Lexus IS-F : chasseuse de M3

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Photo 10 : Lexus IS-F : La BMW M3 dans le collimateur
Par Raphael SYLVESTRE|Ecrit pour TF1|2009-05-19T13:31:00.000Z, mis à jour 2009-05-19T13:31:00.000Z

Lexus, branche luxe du constructeur Toyota, a décidé de prendre le taureau par les cornes avec sa trop "calme" IS. La classieuse berline a donc subi une bonne cure d'hormone et devient la IS-F.

Les bêtes de puissance se nomment M chez BMW, S ou RS chez Audi et AMG chez Mercedes. Chez Lexus, c'est F, pour Fast, ou pour Mont Fuji, au pied duquel ce monstre de puissance a été développé. Avant d'aller plus loin dans les présentations, un bref regard sur la fiche technique : V8 5.0 développant la bagatelle de 423 ch... Soit quasiment la même puissance qu'une BMW M3. Un hasard ? Probablement pas, tant la marque japonaise lorgne vers l'ennemi‍ bavarois. Étonnant pour un constructeur qui prône l'hybridation comme porte-étendard.



L’habit fait le moine

Avec un nom pareil, pas sûr que la Lexus IS-F fasse une grande carrière en France. Pourtant, c’est le F qui transforme notre bonne et sage Docteur Jeckyl en terrible Mister Hyde, transgressive à souhait. Longue de 4,58 m, la bête veut en imposer. Enorme entrée d’air dans le bouclier avant, extracteur sur les ailes, quatre grosses sorties d’échappement en diagonale à l’arrière, un châssis rabaissé de 25 mm, un regard de squale... le tout campé sur des jantes grises de 19 pouces. Impossible de passer inaperçu à son volant ! Quoique.

Le monogramme, beaucoup moins connu que celui de la BMW M3, vous assurera paradoxalement une relative tranquillité.


Un habitacle cossu mais triste

Dans l’habitacle, la présentation laisse un goût mitigé. Si la qualité d’assemblage se montre irréprochable et l’ergonomie brille par un sans faute, c’est un peu moins le cas pour le dessin général de la planche de bord qui ne respire pas la gaîté, malgré l'usage de matériaux modernes et valorisants. On aime beaucoup les compteurs et leurs aiguilles bleues qui s’animent lorsque l’on appuie sur le bouton Start. On aime moins certaines commandes 100 % Toyota que l’on retrouve sur des modèles moins prestigieux comme l’Auris. Un peu plus d’exclusivité n’aurait pas nuit à la belle.

Le confort est au rendez-vous avec des sièges avant assurant un parfait maintien. A l’arrière, l’IS-F accueille deux personnes séparées par l’énorme pont qui envoie la puissance à l’arrière. Enfin, pour finir sur le côté pratique, précisons que le coffre propose un volume de 378 litres digne du segment inférieur.


De la fureur et des sourires

On adore le bruit de son V8. Rageur à souhait, il se fâche pour notre plus grand plaisir au dessus de 4000 tr/min. On savoure à l’envie cette mélodie rogue, puissante et bestiale qui annonce la couleur dès que le pied se fait insistant sur la pédale de droite. L’IS-F n’est pas là pour faire de la figuration. Le 5 litres lâche ses 423 chevaux qui piaffent d’impatience d’en découdre, soutenu par une boîte automatique à huit rapports (!) à palettes au volant, qui est l'une des réussites de cette voiture.

Le passage des vitesses se fait en 1/10ème de seconde et s'accompagne de sensations grisantes. Au passage de la bête, les chronos s’affolent. Le 0 à 100 km/h est pulvérisé en 4,8 s et la vitesse maxi s’affiche à 270 km/h. Un peu de transgression dans ce monde politiquement correct fait un bien fou !


Trop sage ?

Cette propulsion ne réserve pas de mauvaise surprise. Son comportement est sain, peut-être trop regretteront les puristes, qui lui préféreront le côté bestial de sa concurrente allemande. L’ESP n’a pas la mauvaise idée d’intervenir trop tôt et autorise juste ce qu’il faut de dérive pour s’amuser un peu. La direction est précise et les quatre freins à disque ventilés à six pistons Brembo assurent un freinage mordant à souhait.

Ce qui nous a le plus surpris est le confort de suspension de cette Lexus. Malgré les réglages prévus pour encaisser la puissance et le couple, cette voiture s'est montrée étonnamment confortable en usage normal, même sur les petites routes défoncées que nous avons rencontrées dans la Vallée de Chevreuse.


Yakuza car

Pour la jouer rebelle façon Yakusa, il vous faudra débourser 72.500 euros. À ce prix-là, il ne reste plus grand-chose dans les options, si ce n’est le toit ouvrant à 1000 euros et le régulateur de vitesse adaptatif facturée la bagatelle de 3300 euros. La BMW Série 3 est un peu plus chère 74.950 euros. Et on ne gâchera pas la fête en disant qu’avec ses 11,4 l/100 km et ses rejets de CO2 de 270 g/km, elle emporte le super malus de 2600 euros. Ses acheteurs s’en soucient-ils ?