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Sécurité : les voitures autonomes doivent-elles se sacrifier en cas de danger ?

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La dernière version du prototype de Voiture Autonome fabriqué par Google révélée en décembre 2014.
Par Lucas VINOIS|Ecrit pour TF1|2016-06-26T07:25:52.202Z, mis à jour 2016-07-26T12:28:03.973Z

Les prochains et inévitables véhicules autonomes devront prendre des décisions vitales en cas de situation critique. Le sacrifice des passagers à bord pourrait être la solution privilégiée. Et l'éthique dans tout ça ?

Le développement des voitures autonomes - elles n'ont pas besoin de l'intervention de l'Homme - soulève un dilemme éthique central : comment doivent-elles réagir en cas de danger inévitable ? Une interrogation à laquelle il est nécessaire de trouver une réponse avant qu'elles ne débarquent dans l'espace public.

Une optimisation quasi-totale

Les véhicules sans conducteur sont presque au point techniquement, à quelques exceptions près. Selon certaines études, grâce à eux, près de 90 % des accidents de la route pourraient être évités, la pollution serait réduite et le trafic fluidifié. Mais en ville, les voitures autonomes "auront parfois à choisir entre deux maux, comme renverser des piétons ou se sacrifier elles-mêmes et leurs passagers pour sauver ces [mêmes] piétons", écrivent des scientifiques de la revue Science.

Une question éthique

Le problème est le suivant : est-il moral de sacrifier une personne pour en sauver dix ? Des chercheurs de l'université de Toulouse, de l'Oregon et du MIT ont publié les résultats d'une étude autour des voitures sans pilote. Ils ont demandé à 2.000 Américains de choisir qui, entre piétons et passagers, doivent être sacrifiés dans le cas où une voiture autonome ne peut éviter une collision catastrophique.


Le dilemme social des voitures autonomes


Il faut sauver le piéton

Pour 75 % des interrogés, la survie des piétons doit passer avant celle des passagers de la voiture autonome. Mais si lesdits piétons qui déboulent sur la route sont des voleurs, faut-il que les personnes à bord du véhicule autonome soient mises en danger ?

Un problème insoluble ?

Parmi les personnes sollicitées par les chercheurs du triptyque d'universités, moins de 30 % se déclarent favorables à l'achat d'un véhicule susceptible de les sacrifier pour sauver la vie d'autres individus. Alors, quelle(s) solution(s) adopter ? Difficile à dire. 

Jean-François Bonnefon, Docteur en psychologie, avance : "jusqu'à présent, les problèmes que posaient les machines étaient techniques". Désormais, "le développement de l'intelligence artificielle risque de faire face à des blocages qui ne pourront pas être levés par des experts". 

Décidément, cette épineuse question n'a pas fini d'agiter les débats.