Rallonge annulée pour les constructeurs US

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GM - General Motors
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2008-12-12T07:44:00.000Z, mis à jour 2008-12-12T07:44:00.000Z

Le sénat vient de rejeter le plan de relance du secteur automobile qui aurait permis d'injecter 14 milliards de dollars supplémentaires. General Motors s'apprête à déposer le bilan.

Plus un seul dollar ne sortira des caisses. Le Sénat américain a été incapable de se mettre d'accord jeudi soir sur un plan d'aide aux constructeurs automobiles. Au terme d'une longue journée de tractations, les 100 sénateurs n'ont pu réunir la majorité requise des deux tiers, face à l'opposition farouche des républicains.
C'est une bien mauvaise nouvelle pour ce secteur, livré au spectre d'un dépôt de bilan qui met en péril 2,2 millions d'emplois directs et indirects. La Chambre des représentants, soutenue par la Maison Blanche, avait pourtant adopté mercredi à une large majorité un prêt-relais de 14 milliards de dollars maximum qui devait permettre au secteur de "tenir" jusqu'à la fin mars, en attendant la mise en place d'un plan de redressement durable par la future administration Obama.

Les trois grands groupes nationaux, General Motors, Chrysler et Ford ont réclamé en vain une aide de 34 milliards de dollars. Mais les républicains ont exigé que les constructeurs et leurs puissants syndicats s'engagent sur des mesures de restructuration. "Aucun de nous ne veut les voir faire faillite, mais nous ne pouvons rien faire pour les sauver du dilemme où ils se sont mis eux-mêmes", s'est justifié le chef de la minorité républicaine, qui a estimé que le plan de sauvetage "franchement, ne pouvait pas marcher".

Un effet dévastateur

Tous les regards vont maintenant se tourner vers Wall Street. La Bourse de New York a déjà perdu 2,24% jeudi dans la perspective d'un échec du plan et les Bourses asiatiques chutaient après la nouvelle. Tokyo perdait plus de 5%, tandis que le dollar passait sous la barre des 90 yens, pour la première fois depuis depuis 13 ans . La Maison Blanche s'est dite déçue par l'échec du projet de loi et a évoqué le risque de "des dépôts de bilan en catastrophe". "Nous allons évaluer nos différentes possibilités au vu de l'échec au Congrès", a dit un des porte-parole de la présidence américaine.
Le président sortant George W. Bush et son successeur Barack Obama avaient pourtant joint leurs voix pour porter secours aux constructeurs. "En cette période de grandes difficultés pour notre économie, nous ne pouvons pas nous permettre d'assister sans rien faire à l'effondrement de ce secteur", avait déclaré Barack Obama. Laisser les "trois Grands" de Detroit faire faillite aurait un effet "dévastateur" sur l'économie, avait-il estimé.

General Motors a d'ores et déjà reconnu qu'il préparait un éventuel dépôt de bilan. Le numéro un américain a fait savoir qu'il avait embauché des conseillers juridiques et des banquiers pour se préparer "à toute éventualité". General Motors et son concurrent Chrysler ont averti qu'ils pourraient déposer leur bilan avant la fin de l'année s'ils n'obtenaient pas une aide de l'Etat. Ford, le troisième grand de l'industrie automobile américaine, en meilleure santé financière, assure n'avoir pas de problèmes de trésorerie immédiats.
Les constructeurs américains, affaiblis depuis des années par une gamme de voitures trop gourmandes, ont été gravement pénalisés par la crise financière qui s'est traduite par le tarissement du crédit pour eux comme pour leurs clients.

(avec agences)