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Jules Bianchi : premier drame en F1 depuis 20 ans et questions autour de la sécurité

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Jules Bianchi F1 2014 Marussia GP belgique
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2014-10-06T09:00:00.000Z, mis à jour 2014-10-07T08:26:36.000Z

Depuis la disparition d'Ayrton Senna en mai 1994, aucun accident grave n'avait émaillé le monde de la Formule 1, jusqu'à ce dimanche 5 octobre 2014 où Jules Bianchi a été victime d'un choc à la tête contre une grue au Grand Prix du Japon. Cela était-il inévitable ? La sécurité des circuits est-elle remise en question ?

La course à Suzuka avait débuté dans des conditions particulières ce dimanche 5 octobre, sous la pluie du typhon menaçant, avec un faux départ puis le véritable sous régime de voiture de sécurité, ayant tardé à relâcher les monoplaces devant la fébrilité de la direction de course. Après une accalmie, les précipitations ont redoublé à dix tours du terme, alors que la nuit se faisait sentir.

>> La carrière de Jules Bianchi en Formule 1 resumée en dix photos

L'accident
Sur une piste devenue impraticable par endroit, Adrian Sutil part à la faute dans le virage 7. Une grue se dirige vers la Sauber, pendant que les commissaires déploient les drapeaux jaunes. Mais horreur, deux minutes plus tard, Jules Bianchi entre en aquaplanning au même endroit, et s'encastre sous l'engin de dégagement. La FIA décide de ne pas montrer d'image, ni de communiquer, laissant le paddock, spectateurs et téléspectateurs dans le flou.

Rapidement pris en charge dans sa Marussia à l'arceau de sécurité arraché, le Français alors inconscient est évacué par ambulance à l'hôpital de Yokkaichi, à quelques kilomètres du circuit. Le pilote, dans un état critique, est alors rapidement opéré d'un hématome cérébral pendant plusieurs heures. Là s'arrêtent les informations officielles, pendant que des sources affirment un placement en respiration artificielle.


La sécurité encore en question ?
En attendant des nouvelles du Français, le monde de la F1 subit son premier drame depuis 20 ans. Le 1er mai 1994, Ayrton Senna se tuait au volant de sa Williams-Renault sur le circuit d'Imola, avec deux facteurs principaux : la voiture dont la suspension a transpercé le cockpit et heurté le casque, et le circuit, avec ce mur en béton sans aucune protection et donc sans amortissement pour les accidents.

Aujourd'hui, en 2014, les monoplaces sont beaucoup plus sûres, les circuits ont sensiblement amélioré la sécurité, au point que des chocs spectaculaires, à l'instar de celui de Robert Kubica à Montréal en 2008, n'ont conduit qu'au pire des membres cassés.

Mais l'évènement de ce 5 octobre remet en question peut-être l'un des derniers points à améliorer : l'intrusion des véhicules extérieurs. Par le passé, la Formule 1 a frôlé le drame : Schumacher au GP du Brésil 2003 et Liuzzi au GP d'Europe 2007 ont manqué à quelques mètres voire centimètres de subir le même sort. Et que dire de la Jeep au milieu de la piste sans voiture de sécurité au GP de Corée en 2013 ?

La présence de la grue lors de la course dimanche, enlevant la Sauber de Sutil, n'est pas remise en cause. Il est plutôt question de la sécurité et de la décision de la direction de course, n'ayant pas lancé la "safety car" alors que l'engin était au bord du circuit, que la pluie rendait la piste quasi-impraticable et que la nuit tombait. La majorité des pilotes et écuries n'osent pas douter des décisions des commissaires, probablement sous le choc ou en attente d'une prise de recul, mais des fautes ont évidemment été commises.

Seule bonne nouvelle, les débats autour de ces véhicules seront lancés et la sécurité des circuits s'en trouvera grandie. Enfin, nos pensées vont évidemment à Jules Bianchi, dont nous attendons des nouvelles, ainsi qu'à sa famille et ses proches.


Document Automoto : les débuts de Jules Bianchi en Formule 1



(re)Voir notre reportage sur Jules Bianchi en 2006 : il n'avait que 17ans.