"Le V12 appartient au passé" selon McLaren

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Ferrari moteur V12 hybride Pékin
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2012-08-07T07:59:00.000Z, mis à jour 2012-08-07T08:33:57.000Z

C'est l'aveu même du président de McLaren Automotive, Antony Sheriff, dans une interview accordée aux néerlandais du Telegraaf. Catégorique sur sa vision d'aujourd'hui, le 12 cylindres "a sa place au musée" selon lui.

Dans la seconde vie de McLaren, portée par des V8, son président affirme que le moteur V12 n'a plus d'avenir.

Adieu V12 ?


"Il est presque impossible de développer efficacement un moteur V12 répondant aux exigences des clients et du gouvernement", confie Antony Sheriff, PDG de McLaren Automotive, à Telegraaf/Autovisie, "le moteur V12 appartient au passé. Ce moteur a sa place au musée". Ces propos ne sont pas surprenants venus du constructeur de Woking, développant son 3,8 litres V8, mais sont catégoriques.




Argumentation


Sheriff s'explique sur les contraintes du fameux 12 cylindres en V, "le moteur est trop gros, trop lourd et crée beaucoup de frictions internes. Rappelez-vous, les cylindres supplémentaires entraînent un empattement plus long, un gain de poids de 40 kg et 30% d'émissions de CO2 supplémentaires. Les performances peuvent être meilleures que le V8 turbo, mais cela se fait au détriment de la maniabilité."



L'histoire du V12


A l'origine, les V12 équipait non les automobiles mais les avions, surtout à partir de la fin de la Première Guerre Mondiale. La première voiture équipée de cette architecture fut la Packard "Twin Six", en 1916, et fut suivie des marques de luxe dans les années 30 (Daimler, Rolls-Royce, Cadillac, Hispano-Suiza). Les V8 plus efficaces effacèrent quasiment les V12, avant que ces derniers ne reprennent du service dans les années 60, pour devenir des références pour les marques sportives Ferrari, Lamborghini et Aston Martin. En Formule 1, la grande époque du V12 commença en 1965, pour se conclure en 1995 avec la dernière Ferrari 412T2, au grand dam de la sonorité. Les moteurs furent remplacés par les V10 (1996), puis V8 (2008) et seront prochainement des V6 (2014).





Downsizing ou hybride ?


Aujourd'hui, en 2012, le problème des moteurs est central pour les constructeurs, et peut être résolu par deux moyens : la réduction de cylindres ("downsizing") ou l'hybridisme. Sur la McLaren MP4-12C, le choix fut celui du V8 biturbo, aujourd'hui à 625 ch, consommant au tant qu'une 458 Italia. Chez Ferrari, où le V12 fait partie des gènes, si la F12berlinetta ne modifie rien, l'hybride débarquera sur le prochain hypercar codé "F70" (tout comme la future rivale McLaren "P12", mais au V8). Pendant ce temps, à Sant'Agata Bolognese, les Lamborghini réfléchissent, l'Aventador perdurant avec un V12 classique. A Gaydon, Aston Martin a confié à Autocar que "les quatre et même trois cylindres sont envisageables", ce qui n'est pas impossible, puisque Jaguar travaille actuellement sur un 4 cylindres de 500 ch pour sa C-X75 de série. Et évidemment, se trament les électriques entre Audi R8 e-tron, Mercedes SLS E-Cell, Exagon Furtive eGT ou Rimac Concept-One.



Si les passionnés voient le début de la fin des V12 comme un drame, sauf peut-être chez Ferrari, on remarque que l'avenir nous prépare d'autres solutions tout aussi prenantes !