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Nicolas Sarkozy défend le plan de soutien européen à l'automobile

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Sarkozy
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2009-02-27T09:19:00.000Z, mis à jour 2009-02-27T09:19:00.000Z

Le président de la République s'est montré déterminé jeudi à obtenir un plan global de soutien à l'automobile au niveau européen, à quelques jours de la réunion des chefs d'Etats et de gouvernement de l'UE.

"Je veux obtenir un plan de coordination" de la Commission européenne, "un plan global de soutien" à l'industrie automobile en Europe, a redit le chef de l'Etat lors d'un déplacement dans l'Ain. "C'est quand même malheureux que ce ne se soit pas fait", a-t-il insisté, lors d'une table ronde avec des professionnels de la filière, à Saint-Vulbas.

Le président a précisé qu'il soulèverait de nouveau cette question lors de la réunion informelle des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE qui se tient dimanche à Bruxelles. La France avait annoncé le 9 février dernier un plan d'aide à l'industrie automobile, durement touchée par la crise économique.Selon le président, la production d'automobiles en France était de 3,1 millions en 2004 et de seulement 2,1 millions en 2007. 7,8 milliards d'euros d'aides ont été alloués à la filière pour aider le secteur à sortir de la crise, dont 6 milliards de prêts à taux préférentiels pour Renault et PSA Peugeot Citroën, en contrepartie d'engagements sur le maintien de la production en France.

Paris avait aussitôt été soupçonné de "protectionnisme" par Bruxelles et d'autres pays européens, notamment la République tchèque et la Slovénie, qui hébergent chacune une usine PSA. Mais depuis, d'autres pays de l'UE ont eux aussi adopté un plan automobile. Ce qui a d'ailleurs fait dire jeudi au président Sarkozy, lors de la visite d'une usine de l'équipementier automobile Plastic Omnium-Sygmatec, que les Français, qui avaient été "les premiers au monde" à faire un plan de sauvetage de l'automobile, "ont été critiqués partout, mais (que) maintenant les autres nous imitent".

Mercredi, Bruxelles a de nouveau lancé un avertissement aux pays de l'UE contre toute mesure protectionniste. La Commission européenne a décidé d'examiner à la loupe six plans nationaux d'aide à l'automobile en France, Espagne, Italie, Suède, Allemagne et au Royaume-Uni. Bruxelles demande notamment à la France de s'expliquer sur l'obligation qu'ont les entreprises bénéficiaires du plan français de ne pas fermer d'usine en France. Une demande similaire a été faite à l'Espagne.

"J'espère que la Commission va réagir et comprendre qu'il y a autre chose à faire pour l'automobile que d'examiner simplement la compatibilité des aides d'Etat avec les règles du marché", a martelé M. Sarkozy. "L'industrie automobile européenne, il faut la sauver (...) Il faut coordonner tout cela", a-t-il dit, soulignant que "l'Europe est faite pour protéger".

Nicolas Sarkozy s'est également félicité de la "stratégie économique" générale de la France pour faire face à la crise. "Nous n'avons pas fait d'erreurs. On a fait le plan banque, le plan auto, le plan relance, et ils (les autres pays européens) nous suivent", a-t-il dit. S'en prenant à ceux qui, dans l'opposition, critiquent ces mesures, M. Sarkozy a plus spécifiquement visé "la dame qui s'agite en Guadeloupe", faisant allusion à l'ex-candidate PS à la présidentielle Ségolène Royal.

"Ce sont les délocalisations, pas les décisions de l'Etat, qui remettent en cause les emplois industriels", a insisté le président. Et "tous ceux qui me font des ennuis feraient bien de faire des propositions car ce ne sont pas les critiques qui vont créer des emplois", a-t-il affirmé.