Jules Bianchi : les cockpits fermés en F1, le remède miracle ?

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Le pilote français Jules Bianchi dans le cockpit de sa Marussia lors du Grand Prix de Formule 1 d'Italie 2014.
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-10-13T14:17:00.000Z, mis à jour 2014-10-14T11:43:19.000Z

Après le terrible accident de Jules Bianchi survenu le 5 octobre 2014 lors du Grand Prix du Japon, le monde de la Formule 1 s'est à nouveau posé la question des cockpits fermés. Une solution qui fait débat.

Elle trottait déjà dans les têtes depuis quelques années. L'idée des cockpits fermés a ressurgi à cause du terrible accident de Jules Bianchi lors du Grand Prix de Formule 1 du Japon le 5 octobre dernier. Le pilote français est toujours placé en soins intensifs au centre hospitalier de Yokkaichi et souffre d'un grave traumatisme crânien. Pour rappel, le pilote de 25 ans s'est encastré sous une dépanneuse venue retirer la Sauber d'Adrian Sutil, sorti au même endroit un tour plus tôt.

Des cockpits déjà renforcés
Avant ce spectaculaire et malheureux accident de Jules Bianchi, le dernier drame survenu en pleine course de Formule 1 remontait au tragique accident d'Ayrton Senna à Imola le 1er mai 1994 où un bras de suspension avait traversé le casque du pilote brésilien, provoquant une très grosse hémorragie au cerveau. Depuis, la sécurité n'a cessé de se renforcer au niveau de l'habitacle, zone très sensible pour les pilotes en cas d'accident car ils roulent la tête à l'air libre.

Les cockpits ont ainsi été, rehaussés et l'apparition du système HANS (Head and Neck Support) en complément du casque a été fortement salué afin d'éviter le légendaire - et malheureux - "coup du lapin".

Le risque zéro n'existe pas
Cela étant, les sports mécaniques ne sont pas une science exacte, tant sur le plan du résultat que de la sécurité. Et malgré toutes les protections apportées au niveau de l'habitacle, le risque zéro n'existe pas. Felipe Massa en a fait l'amère expérience en 2009 lors des qualifications du Grand Prix de Hongrie.

Lancé à pleine vitesse au volant de sa Ferrari, le Brésilien a été touché à la tête par un ressort qui s'est détaché de la monoplace de son compatriote Rubens Barrichello avant de s'encastrer dans un mur de pneus et d'être transporté rapidement à l'hôpital pour de sévères dommages crâniens, une commotion cérébrale et profonde lésion à l'œil gauche.

Des renforts supplémentaires ont alors été apportés sur le dessus des visières afin de réduire fortement les probabilités que des objets ne pénètrent dans le casque. Une protection bien évidemment insuffisante dans le cas de Jules Bianchi.

"J'aurais pu mourir à 10 centimètres près..."
Interrogés en marge du Grand Prix de Russie sur les possibles solutions à apporter pour qu'un tel drame ne se reproduise plus, notamment sur l'apparition des cockpits fermés, les pilotes ont livré des avis assez partagés.

"Les accidents les plus graves qui ont eu lieu en sport automobile ces deux dernières années ont tous provoqués des blessures à la tête, ça reste donc probablement un domaine où la sécurité n'est pas optimale", a admis Fernando Alonso, qui se souvient de son spectaculaire accident avait Romain Grosjean au départ du Grand Prix de Belgique en 2012. Avant d'ajouter : "Dans mon cas, j'aurais probablement pu mourir au premier virage à dix centimètres près... Si la technologie est là et que la possibilité existe de le faire, je pense que nous ne devrions donc pas rejeter l'idée de fermer les cockpits des monoplaces de Formule 1".

Un avis que ne partage pas forcément Sebastian Vettel, plus nuancé sur la question. "Depuis les débuts de la Formule 1, les cockpits ont toujours été ouverts, c'est l'une des choses qui rend notre sport très spécial. D'un autre côté, comme Fernando l'a souligné, les raisons qui justifient d'envisager la fermeture des cockpits dans le futur sont nombreuses".

Fermer les cockpits, la priorité ?
A la lecture de ces deux opinions (provenant surtout de deux champions du monde), force est de constater qu'il est très difficile de donner raison à l'un et l'autre. Mais encore une fois, il est important de ne pas oublier que le risque zéro n'existe pas. Dans le triste cas de Jules Bianchi, un cockpit fermé n'aurait sans doute pas tenu le coup au regard de la violence du choc et de la différence évidente de gabarit entre une monoplace de Formule 1 et une dépanneuse.

Nul doute que le débat se poursuivra lors des prochains jours afin de réduire encore plus les risques inhérents aux sports mécaniques. Espérons simplement que les autorités compétentes (la FIA pour ne citer qu'elle) n'oublieront pas un autre point très important : l'encadrement des véhicules extérieurs lors des accidents. Sans doute la source la plus importante des dangers qui existent encore aujourd'hui sur les circuits.

Document Automoto : Jules Bianchi, un pilote français chez Ferrari (2011)