Mitsubishi i-MiEV : première électrique en Europe ?

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Photo 1 : Mitsubishi i-MiEV : l’électricité avant les autres
Par Said EL ABADI|Ecrit pour TF1|2009-11-04T16:31:00.000Z, mis à jour 2009-11-04T16:31:00.000Z

Mistsubishi devrait être le premier constructeur généraliste à commercialiser une voiture électrique en Europe. La Mitsubishi i-MiEV, citadine de 4 portes et 4 places sera normalement disponible dans un peu plus d'un an. Nous l'avons essayée en avant-première.


Pour ce faire, Mitsubishi a mis à notre disposition un modèle directement importé du Japon où sa commercialisation a débuté en juillet dernier. C’est la raison pour laquelle le poste de conduite est situé à droite. Mais avant toute chose, nous avons souhaité savoir s’il n’était pas encore un peu tôt pour commercialiser une telle voiture. C’est la question que nous avons posée à Daniel Nacass, responsable des relations publiques de Mitsubishi Europe :« C’est plus que jamais le bon moment pour sortir une voiture électrique. Il y a une vraie prise de conscience environnementale. Le réchauffement climatique est là, il y a de moins en moins de gens pour le contester. S’il y a bien une industrie qui doit être à la pointe dans ces domaines, c’est l’industrie automobile. » Et preuve que les constructeurs ne sont pas à la traîne, deux petites heures seulement après avoir pris le volant, nous étions déjà enchantés par les performances de cette i-MiEV…


Comme sur toute voiture électrique, le démarrage s’effectue dans le plus grand silence et la 1ère accélération se veut plutôt énergique. Il faut dire que les 47 kW proposés, soit l’équivalent de 64 ch, sont immédiatement disponibles, à la différence d’un moteur thermique qui nécessite de monter dans les tours pour profiter pleinement de la puissance. De plus, comme la i-MiEV ne dispose que de deux vitesses, en l’occurrence la marche avant et la marche arrière, sa conduite est d’une grande simplicité. De quoi se sentir pousser des ailes, d’autant que l’auto est capable de filer jusqu’à 130 km/h, si nécessaire. Néanmoins, la grande souplesse de ses suspensions, couplée à une hauteur de caisse importante, a pour effet d’engendrer de larges mouvements de caisses lorsque la vitesse de passage en courbe augmente. Rien de bien méchant si l’on part du principe que l’i-MiEV se cantonnera à un usage strictement urbain. Par ailleurs, nous avons apprécié sa maniabilité, son confort et la possibilité d’opter pour 3 types de conduite bien distincts : Eco, Drive ou Boost, allant du moins énergivore au plus performant. Dommage que nous n’ayons pas pu en profiter plus longtemps. En effet, les essais s’étant enchaînés durant cette journée, notre batterie n’avait pas pu être rechargée à 100% et, par conséquent, nous n’avons pas pu bénéficier des 140 km d’autonomie annoncés.

Mais qu’importe, nous sommes arrivés à bon port. L’occasion de tester le système de recharge de cette i-MiEV, qui ne demande qu’à être reliée à une prise 220 volts pour se refaire une santé. Dès lors, 7 heures sont nécessaires pour recharger intégralement les batteries ou seulement 30 min à 80% sur une borne spécifique. Encore faut-il trouver une prise électrique et être autorisé à s’en servir. Et c’est là que le bas blesse, car si les constructeurs automobiles sont prêts, les infrastructures de recharges, sont pour l’heure quasi inexistantes. « En parallèle, il faudrait que les pouvoirs publics et les sociétés d’énergie des différents pays se penchent sur les problèmes d’infrastructure. On ne se pose plus la question de l’infrastructure pour les voitures à moteur thermique puisqu’il y a des milliers de station-service ! Pour les voitures électriques, il faut créer cette infrastructure, mais c’est un débat qui nous (les constructeurs) dépasse, sur lequel on peut avoir une influence, mais dont nous n’avons pas la maîtrise » explique ainsi Daniel Nacass.


Pour l’heure l’i-MiEV est vendue l’équivalent de 30 000 euros au Japon, mais à en croire Mitsubishi son tarif sera revu à la baisse lors de son arrivée en Europe en 2010. Selon nos estimations, et compte-tenu du faible kilométrage (sans doute moins de 10 000 km par an en usage urbain) attendu pour un tel véhicule, une commercialisation supérieure à 16 000 euros (moins 5 000 euros de bonus) n’aurait aucun attrait pour le consommateur, si ce n’est celui de ne rejeter aucun gramme de CO2. Pas sûr que cela suffise à convaincre de futurs acheteurs de faire le grand saut !

Notez que pour cette estimation, nous avons opposé la Mitsubishi i-MiEV à une Peugeot 107 dans ses versions 1.4 diesel HDi 54 ch (11 650 euros moins 700 euros de bonus) et 1.0 essence 68 ch (9 250 euros moins 700 euros de bonus). En tenant compte du prix moyen des carburants, de l’électricité et de la consommation des véhicules, nous avons découvert que le coût pour 10 000 km était d’environ 140 euros pour l’i-MiEV, de 450 euros pour la 107 diesel et de 580 euros pour la 107 essence. Des différences au bout du compte trop faibles pour compenser l’écart de prix de vente initial.