Scandale du jour : accusé de tricherie à la pollution, Suzuki avoue des "irrégularités"

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Suzuki Swift 2013
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2016-05-18T09:43:00.866Z, mis à jour 2016-05-18T10:09:51.990Z

Après Mitsubishi et Nissan, c’est un autre constructeur japonais, Suzuki, qui a été suspecté d’avoir menti sur la pollution de ses voitures, avant d’avouer que "des irrégularités" et de plonger en bourse.

Suite à Volkswagen, Mitsubishi et Nissan, une quatrième marque automobile est dans la tourmente ce mardi 18 mai 2016.


Suzuki, l’aveu direct

Le ministère des transports japonais a révélé le résultat d’une enquête sur le constructeur automobile Suzuki, qui aurait triché sur la consommation de ses voitures, concernant environ 2,1 millions de véhicules via 16 modèles vendus dans l’archipel depuis 2010, incluant les Alto, Wagon R, Hustler, Spacia, Every, Carry, Jimny, Solio, Ignis, Baleno, SX4, Swift et Escudo. L'action avait en conséquence chuté de près de 9,4% à la Bourse de Tokyo, soit 57 millions d'euros partis en fumée en 1 jour.

A l’instar de Volkswagen et de Mitsubishi, l’aveu a été immédiat. "Des irrégularités ont été trouvées dans les émissions et de consommations des voitures entre les normes du ministère et les tests effectués par Suzuki" a avoué la marque japonaise dans son communiqué. Cependant, le constructeur assure que "aucune tricherie, comme une manipulation des données de consommation, n’a été trouvée" dans son enquête interne.

Suzuki tente d’expliquer l’écart entre ses données et celles relevés par le gouvernement par le fait que son centre interne de Sagara (Japon) se trouve en haut d’une colline près de la mer, et que l’allégement conjugué à la réduction de la résistance au roulement entraînerait des voitures davantage affectées par le vent, influant potentiellement sur les résultats. Toutefois, Suzuki affirme qu’une correction de ces paramètres n’aurait pas donné des écarts supérieurs à ceux autorisés.

La Baleno, dernière nouveauté Suzuki en France

Le début d’un mensonge international ?

Le scandale Dieselgate de Volkswagen, concernant 11 millions de voitures dans le monde en septembre 2015, n’était que le début d’une épidémie à la fraude sur la pollution des véhicules neufs vendus ces dernières années. En avril, Mitsubishi était épinglé au Japon et a confirmé avoir manipulé 9 de ses modèles depuis 1991, faisant plonger son action en Bourse et se devant d’être racheté par Nissan – à hauteur de 34% - pour ne pas sombrer dans une crise.

Lundi 16 mai, c’était au tour de Nissan d’être suspecté et pénalisé par la Corée du Sud, qui pointait les modèles Qashqai diesel, bien que le constructeur nippon niait totalement.

En Europe, et notamment en France sous l’impulsion de la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, des tests en condition réelles ont relevé des émissions de gaz polluants largement plus élevées que la normale sur la quasi-totalité des marques automobiles, jusqu’à 10 fois supérieures aux normes d’homologation.