarations concernant la baisse de tous les prix en Formule 1.

Cela n'est pas sans rappeler pour les mêmes raisons, le grave conflit de 1982 qui avait conduit les pilotes à provoquer une grève. Alors qu'ils se trouvaient en Afrique du Sud pour participer au tout premier GP de l'année le samedi 23 janvier 1982, les pilotes dont les représentants de l'époque au sein de ce même GPDA (Niki Lauda, Didier Pironi et Gilles Villeneuve) avaient organisé la riposte en menant cette grève inattendue à trois jours du Grand Prix. Et afin qu'aucun d'entre eux ne cède à la tentation voire surtout aux menaces des patrons des équipes, le GPDA avait convié et surtout enfermé tous les pilotes dans un immense salon d'un Palace de Joburg, transformé pour la circonstance en dortoir !

La rébellion avait duré deux jours et ayant finalement obtenu la promesse du Président de la FIA de l'époque Jean-Marie Balestre, ils avaient fini par quitter leur repaire du Sunnyside Park Hôtel de Johannesbourg pour rejoindre le circuit et le GP d'Afrique du Sud s'était finalement bien déroulé. C'est d'ailleurs Alain Prost au volant de sa Renault Turbo qui l'avait emporté précédant dans l'ordre la Williams-Ford de l'Argentin "lole" Carlos Reutemann, et la seconde monoplace Française du Grenoblois René Arnoux.

Bien des années se sont écoulées depuis cette grève mais il semblerait que vingt-sept années plus tard, pareille situation pourrait de nouveau se reproduire.
Après une première alerte au début de la saison dernière, au cours de laquelle le prix de la Superlicence avait déjà considérablement augmenté, le conflit est, en ce début de saison 2009, complètement relancé.

Pour tenter d'y voir plus clair et de bien comprendre le problème, il faut rappeler qu'au début de chaque saison, tous les pilotes inscrits pour disputer le Championnat du Monde de F1, doivent s'acquitter d'une cotisation, laquelle leur permet d'obtenir cette fameuse et indispensable Superlicence : laquelle est obligatoire pour pouvoir courir en F1. A titre indicatif, en 2008, le tarif était passé de 1.725 euros à 10.000 euros; somme à laquelle il convenait d'ajouter un bonus de 2.000 euros par point, au lieu de 456 euros l'année précédente.

Cette hausse spectaculaire avait été soit-disant justifiée par Max Mosley, Président de la FIA, par l'augmentation des coûts liés à la sécurité des pilotes : "Nous dépensons une fortune pour la sécurité et ces dépenses le sont au bénéfice des pilotes", s'était alors contenté d'affirmer Max Mosley. Après d'interminables discussions et réunions, les pilotes avaient finalement fini par accepter de payer cette somme.

Le prix de la Superlicence vient donc à nouveau de connaître une augmentation conséquente, certes dans des proportions bien moindres mais à l'heure des restrictions et des baisses de coûts exigés par Max Mosley, l'augmentation aussi minime soit elle, a du mal à passer.

Il en coûtera désormais à chaque pilote 10.400 euros et 2.100 euros par point glané, soit une hausse comprise entre 4 et 5%. A titre indicatif, le montant du chèque dont devra s'acquitter l'actuel champion du Monde, le britannique Lewis Hamilton de l'équipe McLaren, s'éléverait à 218.920 euros. Par ailleurs, chaque pilote devra souscrire une assurance obligatoire de 2.720 euros.

Pour justifier cette inflation, les instances dirigeantes de la FIA, mettent en avant l'inflation. Une décision visiblement difficile à accepter et à avaler pour les pilotes, lesquels n'entendent pas en rester là. L'Association des pilotes de Grand Prix a donc exigé que cette augmentation soit tout simplement annulée. Le GPDA précisant qu'elle avait bien demandé à tous ses membres de ne pas payer.

Les pilotes tentent de trouver un appui auprès de la FOTA (Association des équipes) dont le Président n'est autre que le patron de la Scuderia Ferrari, Luca di Montezemolo. Ce dernier présidera son assemblée générale le 3 février prochain. Mais déjà en conflit avec la FIA concernant les nouveaux règlements et la diminution des coûts, la FOTA acceptera t-elle, de défendre ce nouveau dossier brulant ? La réponse ne devrait pas tarder...

Gilles Gaignault

AutoNewsInfo