Scandale Volkswagen : 60 millions d’euros pour l'ex-PDG ?

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Martin Winterkorn PDG Volkswagen 2015
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2015-09-24T09:10:06.321Z, mis à jour 2015-09-24T12:36:23.697Z

Ayant remis sa démission mercredi 23 septembre 2015, l’ex-PDG du groupe Volkswagen pourrait toucher une retraite soldée à environ 28,6 millions d’euros

Mercredi 23 septembre, Martin Winterkorn remettait sa démission de son poste de PDG suite à une réunion exceptionnelle du Conseil de Surveillance du groupe Volkswagen, en réponse au scandale de triche sur la pollution de ses moteurs diesel.



28,6 millions € ? + 30 millions de bonus ?

Ayant déclaré « ne pas avoir mal agi » et le comité exécutif ajoutant qu’il n’avait « aucune connaissance des manipulations de données d’émissions », Martin Winterkorn pourrait partir du groupe allemand avec une retraite plus que dorée.

Selon le rapport annuel 2014, Volkswagen a en effet provisionné 28,56 millions d’euros au titre de la pension du désormais ex-PDG, soit 70% du salaire annuel fixe (taux maximum, 50% +2% par année de service) avec de 1,92 million d’euros touché en 2014 (15,86 millions au total avec variables). Et à cela, il faudra y ajouter probablement plus de 30 millions d’euros en raison du départ prématuré, énoncé dans le code gouvernance (2 ans de salaire).

Cette retraite dorée de Martin Winterkorn va être probablement suivie de nombreuses autres, le comité exécutif ayant annoncé de nouvelles têtes nommées dès vendredi 25 septembre, lors de la réunion du Conseil de Surveillance du groupe Volkswagen. Un conseil spécifique sera créé spécialement pour la gestion du scandale, dont les détails seront annoncés vendredi.

Martin Winterkorn, 68 ans, avait démarré chez Audi en 1981, puis pris la tête de l’unité qualité de Volkswagen en 1993, dirigé l’unité Recherche et Développement en 2000 avant de gravir les échelons jusqu'à devenir le PDG du groupe en avril 2015 en débarquant Ferdinand Piëch.


Volkswagen touché à l’aube du titre de n°1

Depuis des années, Volkswagen martèle son vœu de devenir le numéro un mondial de l’automobile. Accompagné de ses marques Audi, Porsche, SEAT, Skoda, Lamborghini, Bentley, ou Bugatti, le groupe avait atteint son but ultime, mais seulement au 1<sup>er</sup> semestre de cette année 2015, avec pour ambition de doubler – enfin – Toyota qui avait vendu 10,23 millions de véhicules en 2014, contre 10,14 millions pour VW.

Et l’évolution des chiffres de Volkswagen est hallucinante, compte tenu de la crise ayant démarrée fin 2008. Les ventes ont presque doublé entre 2006 et 2014, le chiffre d’affaires a dépassé les 200 milliards d’euros en 2014, contre 100 millions en 2006, les profits ont atteint une somme de 10,8 milliards d’euros, et la masse salariale a grimpé de 329.000 à 592.000 en 2015.

Alors que 2015 pouvait sonner le titre mondial tant attendu, 3 ans avant l’objectif initial fixé à 2018, le scandale de tricherie sur les tests anti-pollution – avoué dimanche 20 septembre - vient ébranler le groupe Volkswagen.

Les conséquences seront doubles : directement financières vis-à-vis des enquêtes (dont les plus de 16 milliards d’euros rien qu’aux Etats-Unis via l’amende suggérée par l’EPA) et des très probables class-actions, et indirectement via la baisse des ventes inévitables due à la rupture de confiance.

La Golf, star des ventes Volkswagen en Europe :