Opel laché par General Motors

Voir le site Automoto

Photo 19 : Essai Opel Insigna : la belle affaire
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2009-02-19T16:09:00.000Z, mis à jour 2009-02-19T16:09:00.000Z

Le constructeur américain General Motors a finalement ouvert la porte à l'indépendance à sa marque allemande Opel, mais celle-ci ne pourrait survivre qu'en nouant des alliances, estiment les analystes.

La direction de la filiale européenne de GM a annoncé mercredi qu'elle était prête à trouver des partenaires, voire à la participation d'un tiers. Jusque là, GM affirmait pourtant que l'allemand n'était pas à vendre. Les syndicats d'Opel réclamaient, eux, son indépendance. Mais entre-temps, la situation de GM s'est aggravée, en pleine négociation sur une aide publique en échange de restructurations massives. Dans plusieurs pays, l'américain quémande les deniers publics. C'est aussi le cas en Allemagne.

Parallèlement, il veut économiser plus d'un milliard d'euros en Europe et supprimer des milliers d'emplois. Mais ces mesures compliquent la position de gouvernements soucieux de ne pas fâcher l'opinion en tendant la main à une compagnie qui licencie. D'où la multiplication des déclarations ces derniers jours, de la part de GM comme des politiques. "GM ne dit pas quelle usine il va fermer, il ne dit pas comment il va économiser 1,2 milliard d'euros en Europe. C'est un jeu de poker: il veut le soutien des gouvernements et, en fonction de cela, il sera prêt à discuter" des suppressions d'emplois, expliqué Stefan Bratzel, expert automobile interrogé par l'AFP.

Plusieurs analystes doutent d'ailleurs de la réelle volonté de GM de se séparer d'Opel. "Je ne crois que GM le veuille vraiment", dit à l'AFP Jürgen Pieper, de la banque Metzler. Mais tous ont aussi appris qu'avec GM, tout peut aller vite. Il suffirait par exemple que le gouvernement américain cesse de le secourir, selon M. Pieper. Avec GM, "on doit toujours être préparé au pire", avance Rainer Einenkel, responsable du comité d'entreprise de l'usine de Bochum (ouest), dans un entretien avec la radio NDR-Info.

Plusieurs scénarios sont alors envisageables : selon des sources interrogées par l'AFP, sont entre autres évoqués une participation de l'Etat allemand et un partenariat stratégique. Car un constat fait l'unanimité auprès des analystes et des syndicats : Opel est trop petit pour survivre seul. Ses ventes ont chuté de 10% l'an passé à 1,5 million de voitures. D'après les estimations de M. Pieper, le constructeur va subir une perte d'"au moins 1 milliard d'euros" cette année. Reste à trouver un partenaire. L'Etat allemand refuse de se prononcer tant que GM ne lui aura pas fourni un "concept viable" pour la poursuite des activités. Quant à s'adosser à un autre constructeur, "la chance la plus réaliste est un constructeur asiatique", juge l'analyste de Metzler Bank.

Quand les concurrents européens pourraient être découragés par les difficultés d'Opel, un chinois pourrait y voir la possibilité de s'implanter sur le Vieux Continent. "Cela aurait une logique industrielle", note M. Bratzel. Pas sûr cependant que GM soit prêt à voir un concurrent chinois s'emparer de parts de marché en Europe, ni même que le gouvernement allemand soit enthousiasmé à l'idée de céder une marque de tradition, créée au XIXe siècle, à une entreprise asiatique.

Un dernier scénario est alors envisagé, celui d'une faillite pure et simple d'Opel. "Ou bien Opel est une entreprise saine et elle va trouver un investisseur étranger. Ou bien elle n'est plus concurrentielle et doit être fermée", écrit sur le site internet du quotidien Handelsblatt le président de l'institut ZEW, Wolfgang Franz.

(avec agences)