Le Pneu Vert ? toutes les explications ...

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Qu’est-ce qu’un pneu vert ?
Par etf1|Ecrit pour TF1|2008-08-21T14:02:00.000Z, mis à jour 2008-08-22T08:00:00.000Z

Six mois après leur lancement, AutoMoto.fr a voulu en savoir un peu plus sur les nouveaux pneus vert de Michelin Energy Saver, à faible résistance au roulement.

Quel est le principe d’un pneu à faible résistance au roulement ?

Tout d’abord, cela signifie qu’il s’agit d’un pneu qui consomme moins d’énergie, c’est à dire moins de carburant. Et cela est rendu possible par le fait qu’en réduisant la perte de chaleur, lorsque le pneu se déforme en roulant, on diminue la perte d’énergie. Par conséquent on améliore l’efficacité énergétique du pneu, ce qui se traduit par une réduction de la consommation d’essence. Peu de gens le savent, mais un pneu consomme 30% du carburant d’un véhicule, c’est à dire que l’équivalent d’un plein sur trois sert uniquement à faire rouler le pneumatique. Donc, bien évidemment, si on peut travailler sur la réduction de la consommation du pneu, c’est gagnant pour tout le monde, pour l’automobiliste, pour la planète et aussi pour le constructeur qui doit réduire ses émissions de CO2 directement liées à la consommation de carburant.

Quel pourcentage de carburant peut-on espérer économiser en optant pour ce type de pneu plutôt que pour une monte traditionnelle ?

Un pneu vert Michelin permet aujourd’hui de réduire la consommation d’essence d’environ 0,2l/100 km. Ce qui représente, au terme de la durée de vie du pneumatique (environ 45 000 km), au minimum l’équivalent du prix d’un pneu. Et avec le prix des carburants qui ne cesse d’augmenter, ce sera certainement davantage très bientôt. Enfin, si l’on résonne au niveau collectif, c’est à dire le gain pour l’ensemble des véhicules, cela se traduit par des millions voire des milliards de litres économisés. D’ailleurs, sur ce point, je peux mentionner que Michelin produit des pneus à faible consommation de carburant depuis 1992, et que depuis cette date les 600 millions de pneus verts vendus par Michelin ont contribué à réduire de plus de 10 milliards de litres l’utilisation d’essence ou de gasoil, et de 24 millions de tonnes la quantité de CO2 rejetée dans l’atmosphère.

Que répondez-vous aux automobilistes qui pensent que faible résistance au roulement est synonyme de faible adhérence ?

Je suis content que vous me posiez la question parce qu’on entend cela très souvent. Il est clair que lorsque vous concevez un pneu à faible résistance au roulement, cela ne peut se faire que dans la mesure où, tout du moins chez Michelin, on maintient sa longévité donc son potentiel kilométrique traditionnel et bien évidemment son degré de sécurité, particulièrement en terme d’adhérence. Le centre de recherche de Michelin s’est, à cet effet, concentré à innover, depuis plus de 15 ans, pour pouvoir justement permettre une diminution de la consommation sans dégrader le niveau d’adhérence de ses pneus.

Qu’est ce qui, dans la conception même de ce type de pneu, fait qu’il résiste moins au roulement ?

Par définition, un pneu « vert » est rond, comme n’importe quel autre pneu. Impossible donc de faire la différence à l’œil nu. Par contre, un travail considérable a été fait à l’intérieur. Particulièrement au niveau de la bande de roulement, c’est à dire la partie qui entre en contact avec le sol. Michelin est parvenu à remplacer 95% du noir de carbone (contre seulement 20 % en 1992), qui donne sa couleur au pneu, par de la silice qui est un matériau perdant bien moins d’énergie sous forme de chaleur et qui, par conséquent, réclame moins de carburant.

Parlons du futur. Finalement, qu’allez-vous pouvoir faire de mieux dans les années à venir ?

La bonne nouvelle, c’est que le progrès ne s’arrête jamais chez Michelin. Cette démarche de réduction de la consommation a commencé il y a très longtemps, en 1992 comme je vous l’ai dit. Aujourd’hui, nous en sommes à la 4ème génération de pneus verts, et le groupe Michelin s’engage à ce que d’ici 2025, c’est à dire quand le parc automobile mondial aura doublé (… pour atteindre 1,6 milliard de véhicules), à ne pas faire consommer une goutte de carburant supplémentaire ni rejeter un gramme de CO2 en plus, par le biais de ses pneumatiques. Cela signifie qu’entre 2008 et 2025 nous allons encore réduire de 50% l’impact de nos pneumatiques sur la consommation de carburant.