Sécurité : le contrôle de la pression des pneus bientôt obligatoire

Voir le site Automoto

Pneumatiques : Pression sous contrôle
Par Julien LECORNU|Ecrit pour TF1|2009-02-25T16:40:00.000Z, mis à jour 2009-02-25T16:40:00.000Z

Après avoir rendu obligatoire l'ABS en 2004 et l'éclairage permanent des feux diurnes en 2011, l'Union Européenne souhaite rendre obligatoire le système de contrôle de pression pneumatiques.

Etayant son discours d'arguments sécuritaires autant qu'environnementaux, la commission met en lumière le rôle majeur et souvent mésestimé des pneumatiques. Seul contact physique avec la chaussée, la fine enveloppe du pneumatique constitue la clef de la tenue de route et du freinage.

De surcroit, si le pneumatique s'avère un ingrédient fondamental du comportement dynamique du véhicule, il a aussi un rôle à jouer en termes d'émissions polluantes :
Un sous-gonflage accroît rapidement la résistance au roulement, ce qui entraîne inévitablement une surconsommation de quelques pourcents et donc une pollution accrue.

D'après les estimations, certes orientées, de certains manufacturiers, les frais d'utilisation pourraient ainsi être réduits de 3,4 milliards d'euros par an en Europe si les préconisations de gonflage étaient respectées.


L'automobiliste bénéficiaire de cette mesure?

Cette recommandation apparaît donc de prime abord frappée du sceau du bon sens, surtout lorsque l’on considère que 90% des défaillances liées aux pneumatiques proviennent d’une perte progressive de pression, et qu’un bon tiers du parc européen roulerait actuellement, à des degrés divers, en situation de sous-gonflage.
Pourtant, à l’heure où les constructeurs peinent à endiguer l’explosion de la masse et à contenir le coût de leurs véhicules, souvent en raison d’une accumulation d’accessoires et de dispositifs complexes, on peut s’interroger sur l’opportunité d’imposer régulièrement de nouveaux équipements par le biais de la réglementation.

En définitive, il n’est pas certain que l’automobiliste bénéficie vraiment de ces évolutions, en particulier s’il roule peu et qu’il est assez soigneux pour entretenir méticuleusement son véhicule en se passant d’artifice High Tech.
En effet, la fragilité des capteurs électroniques intégrés au pneumatique, dont ils renforceront fort opportunément la valeur ajoutée en ces temps de crise, pourrait bien imposer un entretien dans le réseau, forcément lucratif pour les constructeurs. Autant d’éléments qui pourront accréditer la thèse d’un efficace lobbying des acteurs automobiles sur la commission de Bruxelles…