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Tous les marchés plongent après le rejet du plan automobile américain par le Sénat

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Bourse
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2008-12-12T12:24:00.000Z, mis à jour 2008-12-12T12:24:00.000Z

L'échec des discussions au Sénat américain pour voter un plan de sauvetage de l'industrie automobile a fait plonger les marchés vendredi, inquiets des conséquences économiques désastreuses que provoquerait la chute de l'un des trois "grands" de Détroit.

Vers 11H00 GMT, le CAC 40 lâchait plus de 5% à Paris. A Londres, le Footsie-100 abandonnait 3,32% et à Francfort le Dax cédait 4,07%. Principale place financière d'Asie, Tokyo a clôturé en net recul de 5,56%. Hong Kong a perdu 5,48%, Séoul 4,38% et Shanghai 3,81%. Le dollar a lui aussi dégringolé dans les échanges à Tokyo, passant sous la barre des 90 yens pour la première fois depuis 13 ans.

Les membres du Sénat américain n'ont pas réussi à trouver un compromis jeudi soir sur un soutien aux constructeurs automobiles. "Nous n'avons pas été en mesure de franchir la ligne d'arrivée", a déclaré le chef de la majorité démocrate Harry Reid, après de longues heures passées à négocier avec un noyau dur de sénateurs républicains qui refusaient de sauver General Motors (GM), Chrysler et Ford avec des fonds publics.

La pression s'était pourtant renforcée sur eux après que GM eut reconnu dans la journée avoir embauché des conseillers juridiques et des banquiers pour se préparer "à toutes les éventualités", y compris celle d'un dépôt de bilan.La Chambre des représentants avait pour sa part adopté dès mercredi ce plan de crédit de 14 milliards de dollars en faveur des constructeurs.
La chute de l'un des trois "grands" aurait des conséquences catastrophiques pour la première économie du monde, dont 2,2 millions d'emplois dépendent de l'industrie automobile, mais aussi chez ses principaux partenaires commerciaux.

Face à l'aggravation des perspectives économiques, les pays industrialisés multiplient les plans de relance.

Le Premier ministre japonais Taro Aso a annoncé de nouvelles mesures pour 192 milliards d'euros après un premier plan de 224 milliards fin octobre. Il a déclaré que 10.000 milliards de yens (85 milliards d'euros) allaient être consacrés à des mesures fiscales, incluant des réductions d'impôts pour les propriétaires immobiliers, et une autre enveloppe de 13.000 milliards de yens (107 milliards d'euros) pour venir en aide aux entreprises en difficultés.
"La situation économique est pire que ce qu'on attendait", a dit le Premier ministre. "Nous allons donc prendre des mesures". Le Japon a subi une contraction de son activité économique de 0,5% au troisième trimestre, après une réduction du PIB de 1% au deuxième trimestre.

A Bruxelles, les dirigeants européens réunis en sommet se sont mis d'accord sur l'objectif d'un plan de relance "d'environ 1,5% du PIB" de l'UE, soit 200 milliards d'euros, qui devra toutefois tenir compte "de la situation de chacun". Ils étaient également proches d'un accord sur un programme de réductions des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, un plan qui devrait cependant comporter d'importantes dérogations pour les secteurs industriels menacés par la crise et la concurrence internationale.

Les annonces de plans sociaux semblent sans fin: Bank of America, la plus grande banque des Etats-Unis compte supprimer de 30.000 à 35.000 postes dans les trois ans, à la suite de sa fusion prévue avec la banque d'affaires Merrill Lynch. L'équipementier franco-américain en télécoms Alcatel-Lucent veut supprimer environ 1.000 postes de cadres et réduire de 5.000 le nombre de ses sous-traitants. La filiale française du laboratoire pharmaceutique américain Pfizer prévoit elle un plan de départs de 700 salariés en 2009.

Côté statistiques, la production industrielle a encore reculé en octobre dans la zone euro, de 1,2% comparé au mois précédent et de 5,3% sur un an. Le PIB français devrait baisser de 0,7% au quatrième trimestre, avec une croissance sur l'année de 0,8%, estime la Banque de France dans son enquête mensuelle de conjoncture. La Russie elle se trouve déjà en "récession", selon le vice-ministre du Développement économique Andreï Klepatch.

(avec agences)