Peugeot RC HYbrid4 : Retour vers le futur

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Photo 48 : Peugeot RC HYbrid4 : le futur à portée de main
Par etf1|Ecrit pour TF1|2008-12-26T11:03:00.000Z, mis à jour 2008-12-26T11:03:00.000Z

Peugeot nous a invité tout un après-midi pour découvrir plus en détail leur concept RC HYbrid4, l'une des stars du dernier Mondial de Paris.

Dans un simple garage

De l’extérieur, le centre de design du groupe PSA Peugeot-Citroën ressemble à un grand centre commercial sans marque ni enseigne, une sorte d’immense paquebot planté au bord de la route Nationale 118, à Vélizy (au Nord Ouest de Paris). C’est pourtant là, dans cette enceinte que l’on appelle l’ADN (Automotive Design Network), que sont dessinés et créés les nouveaux modèles de la marque au Lion. Un lieu hautement confidentiel, où seuls les salariés et quelques invités triés sur le volet ont le droit de déambuler. Autant dire que notre venue est des plus contrôlées, d’ailleurs il nous aura fallu près de 20 minutes pour franchir le premier poste de sécurité, et bien que nous soyons attendus…



Mais qu’importe, notre bonheur est désormais à portée de main. Derrière les murs de ce qui ressemble à un simple entrepôt se cache l’objet de notre visite : la Peugeot RC Hybrid4 ! Le temps de gravir quelques étages à bord d’un ascenseur dimensionné pour accueillir des véhicules de plusieurs tonnes, et nous voici au cœur du sujet, l’atelier de création des concept-cars. Un garage, en apparence comme les autres, à ceci près que les véhicules qui y sont entreposés sont de véritables stars de salon. Ainsi, en plus de « notre » RC Hybrid4, nous découvrons avec joie trois des derniers concepts de la marque, la 908 RC, la 308 RCZ et le Prologue. Des modèles uniques qui font la fierté de Jean-Christophe Bolle-Reddat, le responsable des concept-cars Peugeot, ainsi que de toute son équipe.


Garage Peugeot Design

L'origine du projet

Difficile de garder nos questions pour plus tard. Malgré tout ce que l’on a pu dire sur la Peugeot RC Hybrid4, lors du récent Mondial de Paris, nous ne pouvons nous empêcher d’essayer de comprendre. Que représente ce modèle ? Comment est-il né ? Quel impact aura-t-il sur les futures productions ? « Ce prototype est autant une étude d’architecture qu’un démonstrateur technologique. »nous explique avec plaisir Jean-Christophe Bolle-Reddat. « L’étude d’architecture consistait à réaliser un élément qui nous semblait manquant entre les RC Pique et Carreau, deux concept-cars qu’on avait présentés en 2002, et la 908 RC, à savoir deux véhicules à architecture de moteur thermique central arrière. Les RC Pique et Carreau étaient des coupés 2+2, la 908 RC était, elle, une berline avec 4 places et énormément d’habitabilité. Il nous semblait qu’il manquait un concept entre les deux, donc une berline coupé 4 portes 4 places, toujours avec ce moteur central arrière, qui permet en terme d’équilibre de masse et de style d’avoir un avant particulièrement bas, ainsi qu’un pare-brise et un capot dans l’alignement. »

Une auto au fort pouvoir d’attraction que l’on rêverait de voir un jour dans la gamme du constructeur français. De là à l’imaginer en remplaçante de la vieillissante 608, il n’y a qu’un pas… qui n’est à priori en aucun cas d’actualité. « Quand vous regardez la voiture, vous ne pouvez pas imaginer une seule seconde qu’elle pourrait remplacer quelque chose dans la gamme. Ce sont des projets qui sont réalisés sur des véhicules qui n’ont aucune contrainte industrielle. Nous ne récupérons aucune plate-forme. C’est une auto qui est très basse et qu’il ne nous semble franchement pas possible de mettre sur le marché pour remplacer un véhicule existant dans notre gamme. »

Jean-Christophe Bolle-Reddat


Séance photo

Le temps est à présent venu de monter sur le toit de l’ADN, où le concept RC Hybrid4 vient d’être emmené en vue de notre séance photo. C’est ici, à plusieurs dizaines de mètres de hauteur, mais surtout à la lumière du jour, que sont choisis les coloris des futurs modèles et que les prototype effectuent leurs premiers tours de roue. Pour des raisons évidentes de confidentialité, la piste est encerclée par une imposante balustrade censée cacher les véhicules des regards indiscrets. Deux autos étaient d’ailleurs de sortie juste avant notre arrivée, mais nous n’en saurons pas plus… Pour l’heure, nous profitons du splendide spectacle offert par la simple présence de la Peugeot RC Hybrid4 sur cette aire goudronnée. Il faut dire que le soleil est en train de se coucher et que la lumière rasante ne fait que bonifier les lignes de la française. Bien qu’affichant 4,71 m de long, soit à peu de chose près la taille d’une 407, elle ne paraît finalement pas si imposante que ne le laissait présager son empattement (2,90 m). Une impression que l’on doit à ses porte-à-faux réduits, mais aussi à sa faible hauteur (seulement 1,24 m).

