Nissan X-Trail FCV : le futur au banc d'essai

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Nissan X-Trail FCV : le futur au banc d’essai
Par etf1|Ecrit pour TF1|2008-09-12T17:03:00.000Z, mis à jour 2008-09-12T17:03:00.000Z

Sept ans avant sa probable commercialisation, nous avons pris le volant du Nissan X-Trail FCV, un prototype fonctionnant à l'hydrogène, en plein Paris !

3 à 5 minutes pour un plein d’hydrogène

Vous ne le savez peut-être pas, mais les hautes instances internationales recommandent une baisse de 70% des rejets de CO2 d’ici 2050, afin d’essayer de sauver ce qui peut encore l’être. Cela induit évidemment un changement de comportement des consommateurs mais aussi et surtout des constructeurs automobile. A cet effet, Nissan prévoit de commercialiser une voiture fonctionnant à l’hydrogène en 2015. Une technologie que nous avons pu essayer en exclusivité au volant du concept X-Trail FCV, dans les rues de Paris. Et cela commence par le traditionnel passage à la pompe. "Aujourd’hui, faire le plein d’un véhicule à hydrogène comme celui-ci est assez simple. Nos équipes ont développé des technologies innovantes qui permettent de faire le plein de façon sûre, fiable et aussi rapide que nous le faisons avec des carburants classiques. Le service s’effectue de la même façon qu’à l’aide d’une pompe traditionnelle, sauf qu’il ne s’agit plus d’un pistolet mais d’un connecteur. Une fois relié au véhicule, ce dernier permet de remplir son réservoir avec de l’hydrogène avec un débit de 1 kg par minute. Le plein d’un véhicule tel que le Nissan FCV est ainsi effectué en 3 à 5 minutes, en toute sécurité" explique ainsi Dominique Bernal, directeur des technologies avancées d’Air Liquide.

Objectif : réduire les coûts

Mais au fait, comment fonctionne le Nissan X-Trail FCV ? Eh bien, il s’agit d’un modèle équipé d’une pile à combustible. Alimentée en hydrogène, cette dernière fournit du courant (grâce à une réaction chimique) à un moteur électrique chargé d’entraîner le véhicule. Son avantage est de ne rejeter que de la vapeur d’eau… Exit donc toute trace de CO2… Reste que si cette solution est évidemment intéressante, elle demande aujourd’hui d’énormes investissements (la mousse de platine utilisée est extrêmement chère). La pile à combustible de ce concept vaut par exemple 270 000 euros à elle seule ! En réponse à cela, Pascal Schmitt, Directeur Général de Nissan France, estime qu’"Il est difficile de faire une comparaison par rapport au coût actuel car, aujourd’hui, nous en sommes encore à l’étape du prototype. Tout coûte forcément beaucoup plus cher. Mais, il est clair que l’offre de véhicule à hydrogène devra être compétitive sur le marché. C’est fondamental ! A partir de là, nous serons capables d’offrir un véhicule dans les mêmes gammes de prix que tout autre véhicule. C’est de toutes les façons une technologie dont on aura besoin pour être en rupture et protéger la planète."

Une technologie sans danger, sous certaines conditions

Ceci étant, il faudra tout de même convaincre les automobiliste qu’ils ne prendront pas plus de risques à bord d’une auto fonctionnant à l’hydrogène qu’au volant d’un véhicule traditionnel. Et c’est là, sans doute, l’un des points les plus difficiles à gérer pour les constructeurs car, malgré toutes leurs précautions et la résistance de leur technologie aux crash-tests, ils restent tributaires de l’environnement dans lequel évoluent leurs modèles… "L’hydrogène, comme tous les carburants, présente un certain nombre de risques. Il y a des risques d’inflammabilité (en présence d’oxygène !), et cela est valable pour tous les carburants, mais aussi des risques qui sont spécifiques à l’hydrogène, notamment le fait que ce soit un gaz et qu’il faille le stocker sous haute pression. Ces risques, aujourd’hui dans l’industrie, on les maîtrise parfaitement ! Néanmoins, l’hydrogène présente l’avantage, dans certains cas, d’être un gaz extrêmement léger. Il a donc tendance à s’évacuer vers le haut très rapidement. C’est une caractéristique très intéressante lorsque l’on est à l’extérieur, puisque dans le cas d’une fuite (provoquée par un accident, par exemple), l’hydrogène se volatilise trop vite pour qu’une quelconque réaction (le mélange oxygène/hydrogène est très explosif) ne soit possible au contact de l’oxygène. Par contre, lorsque l’on se trouve à l’intérieur, comme dans un parking, il va falloir éviter tous les risques d’accumulation de l’hydrogène, par des ventilations et des extracteurs d’airs adéquats, de manière à pouvoir faire sortir l’hydrogène d’un lieu fermé et confiné." nous confie Bernard Lledos, Directeur de la communication scientifique Air Liquide.

Du rêve à la réalité

En attendant, le X-Trail FCV que nous avons essayé s’est montré largement à la hauteur de nos attentes. Grâce à son couple disponible immédiatement et son silence de fonctionnement, il offre un très grand confort de conduite. Mais le plus impressionnant, c’est sans doute de voir que Nissan possède dès à présent un véhicule aussi abouti. Difficile, en effet, de faire la différence entre notre prototype et un véhicule de série. Il faudra pourtant encore attendre près de 7 ans avant de pouvoir acheter une telle auto. Les plus pressés pourront toujours se rendre au Japon, où certains taxis utilisent déjà des X-Trail fonctionnant à l’hydrogène.

Fiche technique

Modèle : Nissan X-Trail FCV
Type : Concept-car
Moteur : électrique - pile à hydrogène
Puissance : 90 kW soit 123 ch
Vitesse : 150 km/h
Autonomie : 500 km
Emissions de CO2 : aucune
Prix estimé : environ 300 000 euros.