Semaine décisive pour les constructeurs américains

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TF1/LCI La Maison Blanche.
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2008-11-17T09:33:00.000Z, mis à jour 2008-11-17T09:33:00.000Z

L'avenir des trois constructeurs automobiles américains pourrait se jouer cette semaine avec la reprise de la session du Congrès et devrait dépendre pour beaucoup de la capacité des parlementaires américains à s'entendre sur l'aide à leur accorder.

Les premiers signes ne sont guère encourageants pour General Motors, Ford et Chrysler, les républicains ne montrant aucune envie de se rallier aux propositions de la majorité démocrate, qui doit encore compter avec le droit de veto dont dispose le président sortant George Bush.

Les membres du Congrès se retrouvent en session lundi pour un peu plus de deux mois, jusqu'à l'investiture du président élu Barack Obama, prévue pour le 20 janvier. A défaut de faire accepter au président Bush un nouveau plan de relance budgétaire pour lutter contre la crise, l'état-major des parlementaires démocrates a annoncé son intention de se battre pour obtenir une aide de 25 milliards supplémentaires pour les trois grands de Détroit, la ville du Michigan (nord) emblème de l'industrie automobile américaine.

Le Congrès a accordé en septembre des prêts de 25 milliards de dollars aux constructeurs automobiles (américains ou non) pour aider le secteur à réorienter sa production vers des modèles plus écologiques. Mais les fonds n'ont pas encore été débloqués, et GM, Ford et Chrysler demandent désormais 25 milliards supplémentaires pour renflouer leurs caisses. La crise financière a en effet eu un double effet négatif pour les constructeurs automobiles en faisant chuter leurs ventes et en compliquant leur accès au crédit, d'autant plus que leur cours de Bourse (pour GM et Ford) s'est effondré.

Le PDG de General Motors, Rick Wagoner, a déjà prévenu que son groupe, au bord du dépôt de bilan, avait besoin de l'aide financière des autorités fédérales sans attendre la prise de fonction de M. Obama. La situation de Ford et de Chrysler n'est guère plus enviable. Les dirigeants des trois groupes sont attendus au Congrès mardi pour plaider leur cause. Ils devraient être rejoints par le président du premier syndicat du secteur United Auto Workers (UAW), Ron Gettelfinger. Signe de la gravité de l'heure, celui-ci a apporté dimanche un soutien exceptionnel aux dirigeants des trois groupes, naguère encore honnis par son syndicat, qui représente 150.000 employés du secteur.

"C'est une déformation de dire que la direction est responsable de tout ce qui arrive maintenant" alors que personne ne l'avait prévu, a-t-il dit, manière de répondre aux républicains qui refusent l'idée de venir soutenir à fonds perdus, selon eux, un système qui a échoué. "General Motors a fonctionné sur un mauvais modèle, a eu une mauvaise direction et aucun schéma d'innovation. Maintenant on parle d'injecter 25 milliards, et encore 25 milliards. Qui sait quand cela s'arrêtera ?" a ainsi déclaré Richard Shelby, sénateur républicain influent, sur la chaîne CBS.

Alors que le chômage atteint 6,5%, son plus haut niveau depuis 1994, les démocrates mettent en avant le nombre d'emplois en jeu: 350.000 emplois directs, mais trois à cinq millions indirectement, selon le sénateur Byron Dorgan. Les démocrates souhaiteraient utiliser une partie des 700 milliards de dollars débloqués pour sauver le système financier, mais la Maison Blanche a redit samedi qu'il n'en était pas question. Elle a néanmoins laissé une porte ouverte en déclarant vouloir voir le Congrès adopter dans la semaine une loi pour "aider les constructeurs automobiles à devenir viables à long terme".

(avec agences)