Focus Automoto : Mazda MX-5, comment le n°1 des roadsters entretient la passion ?

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Mazda MX-5 1990, 1998, 2005 et 2014
Par Aurélien Matysek - Agence CReaFeed|Ecrit pour TF1|2016-11-15T18:35:50.852Z, mis à jour 2016-11-18T14:58:22.203Z

La Mazda MX-5 (ou Miata) fait partie du club très fermé des voitures qui marquent l’histoire. Peu importe le modèle, elle provoque toujours l’excitation et l’envie d’enchaîner les virages. Au moment où sort une version coupée à toit rétractable, voici les étapes qui ont rendu ce modèle fascinant.

C’est le cabriolet sportif deux places le plus vendu au monde, performance certifiée par l’officiel Guinness World Records (http://www.guinnessworldrecords.com/world-records/best-selling-car-two-seater-sports). La Mazda MX-5 a déjà gagné sa place dans l’histoire de l’automobile. Depuis avril 2016, Mazda peut se vanter d’avoir vendu un million de MX-5. Un tel chiffre pour une voiture de niche n’est pas anodin. Vingt-sept ans et quatre générations ont été nécessaires pour parvenir à ce résultat. Car si la Miata – son nom américain - approche déjà les trente ans, elle traverse les décennies avec un charme intemporel et une impressionnante continuité.


La genèse

Les origines de la MX-5 - pour "Modèle d’eXpérimentation numéro 5" - ne sont pas des plus communes. L’idée d’un petit roadster a été soufflée en 1976 par un journaliste automobile américain : Bob Hall. Il incita alors Gai Arai et Kenichi Yamamoto à lancer une petite sportive peu coûteuse, décapotable, deux places, sur le modèle des anciennes stars britanniques des années 60/70. Si l’idée n’a pas tout de suite séduit le responsable de la recherche et du développement et le directeur général du constructeur japonais, l’embauche du journaliste, devenu ingénieur, a permis à l’histoire de s’écrire en 1981. Huit années d’étude et de compétition entre les bureaux de design de la marque ont permis de lancer, en 1989, la première Miata que nous connaissons.

Au salon de Chicago, où le véhicule est présenté pour la première fois, la partie n’est pas gagnée d’avance. Mazda ne possède pas de forte renommée hors du Japon et son pari porte sur un marché secondaire. La MX-5 doit en premier lieu s’attaquer au sol américain pour contrer les petits cabriolets anglais et italiens, une grande ambition en soi.

La Mazda MX-5 au Salon de Francfort dans l'émission Automoto du 17 septembre 1989 :


Mazda MX-5 Salon Tokyo 1989 Automoto

Succès immédiat

L’apparition de la MX-5 première génération - nom de code : NA - a le premier mérite de relancer la mode des roadsters dans les années 90. Les répliques de la concurrence arrivent rapidement. BMW a lancé son Z3 en 1995. La MG F apparait la même année. L’esprit répond parfaitement aux attentes du public ciblé. Proposée avec une capote en toile ou un hardtop (toit rigide), la Miata s’appuie sur sa jolie bouille faite de feux escamotables. Ses sources d’inspiration : les Lotus Elan, Alfa Romeo Spider, Triumph Spitfire voire la très exclusive Ferrari 275 GTB. « Pour un budget modeste, c’est un jouet à la ligne d’une Lotus Elan des années 60 et à la technologie japonaise d’aujourd’hui », affirmait un reportage du journal de TF1 en 1989.

Cette première Miata ajoute à ses jolies courbes un comportement idéal pour s’échapper cheveux au vent sur de petites routes. Sa position de conduite, sa configuration propulsion et sa répartition équilibrée des masses poussent n’importe quel conducteur à se prendre pour un pilote en herbe. Tout est fait pour qu’elle soit la plus légère et simple possible. Son poids d’environ 950 kg et sa boite de vitesses précise parviennent facilement à faire oublier sa faible puissance (90, 115 ou 130 chevaux). Véritable succès aux Etats-Unis, elle conquiert rapidement l’Europe.

La deuxième génération de Mazda MX-5, lancée en 1998


Mazda MX-5 1998

Deux et trois générations au compteur

La deuxième version de la MX-5 (NB) apparaît en 1998, presque dix ans après la première. Elle devient légèrement plus lourde (1.025 kilos) car Mazda souhaite alors répondre aux critiques ciblant la NA. L’amélioration du confort justifie la prise de poids. Sa puissance est aussi revue à la hausse avec un 1,8 litre passant de 110 à 146 chevaux. A partir de ce deuxième modèle, cependant, les phares qui faisaient tout le charme du modèle initial n’ont pas été reconduits. Assagie, affaiblie sur le plan aérodynamique, cette MX-5 NB ne sera pas la plus aimée des quatre générations.

La troisième génération de Mazda MX-5, lancée en 2005


Mazda MX-5 2005

La troisième mouture, en 2005, retrouve des formes. Finie la rigolote première Miata, la MX-5 NC s’affirme. Elle s’émancipe tout simplement de son statut de jouet. Le regard devient incisif et les passages de roues se musclent. L’écurie passe de 126 à 160 équidés. La MX-5 prend encore quelques kilos en se parant de nouveaux équipements pour tabler à 1.075 kilos. En profitant des aides à la conduite de l’époque, la Miata NC aide à ne plus tomber dans les travers de la glisse.


2015, maturité et masculine

Depuis 2015, la quatrième version "ND" est disponible en concession. Son regard s’est encore plus affirmé. Le modèle gagne clairement en virilité. La Miata ND se veut encore plus basse, plus courte et plus large. "Ce qu’on veut faire c’est rendre les gens heureux", affirme Nobuhiro Yamamoto, responsable du programme MX-5, au magazine EVO, "elle doit être amusante à conduire, c’est l’idée principale. Ça a toujours été comme ça depuis 25 ans et ça restera la priorité absolue pour ce modèle."

Un petit quatre-cylindres et une transmission manuelle précise, combinés à une position de conduite typée course, assurent la permanence du fun. Sa fidélité au "light is right" de l’ingénieur britannique Colin Chapman (environ 1 tonne) et son tarif toujours aussi abordable (dès 25.300 euros) prouvent que Mazda souhaite préserver son ADN. Les nombreux fan-clubs du monde entier viennent de reprendre de l’activité pour quelques années. Ils sont pour beaucoup dans le rayonnement planétaire du modèle, selon Masamichi Kogai, directeur représentatif, président et PDG de Mazda Motor Corporation. "Si le succès commercial du MX-5 ne s’est pas démenti au fil du temps, depuis le modèle d’origine jusqu’à sa quatrième génération aujourd'hui, c’est avant tout grâce au soutien indéfectible de ses fans dans le monde entier. »


LA voiture plaisir ?

Si vous restez dubitatif sur la dernière version, vous pouvez toujours jeter un coup d’œil sur la séduisante nouvelle variante baptisée RF - pour retractable fastback - dès 27.800 euros. Il s’agit d’une version coupée du roadster avec la possibilité de décapsuler le toit façon Porsche 911 Targa. 

La MX-5 doit réussir à toujours faire vivre des sensations de conduite sportive au passionné, pour le prix d’une Peugeot 308. Inciter à remplacer votre berline compacte pour un tel jouet ne serait pas cohérent à la vue du peu d’espace qu’elle propose. En revanche, avec un tarif en occasion autour des 5.000 euros pour les premiers crus, la voiture-plaisir n’a jamais été aussi accessible.