PSA Peugeot Citroën dévoile le plan quinquennal "Back in the Race"

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Carlos Tavares, PDG du directoire PSA, présente le plan quinquennal 'Back in the Race' le 14 avril 2014
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2014-04-14T09:19:00.000Z, mis à jour 2014-04-14T13:43:58.000Z

Sous l'impulsion de son nouveau PDG Carlos Tavares, le groupe automobile français PSA veut - entre autres - désormais opérer sous une troisième marque haut de gamme DS épaulant Citroën et Peugeot, et réduire ses modèles de 45 à 26.

Pas de grand communiqué de presse pompeux, pas d'objectifs surréalistes, ni mesurés, ou encore de licenciements. Non, premier groupe automobile français et second européen, PSA Peugeot Citroën joue la carte de la réalité après des années dans le rouge (déficit financiers, baisse globale des ventes). Son plan quinquennal, nommé « Back in the Race » (Retour dans la course) a été présenté par son tout nouveau PDG et ex-numéro 2 de Renault, Carlos Tavares.


Retour au vert obligatoire
Premièrement, Tavares veut « finaliser le redressement économique de PSA », à travers un « retour à une marge de financement positive », le fameux free cash flow opérationnel, « au plus tard en 2016 », pour atteindre le but de 2 milliards d'euros cumulés deux ans plus tard.

En parallèle l'entreprise attend une marge de 2% en 2018, ce « qui affirmerait une sortie de la période de convalescence » selon son dirigeant, voire même 5% d'ici le prochain plan 2019-2023. Histoire de rattraper les canons financiers du genre, exemple le numéro 1 en Europe et bientôt dans le monde Volkswagen, dont la marge est aujourd'hui de 5,9%.


Une vraie marque DS, moins de modèles

Plus concrètement, le plan de PSA fonctionnera par quatre chemins. Le premier est « d'asseoir le porte-feuille des marques », soit de garder ses marques Peugeot et Citroën, tout en créant une nouvelle : DS. Cette dernière formera le haut de gamme et sera « à l‘avenir autonome » - nous l'avions déjà senti avec le concept Wild Rubis sans logo aux chevrons -, Peugeot constituant le milieu de gamme et Citroën le bas de gamme, sans aller dans le low-cost.

Via ces trois marques, le second objectif est un catalogue proposant selon Tavares « un nombre plus limité et plus attractif de modèles », 26 exactement d'ici « plusieurs années », contre 45 actuellement. Cependant, il n'est pas précisé quels seront les véhicules mis au placard ou si la manière consistera à réunir plusieurs autos sous la même coupole, type Citroën C4 (berline, Cactus, Picasso, Aircross).


Priorité à la Chine. Et l'Europe ?
Comme annoncé, le PDG vise une croissante accélérée à l'international, notamment en Chine, où le but est de multiplier par trois les ventes avec le partenaire local Dongfeng, soit 1,5 million de véhicules en 2020 contre 500.000 en 2013.

Le groupe essaiera de résoudre ses soucis en Russie et en Amérique Latine où les ventes baissent, soit sont sous l'évolution du marché, et ensuite de développer les opportunités que sont l'Asie du Sud-Est, l'Afrique et le Moyen-Orient. Ainsi, toujours pas d'aventure nord-américaine (marché de plus de 15 millions de véhicules) et aucun objectif en Europe, son continent d'origine.


"La culture du résultat", mais comment ?
Enfin, pour réduire son nombre de modèles, accroître sa marge et réussir en Chine, PSA n'offre qu'une vision floue sur ses intentions industrielles et humaines. Le communiqué n'évoque qu'une « modernisation de ses usines » et une vision copiée sur « les meilleures références industrielles mondiales » - que nous soupçonnons êtres celles de Volkswagen - tout en « poursuivant la réduction de coûts et des stocks ».

De plus il est indiqué que le groupe tentera « doit développer une véritable culture du résultat » - soit une productivité accrue passant partiellement par des sites fonctionnant à 100% contre 70% aujourd'hui - et de tenter « une approche mondiale pour accélérer son retour à la rentabilité ». Sous-entendant des délocalisations ?

Qu'en adviendra-t-il de la situation salariale en France ? Les usines seront-elles touchées, délocalisées ? Il y aura-t-il des suppressions de postes ? Rien n'est pour le moment expliqué en détail.