L'Etat veut faire pression sur les sociétés pour baisser les prix des autoroutes

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Autoroute vacances
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2014-11-10T13:49:00.000Z, mis à jour 2014-11-10T15:49:13.000Z

Invité du magazine Capital de M6 le 9 octobre, Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, a annoncé que l'Etat ferait pression sur les sociétés d'autoroutes, soit pour réduire les tarifs des péages, soit pour garantir les travaux et l'investissement.

Depuis 2006, presque toutes les autoroutes de France (76%) sont privatisées. Gérées donc par des entreprises (19 au total, ces axes routiers à péages n'ont cessé d'augmenter leurs tarifs, précisément de 15% en 7 ans, soit supérieur à l'inflation, s'accordant au passage une rentabilité allant de 20 à 24%.

Lors d'une interview accordée au magazine Capital sur M6 ce 9 novembre 2014, Emmanuel Macron réagit ouvertement face à cette inflation : "Ces chiffres sont vrais, excessifs, scandaleux compte tenu de ce que cela représente pour les Français"


"Plus de pression"
"L'Etat a complètement la possibilité de faire quelque chose de plusieurs façons" souligne le ministre de l'Economie, "on va mettre beaucoup plus de pression sur ces sociétés d'autoroutes", comme le suggérait le rapport de l'Autorité de la Concurrence publié le 17 septembre 2014."Ce ne sont pas des mots, on crée une autorité de régulation, un gendarme qui existe sur d'autres parties du transport dont on va étendre les compétences et qui regardera chaque année la formule de prix, la formule tarifaire et que l'on va rebaser".

Plus concrètement, E. Macron explique l'action possible de l'Etat : "Il y a deux façons de mettre la pression sur les sociétés d'autoroutes, c'est de leur dire : soit vous baissez les prix, soit vous faîtes plus de travaux, plus d'investissement, vous faîtes marcher l'économie, parce que c'est aussi ce qu'on cherche à faire. Il y a le pouvoir d'achat, et l'activité."

"Souvent les sociétés d'autoroutes font elles-mêmes leurs travaux, parce qu'elles ont des captives",
ajoute le ministre, "donc on va aussi être très exigeant sur les paquets de travaux que l'on va leur demander, pour avoir plus d'activité pour les entreprises de BTP. On va imposer des critères d'ouverture à des PME."

Confirmées par Emmanuel Macron, ces mesures - faisant partie du projet de loi sur l'activité établi en octobre 2014 - seront présentées lors d'un conseil des ministres au mois de décembre prochain.