MotoGP : à 37 ans, Valentino Rossi semble plus fort que jamais

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Valentino Rossi (Yamaha)
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2016-07-07T14:24:16.130Z, mis à jour 2016-07-07T14:25:14.972Z

En lutte pour remporter un nouveau titre en MotoGP, l'Italien, qui a toujours énormément de talent et beaucoup d'expérience, a aussi changé certaines choses dans sa préparation et son entourage.

Il a 37 ans et il semble toujours aussi fort, voire plus encore que par le passé. Actuellement 3e de la saison 2016 de MotoGP, Valentino Rossi est en lutte pour décrocher une 10e couronne mondiale et écrire un peu plus l'histoire de sa discipline. Mais comment expliquer une telle rapidité après déjà 20 ans de carrière ? La rédaction d'Automoto se plonge dans les secrets du grand champion transalpin.

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Un palmarès stratosphérique

Les chiffres parlent d'eux-même. Rossi, c'est une histoire qui a démarré en 1996, à l'âge de 17 ans. Aujourd'hui, le Doctor compte neuf titres de champion du monde, dont sept décrochés dans la catégorie reine. Il a disputé 338 courses avec 114 victoires, 215 podiums, 63 pole positions et 95 meilleurs temps au tour, que ce soit en 125 cm3, en 250 cm3 ou en 500 cm3 (aujourd'hui MotoGP).

Seuls Giacomo Agostini et Angel Nieto, deux légendes qui ont ébloui les années 1960-1970 par leur incroyable talent, ont un palmarès plus garni. Mais à l'époque, les pilotes pouvaient courir dans des catégories différents lors de la même saison. C'est dire tout le chemin parcouru par le pilote au célèbre n°46.


L'expérience à tous les niveaux

A sa lecture, ce palmarès long comme une ligne droite de circuit est impressionnant. Mais il témoigne aussi de toute l'expérience du maestro. En 20 ans de carrière, Rossi, qui a démarré chez Aprilia, est également passé Honda, Yamaha et Ducati, le trio magique. A chaque fois, il a du s'adapter à une nouvelle machine, avec plus ou moins de succès. Surtout, c'est sa connaissance pointue sur le facteur pneumatique qui lui donne aujourd'hui un certain avantage sur ses principaux rivaux.

Le principal intéressé l'a d'ailleurs explique après sa victoire à Jerez (Espagne) au début de la saison. « J'ai grandi dans les années 2000 avec Michelin (qui est redevenu le manufacturier unique en 2016) et cette marque m'est très familière, tandis que quand Bridgestone est arrivé, j'étais déjà à un stade avancé de ma carrière, avec mes habitudes et mes préférences ».


La moto, une passion avant tout

Si l'expérience est un atout indéniable, elle ne fait pas tout. Pas chez Rossi en tout cas. Le fantasque italien est avant tout un grand passionné et il veut faire partager cet amour pour les deux-roues. Quand il le peut, le Doctor s'amuse dans son ranch, bâti entre le village de Tavullia et le circuit de Misano, sur un terrain acheté par le père du Docteur. Un endroit qui sert aussi de lieu d'entraînement aux pilotes de la VR46 Academy, un programme monté en 2014 par l'Italien pour former des jeunes talents.

Un partenariat officiel avec Yamaha a même été signé entre les deux entités avec notamment la fourniture de 26 modèles issus des séries R et YZ. De quoi faire le bonheur de Rossi pour son meilleur ami, Uccio (Alessio Salucci de son vrai nom), qui le suit depuis ses débuts, « Je vois la lumière dans ses yeux quand il s'entraîne avec les petits (…) Vale a trouvé des adversaires dignes celui pour ses entraînements à moto. Il y a quatre ou cinq, il n'avait pas vraiment d'adversaires quand il allait au Ranch ou quand il était sur la piste à Misano », déclare-t-il dans une interview accordée à nos confrères de Motorsport en juin dernier.


Une revanche à prendre

Pilote d'expérience et grand amoureux de son sport, Rossi est avant tout un compétiteur. Parfois même un peu trop. Son accrochage avec son rival Marc Marquez (Honda) lors du Grand Prix de Malaisie l'an dernier a fait le tour du monde et a pourri la fin de saison. Nombreux ont été les autres pilotes et spécialistes à pointer du doigt le comportement de l'Italien, qui s'est toujours défendu d'avoir poussé l'Espagnol avec le pied tout en l'accusant d'avoir faussé le championnat en favorisant Jorge Lorenzo, son coéquipier chez Yamaha.

Depuis, les relations entre les deux hommes se sont apaisées avec une merveilleuse poignée de main à Barcelone le mois dernier, lors d'un week-end malheureusement marqué par le décès de Luis Salom. Un geste fort qui n'efface pas tout entre les deux hommes, dont la relation est à reconstruire. « Je lui ai dit : 'cette chose-là, on ne l'oubliera jamais'. Je lui ai dit qu'il fallait que l'on vive avec, qu'on la laisse de côté, dans un petit coin de notre cerveau, sans en faire quelque chose de trop gros. On ne l'oubliera pas, mais on va de l'avant », confie d'ailleurs Uccio à ce sujet, toujours pour Motorsport.


Valentino Rossi (Yamaha) et Marc Marquez (Honda)


L'entourage, la clé de tout

Revanchard, Rossi l'est donc forcément. Mais pour triompher de nouveau et marquer un peu plus sa légende, il dispose aussi d'une force que très peu de champions ont en eux : la capacité à fédérer des hommes autour du pilote. Demandez à Ayrton Senna et Michael Schumacher en Formule 1 ou encore Sébastien Loeb en rallye, qui ont su avoir leur propre staff avec les succès que l'on connaît. L'Italien sait lui s'entourer et n'hésite pas à changer les choses pour repartir de l'avant.

Cette année, il n'a pas hésité à intégrer un ancien pilote, Luca Cadalora, dans son équipe. Les deux hommes ont 16 ans d'écart, ont croisé le fer à deux reprises en 2000, mais semblent se connaître depuis toujours. « Nous nous sommes rencontrés l'année dernière à Misano. Il m'a demandé de passer un jour en piste et on a parlé de la moto, de la course, raconte l'Italien de 53 ans sur le site officiel du MotoGP. On a immédiatement eu un bon feeling et on a commencé à parler de la possibilité de faire quelque chose ensemble ».

Ce « quelque chose ensemble », c'est l'obtention du 10e titre. Un graal que Rossi souhaite atteindre après avoir mis toutes les chances de son côté. Mais pour y parvenir, il faut aussi avoir un ingrédient évident et qui n'est pas donné à tout le monde : le talent. Et le pilote de la machine n°46 en a à revendre.

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