IndyCar : Simon Pagenaud, ce champion français méconnu

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Simon Pagenaud Indycar 2016
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2016-10-24T10:00:40.488Z, mis à jour 2016-10-24T10:12:37.206Z

Champion d'IndyCar à l'issue d'une saison 2016 pendant laquelle il a brillé, Simon Pagenaud est définitivement entré dans la cour des grands. Mais quel est le parcours de ce très grand pilote qui a conquis les Etats-Unis ? Portrait.

Il était déjà une étoile montante du sport automobile américain et très apprécié d'un public connaisseur, notamment grâce à sa grande présence sur les réseaux sociaux (même son chien, Norman, est présent sur la Toile) pour partager sa vie de pilote et ses à-côtés. Mais le dimanche 18 septembre 2016, Simon Pagenaud est entré dans la cour des grands en devenant <strong>le premier pilote français à remporter le championnat d'IndyCar</strong> grâce à son succès à Sonoma (Californie, Etats-Unis), la dernière course de la saison. Mais qui est vraiment ce Frenchie que le grand public de notre Hexagone ne connaissait pas – ou que très peu – avant ses récents exploits ? Décryptage.

Grand Format : Les 500 Miles d'Indianapolis 2014 avec Simon Pagenaud

Des débuts classiques mais...

Karting, Formule Renault, World Series... Sur le papier, le début de carrière de Pagenaud semble très classique pour un pilote désireux de gravir les échelons. Mais ses résultats en Formule Renault 3.5 (devenu aujourd'hui Formule V8 3.5 après le départ du Losange) n'étaient pas à la hauteur des attentes, ce qui l'a incité à réorienter sa carrière outre-Atlantique. C'est ainsi qu'en 2006, le natif de Poitiers débarque aux Etats-Unis en Formule Atlantic, l'une des catégories de promotion dans le sport automobile américain.

La première conquête de l'Amérique

Immédiatement, le talent du Français fait mouche. Pour sa première saison, il remporte le titre avec le Team Australia et accède au Champ Car l'année suivante (discipline dans laquelle le Français Sébastien Bourdais a remporté quatre titres), toujours avec son équipe, grâce à la prime de 2 millions de dollars offert au vainqueur du championnat. Malheureusement, la suite de ce rêve américain s'écrit en dents de scie. Malgré une première saison honorable (il termine 8e), Pagenaud se retrouve sans volant fin 2007, la faute à l'unification de la discipline avec l'IndyCar.

Simon Pagenaud, l'homme qui valait 2 millions de dollars (2006)

Un vrai touche-à-tout

Contraint de quitter le monde des monoplaces, le Poitevin ne se laisse pas pour autant abattre et se tourne vers l'Endurance en disputant les American Le Mans Series et quelques courses européennes. Son palmarès parle d'ailleurs pour lui avec notamment deux victoires aux 1.000 kilomètres de Spa (2009, 2010) et une deuxième place lors des 24 Heures du Mans 2011 avec Peugeot. Mais la tentation de la monoplace est là. C'est dans l'ADN de Pagenaud et il saisit l'occasion d'un remplacement au cours de la saison 2011 pour faire ses preuves et décrocher un volant de titulaire pour 2012 chez Schmidt Peterson Motorsports.

2016, l'année Pagenaud

La suite de l'histoire ? Un peu plus connue du grand public, surtout depuis le sacre du Français. Cinquième en 2012, troisième en 2013 et cinquième en 2014... Une belle régularité qui lui vaut d'être engagé par le Team Penske, un maître-étalon dans le sport automobile américain où il retrouve notamment l'ancien pilote de Formule 1 Juan-Pablo Montoya et Will Power, champion en 2014. 2015 est l'année d'adaptation à une grande équipe, marquée par une 11e place au classement, et 2016, celle du titre. Mérité et sans aucune contestation possible tant Pagenaud a dominé la concurrence, remportant cinq victoires et signant sept pole positions. Une sacré performance qui récompense un long travail.


Travailleur acharné

Car c'est sans aucun doute ce qui caractérise le mieux Pagenaud : sa capacité d'adaptation. Amoureux de sport automobile, très perfectionniste et véritable touche-à-tout (il a même participé à la célèbre course de côte de Pikes Peak en 2013), le Français, en couple avec une californienne, Hailey McDermott, vit à Mooresville, en Caroline du Nord, non loin des installations de son équipe. De quoi lui permettre de passer encore plus de temps avec ses partenaires de jeu. « C'était essentiel d'être proche de l'écurie car il y a beaucoup de préparation à faire. Si on n'est pas là pour voir les mécaniciens en semaine, on manque forcément quelque chose », déclare-t-il à ce sujet lors d'une interview accordées à nos confrères de MotorsTV.


Pas intéressé par la F1

Alors, maintenant, quels objectifs restent-il à ce nouveau champion ? Gagner les 500 miles d'Indianapolis. Son rêve. Et surtout, un sacré défi. Car en cinq saisons, il n'a jamais triomphé sur un ovale. Et la Formule 1 ? « Je m'ennuie un petit peu en regardant les retransmissions », concède-t-il, toujours à MotorsTV. « L'un de mes rêves serait de piloter la McLaren d'Ayrton Senna. Mais je suis beaucoup moins attiré par les F1 d'aujourd'hui. En tant que sport, la F1 actuelle ne m'intéresse pas vraiment. Moi, je suis dans un système de compétition qui est un vrai sport, où il n'y a pas de politique. Les 22 monoplaces en IndyCar sont identiques et c'est le savoir-faire de l'équipe, celui du pilote et les stratégies qui font la différence. C'est de se dire qu'en partant 20e, tu peux terminer 1er ».

Avant de conclure : « Ce qui est important pour moi, c'est que je veux aller sur toutes les courses en me disant 'je peux gagner'. Si demain, j'étais en F1 dans une équipe qui ne me permettrait pas de jouer la victoire, ça ne me rendrait pas heureux et ça ne m'intéresse pas du tout ».

 Les 500 Miles d'Indianapolis vu des pilotes français (2012)