Immatriculations en Janvier : Les chiffres ne sont pas bons

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L'écologie pour sauver l'industrie automobile ?
Par Julien LECORNU|Ecrit pour TF1|2009-02-02T17:10:00.000Z, mis à jour 2009-02-02T17:10:00.000Z

La crise persiste sur le marché automobile puisqu'on note une nouvelle baisse des immatriculations en Janvier. L'espagne et le Japon sont les plus touchés mais la France continue de s'enfoncer.

Le ralentissement est particulièrement violent au Japon, où les ventes de véhicules neufs, hors mini-voitures, ont chuté de 27,9% en janvier sur un an, tombant à leur plus bas niveau depuis 41 ans, selon les concessionnaires. Ce recul, le sixième d'affilée, est le plus brutal depuis mai 1974. Les ventes n'ont jamais été aussi faibles depuis février 1968.

En Espagne, les immatriculations de voitures neuves ont baissé de 41,6% en janvier sur un an, selon l'Association nationale des fabricants d'automobiles (Anfac). La semaine dernière, l'Anfac avait annoncé qu'elle s'attendait à un repli d'environ 23% des ventes en 2009 par rapport à 2008, année où les immatriculations avaient déjà baissé de 28% en Espagne.

Le ciel est légèrement moins noir en France, où les acquisitions de voitures particulières neuves ont baissé de "seulement" 7,9% en janvier par rapport à janvier 2008. Après novembre (-14%) et décembre (-15,8%) en chute libre, le recul plus limité de janvier traduit "un effet prime à la casse", estime le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Cette mesure mise en place en décembre permet à tout acheteur d'une voiture particulière ou d'un utilitaire léger, neufs et peu polluants, de bénéficier d'une prime de 1.000 euros s'il met au rebut un véhicule de plus de dix ans.

Pour le CCFA, il faut "attendre la période de mars à juin" pour "vraiment mesurer" l'état du marché français en 2009, mais ce ralentissement de la chute pourrait donner du grain à moudre aux constructeurs espagnols.

Ces derniers réclament à Madrid la mise en place d'une prime à la casse dans le royaume ibérique.

Outre la France, plusieurs pays européens ont déjà adopté ce dispositif, comme l'Allemagne, où la prime est de 2.500 euros.

Pour étayer sa demande, l'Anfac affirme que 100.000 travailleurs sont affectés par la crise du secteur automobile en Espagne.
Au Japon, des milliers d'emplois ont déjà été supprimés. En France, le directeur général adjoint de Renault Michel Gornet affirme que le constructeur devra gérer "au moins jusqu'en 2010 (...) des périodes de sous-activité". Les sous-traitants souffrent aussi. Les fournisseurs américains, qui emploient plus de 700.000 personnes, s'apprêtent à remettre une pétition au gouvernement pour demander une assistance fédérale.

Ils avaient déjà tenté leur chance en vain en novembre, quand le Congrès examinait la possibilité d'une rescousse financière en faveur de deux des principaux constructeurs américains, General Motors et Chrysler, qui ont obtenu 13,4 milliards de dollars de prêts du gouvernement fédéral.

Depuis, la situation a empiré. La production automobile américaine a été réduite de 36% en décembre. Elle devrait continuer à diminuer au premier trimestre 2009, étant donné que GM, Chrysler et Ford ont quasiment cessé de produire des véhicules en janvier.

Ce marasme alimente les rumeurs de concentrations dans le secteur. Lundi, le quotidien économique La Tribune a rapporté que le constructeur allemand BMW avait rencontré des conseillers du gouvernement français le 21 janvier pour étudier une alliance avec PSA Peugeot Citroën.

BMW a confirmé la tenue de cette réunion, mais a précisé qu'elle ne portait pas sur "des coopérations industrielles", et donc pas sur PSA. Le groupe français, lui, n'a pas souhaité commenter cette information.
(avec agences)