Jules Bianchi (1989 – 2015) : ce pilote qui rêvait de F1 et Ferrari

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Le pilote français de Formule 1 Jules Bianchi.
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2015-07-18T16:30:52.717Z, mis à jour 2015-07-20T10:20:08.263Z

Disparu ce samedi 18 juillet 2015, Jules Bianchi laisse le monde de la Formule 1 en deuil. A 25 ans, c’est un espoir de la catégorie reine qui s’est éteint, alors qu’il rêvait d’être pilote pour Ferrari.

Jules Bianchi a débuté comme quasiment tous les autres pilotes par le karting, poussé par son père, Philippe et marchant sur les traces de son grand-père Lucien (podium au GP Monaco et vainqueur 24h du Mans en 1968), et y brille en obtenant le titre italien ICC en WSK International Series. En 2006, à 15 ans, le jeune Niçois rejoint la réputée école de la FFSA, la Fédération Française de Sport Automobile, afin de se préparer à la conduite en monoplace, et dispose cette même année du soutien de Nicolas Todt, fils de Jean actuel Président de la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile), son nouveau manager.

Débuts en monoplace

C’est lors de la saison 2007 que Jules se lance en monoplace, en championnat de France de Formule Renault, et remporte le titre dès son entrée, une première depuis Alain Prost (1976). Il passe en 2008 en Formule 3 européenne, dans l’équipe de Nicolas Todt, ART GP, où il retrouve notamment Nico Hülkenberg, aujourd’hui pilote Force India en F1 vainqueur des 24h du Mans en 2015 sur Porsche. Si L’allemand prend le titre cette année-là, Jules est tout de même 3è, et il décrochera le titre dès 2009, devant Christian Vietoris et son coéquipier, un certain Valtteri Bottas, pilote Williams depuis 2013 et pressenti chez Ferrari en 2016. En récompense, Ferrari lui offre ses premiers essais sur une Formule 1 en décembre, au circuit de Jerez de la Frontera (Espagne) et est signé dans la filière des jeunes pilotes de la Scuderia au vu de ses performances.

GP2 et World Series Renault

2010 signe l’arrivée de Jules Bianchi dans l’arrière-cour de la F1, les GP2 Series. A l’instar de la F3, il termine troisième dès la première saison - malgré aucun victoire - toujours au sein d’ART GP, loin derrière Pastor Maldonado (aujourd’hui chez Lotus) mais à quelques longueurs de Sergio Pérez. Il croise d’ailleurs Max Chilton, qui sera son futur coéquipier en F1 chez Marussia. En 2011, il termine également troisième, quand Romain Grosjean prend le titre après un dur départ en F1 chez Renault, mais grimpe au sein de Ferrari en devenant pilote d’essais. Dès janvier 2012, il devient troisième pilote chez Force India, réalisant plusieurs séances d’essais libres du vendredi matin. En attendant, il passe dans l’autre arrière-cour, les World Series by Renault 3.5, où il est vice-champion avec Tech 1 Racing, derrière Kevin Magnussen (titulaire McLaren en 2014).


Enfin, la F1 !

En 2013, à 23 ans, c’est enfin la consécration, Jules Bianchi débarque en Formule 1. Non pas chez Force India où il espérait piloter, mais au sein de la plus modeste écurie russe Marussia, soutenu par Ferrari qui fournit également la moteur des monoplaces. Il y retrouve le Britannique Max Chilton. Malgré une 13è place au GP de Malaisie comme meilleur résultat, il se fait remarquer en dominant largement son coéquipier. Le Français est prolongé en 2014, et monte en puissance, enregistrant ses premiers points au Grand Prix de Monaco, ainsi que les premiers de Marussia.

Le drame

Le 5 octobre, lors de la course du Grand Prix du Japon, le circuit de Suzuka est sous des trombes d’eau, faisant reporter la course de plusieurs heures. Alors que le jour commence à tomber et le pluie s’intensifier, plusieurs pilotes partent à la faute, dont Adrian Sutil. Une grue se charge de dégager la monoplace, sous simple régime de drapeau jaune avertissant les pilotes du danger. Mais Jules Bianchi part en aquaplanning dans le même virage que l’Allemand, et percute malheureusement l’engin. A près de 150 km/h, le choc est effroyable, la tête étant touchée en premier suite à la casse de l’arceau de sécurité. Malgré le casque, le Français est gravement touché, inconscient. Pendant ce temps, personne ne sait ce qui arrive, ce n’est qu’une heure après que la direction de course avertit les médias que Jules a été transporté à l’hôpital universitaire de Mie, près du circuit. Opéré, mis en coma artificiel, Jules Bianchi souffre d’une lésion axonale diffuse, un très grave traumatisme crânien, et son pronostic vital est engagé durant les premiers jours.

L’attente, et la fin

Plus d’un mois après, le 19 octobre, le pilote est transféré au CHU de Nice, près de sa famille, qui communique mensuellement sur l’état de son protégé ne s’améliorant pas. Malgré le soutien unanime de la famille du sport automobile, des #ForzaJules ornant les monoplaces, des nombreux messages provenant des passionnés et supporters, Jules ne sortira jamais du coma. Philippe, son père, s’inquiétait il y a quelques jours (lundi 13 juillet) du sort de son fils, devenant « de moins en moins optimiste ». Samedi 18 juillet à 2h45, l’annonce tombe sur le compte Facebook, Jules Bianchi est mort. La F1 perd alors l’un de ses pilotes après un accident de course, une première depuis la disparition de la légende Ayrton Senna sur le circuit d’Imola le 1er mai 1994.