MotoGP – GP d’Allemagne 2016 : Pour gagner, Marquez a été plus rusé que tout le monde

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Marc Marquez (Honda) lors du Grand Prix d'Allemagne 2016
Par Julien PEREIRA|Ecrit pour TF1|2016-07-18T09:36:47.468Z, mis à jour 2016-07-18T09:45:17.766Z

Grâce à une vraie prise de risque et un rythme de folie en deuxième partie de course, Marc Marquez (Honda) a empoché une septième victoire consécutive au Grand Prix d’Allemagne. Ses rivaux, Valentino Rossi et Jorge Lorenzo (Yamaha) n’ont pas eu la même intelligence que lui.

Marc Marquez a prouvé que les courses MotoGP peuvent aussi se gagner en amont. L’Espagnol a tiré profit d’une stratégie pneumatique audacieuse, mise au point avec son équipe avant la manche allemande, pour conserver son invincibilité au Sachsenring.


Pourtant, tout avait mal débuté pour le double champion du monde.  Pour débuter la course sur piste humide, le prodige de Cervera n’a voulu prendre aucun risque. Il a simplement calqué son choix de gommes sur ceux de ses rivaux, Valentino Rossi et Jorge Lorenzo. "J’ai commis une erreur. Initialement, je voulais utiliser le pneu "tendre", mais lorsque j’ai vu Jorge et Vale opter pour l’extra-tendre, j’ai décidé de les suivre", a-t-il admis en conférence de presse. 


Une option qui lui a coûté une énorme frayeur dans le bac à graviers et 8 positions au classement, puisqu’il s’est alors retrouvé 9e après être parti de la pole position.

Une idée de génie, et un spectacle de folie

Heureusement, la décision prise par le pilote de 23 ans pour la deuxième partie de course a complètement changé la donne. Sa RC 213V abhorrant les gommes "intermédiaire" de Michelin, pourtant idéales sur piste mouillée, le leader de la HRC a décidé de chausser sa deuxième moto de pneus slicks. Au moment où Marquez est entré aux stands, à la fin du 17e tour, l’idée semblait farfelue. Voire suicidaire, le tracé étant encore bien imbibé d’eau. 


Mais le Catalan a vite prouvé que la stratégie était audacieuse. En l’espace de six tours, le Catalan a amélioré son chrono de près de 8 secondes, remontant toute la grille, et donnant même l’impression que ses rivaux roulaient au ralenti.

Les Yamaha Boys ont perdu 

Ses principaux concurrents pour le titre, Valentino Rossi et Jorge Lorenzo (Yamaha Factory), respectivement 8e et 15e au classement, n’ont pas eu la même clairvoyance. L’Italien a (trop) retardé son passage aux stands, ne rentrant qu’au 23e tour, alors que Yamaha lui avait conseillé un changement de moto beaucoup plus précoce


Le champion du monde en titre, lui, a peiné toute la course. Et il a pris la pire décision en effectuant son changement au ... 24e tour. "Je ne pensais pas que la piste sécherait et je n’ai pas anticipé la possibilité de ressortir en slicks. Nous n’avons pas bien préparé cette manche". 

D’autres ont été plus perspicaces, comme Cal Crutchlow (Honda LCR), deuxième, ou Scott Redding (Ducati Pramac). Le Britannique a laissé échapper le podium au profit d’Andrea Dovizioso (Ducati Team) dans les derniers virages. Les pilotes Yamaha, eux, ont peut-être dit adieu au titre. Au grand bonheur de Marquez.