Peugeot remporte les 24h du Mans

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24 heures du mans
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2009-06-15T07:16:00.000Z, mis à jour 2009-06-15T07:16:00.000Z

Peugeot a remporté dimanche les 24 Heures du Mans pour la première fois depuis 1993, mettant fin à cinq ans de règne sans partage de l'écurie Audi sur le Circuit de la Sarthe.

La Peugeot n°9 était pilotée sur le circuit de la Sarthe par l'Espagnol Marc Gene, l'Autrichien Alexander Wurz et l'Australien David Brabham, qui ont bouclé 382 tours de circuit. David Brabham succède ainsi à son frère aîné Geoff, qui était au volant de la Peugeot 905 victorieuse au Mans il y a 16 ans.

La Peugeot n°8, avec les Français Sébastien Bourdais, Franck Montagny et Stéphane Sarrazin, a pris la deuxième place à un tour. "Je suis évidemment heureux. Je gagne Le Mans pour la deuxième fois. C'est incroyable. L'équipe Peugeot a fait un travail fantastique dont nous avons su profiter en piste. Nous avons été constants, solides. C'est un grand moment pour tous", a dit Alexander Wurz.

Audi, tenante du titre, a terminé troisième à six tours avec l'équipage de la n°1 composé du Danois Tom Kristensen, de l'Italien Rinaldo Capello et de l'Ecossais Allan McNish. L'écurie allemande avait remporté la doyenne des courses automobiles huit fois au cours des neuf dernières années. L'Audi n°1 a été perturbée en fin de course par une série d'avaries mécaniques, la dernière peu avant midi lui faisant perdre plus de dix minutes. Pour le 50e anniversaire de sa première victoire au Mans, Aston Martin a pris la quatrième place à neuf tours.

Doublé donc des Peugeot 908 HDi-FAP devant l'Audi R15 TDI des tenants du trophée, au terme d'une course menée de bout en bout par une voiture française, la N.8 puis la N.9, le scénario idéal des 24 Heures du Mans s'est conclu par un "happy end" digne des meilleurs films hollywoodiens.

"Une arrivée groupée, c'est quand même plus élégant", a dit le patron de Peugeot Sport, Olivier Quesnel, quelques minutes avant l'arrivée triomphale des trois lionnes bleues: la N.9 victorieuse, celle d'Alexander Wurz, Marc Gené et David Brabham, puis la N.8 deuxième et la N.7 finalement sixième au terme d'une remontée extraordinaire.

A ce moment-là, les passionnés du Mans et de sa légende se demandaient si Quesnel laisserait la victoire à la 908 N.9 des "guerriers", en tête depuis samedi 21h00 (19H00 GMT), ou trouverait un moyen de la faire basculer dans le camp des "sprinteurs" Bourdais, Sarrazin et Montagny, un peu plus jeunes et surtout beaucoup plus français. Il n'en a rien été car Quesnel connaît son histoire du Mans sur le bout des doigts. Il était déjà là en 1969, comme jeune spectateur venu en 2 CV, et pour rien au monde il n'aurait gâché le plaisir total de cette victoire Peugeot, la première au Mans depuis les années 1992 et 1993 avec les fameuses 905... à moteur essence.

Le frère aîné de David Brabham, Geoff, faisait partie de cette aventure 905. Il a pu suivre en direct, grâce à la chaîne américaine Speed, comment David lui succédait au palmarès, 16 ans plus tard. Et comment il clôturait en beauté sa 16e participation à la classique mancelle, associé à deux autres guerriers revenus de tout, comme lui, et surtout de la galère F1.

C'est la première fois depuis 1999 (victoire d'un autre Français, Yannick Dalmas, sur une BMW) que le groupe Audi est battu au Mans, après huit victoires de la marque allemande et une autre sous l'appellation Bentley (2003), marque du même groupe qui utilisait alors un moteur Audi. "Nous étions là pour faire tomber Audi et nous avons réussi. Je suis très fier de cette équipe, c'est la meilleure du monde", a dit Quesnel. En quelques mois de travail acharné, le patron de Citroën Sport a hissé Peugeot Sport au niveau du commando du Dr Wolfgang Ullrich, pape souriant de l'endurance moderne.

"Peugeot a fait un excellent travail, ils avaient une excellente voiture, ils n'ont pas fait d'erreurs et c'est ce qu'il faut pour gagner au Mans", a résumé le Dr Ullrich. "Nous, on a peut-être eu tort de ne pas faire d'essais (avec la nouvelle R15) sur un circuit aussi spécifique que Le Mans". Pour faire tomber Audi au Mans cette année, il fallait être fort, très fort. Car une fois éliminées les R15 N.2 et N.3, par deux grosses fautes de pilotage, il en restait encore une, la plus coriace, pilotée par trois insatiables vainqueurs, Kristensen en tête.

C'est là, contre le meilleur équipage d'endurance au monde, face à une véritable "F1 carrossée", selon la description de Quesnel, que trois ans d'efforts acharnés ont fini par payer: deux Peugeot 908 devant, une Audi R15 derrière, après tant de désillusions et si peu de victoires. C'était le podium idéal pour cette édition 2009, disputée en plein soleil devant 234.800 spectateurs. Et Quesnel vainqueur, comme Ullrich battu, ont maintenant de sérieux arguments pour convaincre Peugeot et Audi de revenir en 2010.

(avec agences)