« L’objectif de cette étude, c’était notamment d’obtenir le véhicule le plus léger et le plus aérodynamique possible. Ce à quoi nous sommes à priori parvenus, puisque l’auto affiche un excellent Cx de 0,24, au terme d’un important travail réalisé en soufflerie pour améliorer les écoulements d’air. », nous précise ainsi Jean-Christophe Bolle-Reddat. « Ensuite, nous avons également tenu à apporter des évolutions dans notre traité de face avant où l’on a eu, par exemple, une diminution de la taille des projecteurs et un changement de leur dessin, une répartition de l’entrée d’air un peu différente de ce que nous avons l’habitude de faire en série, mais qui était déjà amorcé sur les concepts RC. Le capot qui descend dans l’entrée d’air, c’est quelque chose qu’on a montré il y a très longtemps, sur les RC Pique et Carreau, puis sur la 908 RC. Donc ce sont des thèmes que nous avions déjà abordés sur nos anciens concept-cars. Nous avons également apporté des choses nouvelles à l’arrière telles que le traité des feux, avec des griffes qui s’étendent sur la carrosserie. » Autant de détails qui pourraient, ne sait-on jamais, faire le bonheur des futurs modèles de série de la marque. D’autant que l’arrivée de Jean-Pierre Ploué à la tête du design de groupe PSA Peugeot-Citroën est annoncée comme porteuse de changements…


Peugeot RC Hybrid4


Sobriété colorée

Changement total de décors à l’intérieur où malgré l’abondance de cuir, d’aluminium, de chrome et de carbone, l’ambiance est autrement plus terne. Peugeot a choisi d’offrir à son concept un habitacle totalement noir, ce qui est loin d’être idéal pour apprécier les lignes du tableau de bord. Du coup, prendre place dans l’un des 4 sièges baquets n’est pas aussi déconcertant que l’on aurait pu l’imaginer. Ce que nous ne nous privons pas d’expliquer à notre hôte d’un jour, décidément très à l’écoute de nos réactions. « On voulait une planche de bord neutre, noire, et amener de la couleur par des jeux de lumière. Par contre, toutes les informations de l’instrumentation sont amenées par des écrans. Par ailleurs, on peut observer la disparition complète de toute commande ou bouton, puisque tout se fait par l’écran tactile au centre. Donc ce sont quand même des choses assez nouvelles, puisqu’il faut être capable d’interfacer toutes ces commandes avec le fonctionnement du véhicule. ».

Peugeot RC Hybrid4 - Intérieur


En détails, les écrans numériques situés devant le conducteur regroupent l’instrumentation et le retour visuel des caméras de rétrovision, l’écran placé en face du passager avant est dédié aux loisirs, tandis que l’écran tactile central sert à piloter l’audio, la navigation, la climatisation, ainsi que les différents réglages de l’auto. A cela s’ajoute un étonnant tunnel central qui se prolonge sur le pavillon, à la façon d’une queue de scorpion. Mais le clou du spectacle reste sans conteste l’éclairage intérieur à LED capable de changer de couleur selon le mode de fonctionnement du véhicule. « Ces couleurs que l’on a mises à l’intérieur, on les a également disposées dans les passages de roue. La symbolique était d’éclairer les roues et l’habitacle en fonction du mode d’utilisation du véhicule. Ainsi, lorsqu’on accélère, la lumière vire au rouge symbolisant les émissions de CO2, quand on récupère de l’énergie au freinage cela devient vert, puis en mode d’utilisation normale l’éclairage est bleu ».


Les émissions de CO2 d'une Smart

Derrière le design aguicheur de ce coupé 4 portes, se cache une chaîne de traction hybride d’un genre nouveau. « La technologie en question, c’est l’hybride4. Une technologie qui mélange un moteur thermique essence et un moteur électrique en les mariant grâce à l’électronique, mais aussi en les dissociant puisque l’un est situé sur l’essieu avant et l’autre sur l’essieu arrière. Cela nous permet, au passage, d’avoir 4 roues motrices sur ce véhicule ». De manière un peu plus concrète, la RC HYbrid4 utilise un moteur essence 1.6 THP (développé en collaboration avec BMW) de 160 kW (soit 218 ch), placé en position centrale arrière, couplé à un bloc électrique de 70 kW (soit 95 ch) situé sous le capot avant et alimenté par des batteries de type Lithium-Ion. Au total, cela permet à ce concept de profiter d’une puissance combinée de 230 kW, ce qui équivaut à 313 ch. Les performances annoncées sont d’ailleurs impressionnantes avec un 0 à 100 km/h effectué en 4,4s pour une vitesse de pointe de 295 km/h. Le tout ne rejète que 109 g/km de CO2, ce qui est à peine plus qu’une Smart ! Des chiffres étonnants qu’il convient cependant de tempérer puisque en raison d’un réservoir d’essence limité à 5 litres, le concept RC HYbrid4 ne peut pas dépasser 100 km d’autonomie. A l’usage, l’auto fonctionne comme n’importe quel véhicule hybride standard, en utilisant au choix de l’essence ou de l’électricité, voire les deux en même temps lorsque cela est nécessaire. Enfin, surprise du chef, il n’existe aucune liaison mécanique entre l’avant et l’arrière du coupé, l’ensemble étant géré électroniquement par la technologie « by wire », déjà employée sur le concept Hoggar en 2003.