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Sécurité routière : le gouvernement pointé du doigt, Valls réagit

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Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2015-08-12T10:09:49.982Z, mis à jour 2015-08-12T10:52:07.649Z

Manuel Valls et Bernard Cazeneuve se sont défendus après la publication de quelques pages d'un rapport dans le JDD qui pointe du doigt le manque d'implication de l'Etat en termes de sécurité routière.

Décidément, la sécurité routière est un sujet politique sensible pour le gouvernement en cette période estivale. Après avoir officialisé l'interdiction des oreillettes au volant dès le 1er juillet et la baisse du taux d'alcoolémie de 0,5 à 0,2 g par litre de sang pour les jeunes conducteurs, le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve ont dû faire face à un rapport dont quelques pages ont été publiées dimanche dernier par le Journal Du Dimanche (JDD), pointant du doigt « le manque de volonté » de l'Etat en terme de sécurité routière


« Un éclatement des responsabilités »

Ce n'est pas un secret, les chiffres de 2015 sur les routes n'ont pas été bons, avec une augmentation de 3,7% de la mortalité routière par rapport à 2013. Lors des six premiers mois de cette année, la hausse est de 0,8%, ce qui n'est guère rassurant. Et selon ce rapport rédigé par un haut fonctionnaire de l’Inspection Générale de l’Administration (IGA), ce fléau qui frappe notre Hexagone n'a rien d'anodin, la faute à des politiques qui n'en font pas assez pour tenter de freiner et stopper cette mauvaise tendance. En cause : une désorganisation de l'exécutif concernant la question de la sécurité routière

Cité par le JDD, le rapport explique que « le pilotage au pan central de la politique de sécurité routière n’est pas suffisamment perçu » et que « le dispositif est dispersé entre de très nombreux acteurs y compris au sein de l’Etat. (…) Lorsque le pilotage ne se situe pas au plus haut de l’Etat, la responsabilité est diluée »

Par ailleurs, le rapport fait état d'une démobilisation générale, soulevant ainsi la question d'une crainte de devenir impopulaire sur un sujet aussi épineux. « La gouvernance de cette politique s'est affaiblie ces dernières années : éclatement des responsabilités relevant du véhicule, des infrastructures et du comportement auparavant réunies dans une même direction, éloignement du ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, suivi insuffisant des politiques locales déconcentrées ou décentralisées »


Valls et Cazeneuve se défendent

Lundi dernier, alors qu'il était en déplacement à Moustiers-Sainte-Marie (Alpes-de-Haute-Provence) en compagnie du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, Manuel Valls a tenu à clarifier les choses. « Il faut éviter les polémiques stériles. La lutte contre l'insécurité routière et ses causes est une priorité pour nous », avant de (re)mettre en avant tous les moyens déployés depuis le début de l'été, dont les quelques 4.2000 policiers et gendarmes supplémentaires déployés au bord des routes. 

Même son de cloche du côté de Bernard Cazeneuve, qui rappelle que « 26 mesures ont été présentées au Premier ministre en janvier dernier », dont l'interdiction des oreillettes au volant et la limitation à 80 km/h sur certains axes routiers. « Nous sommes face à un défit important et oui, les chiffres ne sont pas bons », a aussi concédé le ministre de l'Intérieur, avant de poursuivre : « Il est faux de dire que face à cette réalité, nous n'avons pas pris la mesure des choses et que nous ne sommes pas dans l'action »


Histoire de montrer que le gouvernement ne se désintéresse pas du sujet, Manuel Valls a confirmé qu'un conseil interministériel serait organisé « à la find de l'été »... Rendez-vous au prochain épisode !