L'irrésistible ascension de la Formule E

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Formule E Long Beach 2016
Par Xavier BEAL|Ecrit pour TF1|2016-10-26T15:44:26.517Z, mis à jour 2016-10-26T15:44:28.769Z

Depuis 2014, la Formule E prend de plus en plus de place dans le monde du sport automobile. Et ce n'est pas près de s'arrêter.

Cette année, nous assistons déjà à la troisième saison de la Formule E et l'essor de cette discipline se poursuit de manière continue. Découvrez sans plus tarder ce qui fait le succès de la Formule E.

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Un concept novateur et écolo

Tout le monde connaît la Formule 1 et en particulier ses détracteurs : ça fait du bruit et ça pollue. Ce n'est pas un hasard si depuis quelques années, la F1 fait des efforts pour devenir propre avec notamment l'adoption d'un moteur hybride. Mais ce n'est pas suffisant. Ainsi, en 2014, la FIA et Formula E Holdings ont créé le championnat du monde de Formule E avec des monoplaces entièrement électrique !

Et cette vocation écologique n'est pas que qu'un coup marketing. On a ainsi pu voir une Formule E rouler près du Pôle Nord afin de sensibiliser les êtres humains au problème du réchauffement climatique.

Et pour garantir le spectacle, la Formule E opte pour un championnat monotype. Tous les pilotes disposent ainsi de la même voiture : la Spark-Renault SRT 01E. La monoplace est le fruit d'une collaboration de dix mois entre Spark Racing Technology, Renault, Dallara, McLaren Electronic Systems et Williams Advanced Engineering !

Toutefois, pour gagner en compétitivité, le règlement permet aux écuries de travailler elles-mêmes certains éléments à partir de la deuxième saison.

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Des courses en ville et partout dans le monde

La Formule E se démarque également de toutes les autres compétitions automobiles par les lieux des épreuves. Toutes les courses sont organisées au cœur de grandes villes. Une chose impossible à faire avec la F1 ou le WEC.

Les grandes villes sont attirées par l'aspect écolo de la FE mais aussi parce que cela coûte moins cher d'accueillir un ePrix (le nom des Grands Prix de FE) qu'une course de F1. Lors de la première saison, la FE a ainsi posé ses valises à Pékin (Chine), Berlin (Allemagne), Miami (États-Unis) et Londres (Grande-Bretagne).

Et plus les années passent, plus le nombre de villes candidates pour accueillir un ePrix augmente. En trois saisons, des villes comme Moscou, Paris, New York et la cité-État de Hong Kong ont rejoint le calendrier du championnat. Et les villes japonaises de Tokyo et Yokohama ont fait part de leur intérêt pour organiser des ePrix à partir de 2018 !

Enfin, puisque la FE est sous l'égide de la FIA, les organisateurs de la compétition ont tenu à aller partout dans le monde. Par exemple, si la F1 ignore le continent africain, ce n'est pas le cas de la FE avec l'ePrix de Marrakech. On trouve aussi des destinations plus exotiques comme Punta del Este en Uruguay.

Formule E - GP de Hong Kong 2016 : Buemi démarre la saison par une victoire

Des courses plus funs : Fan Boost et points bonus

Pour séduire un nouveau public et convertir les fans de Formule 1, la FE a opté pour un déroulement différent de ses courses. Afin de ne pas perturber la circulation dans les grandes villes, un ePrix se déroule sur une seule journée ! Les qualifications ont donc lieu seulement quelques heures avant la course. Afin d'être attractif pour les télévisions et les spectateurs, les courses ne doivent pas durer plus d'une heure. Et comme les batteries ne sont pas encore assez puissantes, les pilotes changent de voiture à la mi-course.

De plus, il existe des points bonus comme en Indycar par exemple. En FE, le pilote qui réalise la pole reçoit trois points et celui qui réalise le tour le plus rapide en course récolte un point.

Et puisque nous vivons à l'époque des réseaux sociaux et d'internet, la FE a mis en place le Fan Boost. Le principe est simple : les supporters peuvent aider leur pilote favori en votant via Internet. Les trois pilotes élus disposent alors d'une puissance supplémentaire et temporaire (jusqu'à 200 kW), utilisable en une seule fois et seulement sur leur deuxième voiture, en seconde partie de course. Cela facilite les dépassements et donc, le spectacle.

Des constructeurs de plus en plus impliqués

Dès son lancement, de nombreux constructeurs se sont impliqués à des degrés divers en Formule comme Renault avec e.dams, Audi avec Abt. Audi a d'ailleurs décidé de quitter le WEC à l'issue de la saison 2016 pour se concentrer sur la Formule E !

Et fort de succès, la FE devient « the place to be ». Après DS, en partenariat avec Virgin, et BMW avec Amlin Andretti, Jaguar a fait son retour sur les circuits ! Et en 2018, c'est Mercedes, qui brille pourtant en F1, qui devrait faire son arrivée en Formule E !

Panasonic Jaguar Racing   Formule E

Pilotes : des noms prestigieux

Enfin, le succès de la FE s'explique par la qualité des pilotes. On trouve des anciens pilotes de F1 comme Jean-Eric Vergne, Nelson Piquet Jr, Lucas di Grassi, Sébastien Buemi, Nick Heidfeld, Robin Frijns. On a même vu des vieux briscards comme Jarno Trulli et Jacques Villeneuve relever ce challenge (sans grande réussite, il faut bien le reconnaître).

Formule E   Jean Eric Vergne   Andretti Autosport

Par ailleurs, des pilotes qui n'ont pu accéder à la F1 et qui excellent dans d'autres disciplines se dirigent de plus en plus vers la FE. On peut citer Nicolas Prost ou encore José-Maria Lopez, triple champion du monde du WTCC.

Enfin, trois femmes ont déjà participé à ce championnat : Michaela Cerruti, Simona de Silvestro et Katherine Legge. Malheureusement, pour la saison 2016-2017, tous les pilotes sont des hommes ce qui est bien dommage. Car n'oubliez pas que toutes les compétitions de la FIA sont mixtes mais la parité est loin d'être respectée.

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