Salon de Los Angeles : La crise au rendez-vous

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Salon de Los Angeles
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2008-11-17T09:08:00.000Z, mis à jour 2008-11-17T09:08:00.000Z

Le salon de Los Angeles s'ouvre mercredi alors que le secteur automobile américain semble au bord du gouffre après avoir encaissé les prix records du pétrole brut, l'assèchement du crédit et l'amorce d'une récession économique.

Considéré comme le deuxième salon automobile des Etats-Unis après celui de Detroit (Michigan, Nord) en janvier, ce rendez-vous annuel met d'habitude l'accent sur les véhicules "verts", les exercices de style et les automobiles de luxe dont les riches Californiens sont grands consommateurs.Mais malgré une brochette de nouveautés, cette fête mécanique qui avait attiré en 2007 plus d'un million de visiteurs risque d'être gâchée par une conjoncture particulièrement mauvaise.

Signe de cette déprime, deux des "Trois Grands" constructeurs américains, General Motors et Chrysler, ont renoncé à organiser des conférences de presse, contrairement aux années précédentes.Les responsables "n'ont pas grand chose de nouveau à montrer, et ils ne souhaitent pas être interrogés sur un éventuel plan de sauvetage" de leurs entreprises par le gouvernement, explique David Champion, responsable des essais automobiles de la publication Consumer Reports.

"Il y a un gros risque de catastrophe en termes de relations publiques", renchérit Rebecca Lindland, de la société de consultants IHS Global Insight, pour qui le salon va s'apparenter à "redécorer le pont du Titanic". GM, dont les ventes ont chuté de 45% en octobre, a prévenu qu'il se retrouverait à court de liquidités dès le début 2009 et a appelé l'Etat à l'aide pour éviter un dépôt de bilan qui porterait un coup très dur à l'économie américaine.

Le numéro deux du marché américain, le japonais Toyota, a reculé de près de 26%, mais n'est pas en danger étant donné son colossal trésor de guerre. Les ventes de Ford ont quant à elles baissé de 30% et celles de Chrysler de 35%. En cause, l'assèchement du crédit et une hausse historique du prix du pétrole brut l'été dernier, qui même si elle s'est calmée, a démoralisé les consommateurs. Ces derniers, quand ils achètent encore, privilégient les voitures fonctionnelles et peu gourmandes en essence, au détriment des 4x4 qui permettaient aux constructeurs américains de dégager de fortes marges.

"C'est difficile de vendre des produits +sexy+ quand l'économie est mauvaise", note Mme Lindland. Dans ces circonstances, le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, aura la tâche peu aisée de prononcer le discours inaugural du salon, mercredi matin. Nissan va y lever le voile sur son coupé sportif 370 Z, dont le style a été créé par son studio californien.

Les organisateurs promettent une quinzaine d'autres premières mondiales, parmi lesquelles une version électrique de la Mini, marque détenue par l'allemand BMW. "Le salon de Los Angeles est habituellement riche en avancées technologiques, et nous allons en voir beaucoup", prédit Mme Lindland. Ford va ainsi révéler des versions hybrides (essence-électricité) de ses berlines Ford Fusion et Mercury Milan, destinées au marché nord-américain, tandis que le Japonais Lexus, filiale haut de gamme de Toyota, exhibera son nouveau 4x4 RX en version classique et hybride.

Pour les amateurs de voitures musclées, Ford va aussi présenter un relookage en profondeur de son gros coupé Mustang, et Porsche va remettre ses coupés Cayman et cabriolet Boxster au goût du jour.

Alors que le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger se pose en champion de la lutte contre le réchauffement climatique, un trophée annuel de la "voiture verte" sera remis jeudi. Sont sur les rangs la petite Smart, les diesel BMW 335d et Volkswagen Jetta TDI, ainsi que les hybrides Saturn Vue et Ford Fusion.

(avec agences)