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Focus Automoto - Volkswagen Golf : Success-story de la voiture reine en Europe

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Volkswagen Golf 1974 à 2014
Par Bruno Cravo - Agence CReaFeed|Ecrit pour TF1|2016-10-27T14:32:07.465Z, mis à jour 2016-12-14T14:28:00.026Z

Volkswagen dévoilera début novembre 2016 sa version restylée de la Golf 7. Golf, quatre lettres à qui le constructeur allemand doit sa notoriété planétaire depuis plus de quarante ans.

"Volkswagen, Das Auto (l’automobile)". Si l’ancien slogan de la marque allemande devait se résumer à un modèle, la Golf lutterait avec la Coccinelle pour ce titre honorifique. Écoulée à plus de 30 millions d’exemplaires à travers le monde depuis sa sortie en 1974, ce qui la place dans le top 5 des voitures les plus vendues de l’histoire automobile, la quadragénaire brigue toujours, année après année, le trophée du modèle numéro Un en Europe. 

Sur le continent, il s’en est vendu quelque 383.000 exemplaires durant l’année 2015 selon les données de l’ACEA, association des constructeurs automobiles européens. Elle se place ainsi loin devant la Ford Fiesta (258.000) et la petite sœur Polo (229.000) complétant le podium et surtout deux fois plus populaire que sa principale concurrente actuelle, la Ford Focus (176.000). Golf, c’est l’histoire d’une réussite immédiate qui semble inébranlable.


De bouée de sauvetage... 

Début des années 1970, Volkswagen se retrouve dans une impasse. La Coccinelle, fruit d’une ambition conjointe et éphémère entre Adolf Hitler et Ferdinand Porsche, perd de sa superbe. Le porte-étendard de la marque, vieillissant (sorti en 1938), doit se trouver un remplaçant qui n’arrive pas.

La Type 4, modèle aux dimensions familiales, fut un échec commercial à la fin des années 60. En Europe, la mode est désormais à la berline à traction. Volkswagen se lance pour la première fois sur ce segment avec la K70. Mais là encore, la réussite n’est pas au rendez-vous et la quatre-portes ne confirme pas les promesses placées en elle.

En mai 1974, VW abat sa dernière carte pour sauver l’entreprise et présente une voiture bicorps à hayon. Elle est l’œuvre du jeune designer italien Giorgetto Giugiaro, le même qui, plus tard, dessinera l’inoubliable DeLorean DMC-12 de Retour vers le futur. Le nouveau-né est baptisé Golf. Ce nom deviendra légende.


...à best-seller

Immédiatement, la berline aux allures de citadine rencontre son public. Moins de trois ans après sa sortie, la millionième sort des chaînes de production de Wolfsburg (Allemagne). Fonctionnelle, ses lignes tendues et anguleuses tranchent avec les formes de l’époque. "Sa carrosserie cubique préfigure celle des compactes modernes", note Antoine Weil, chef de produit chez Volkswagen France.

"C’est une voiture qui a une bonne tête, elle convient à l’époque à tout le monde", se souvient Emmanuel Marie, restaurateur installé à Nîmes et qui se limite aux Golf de première génération, “du voyou à la femme des beaux quartiers." Fasciné par ce modèle, le quadragénaire, plutôt paroisse Peugeot à la base, décide il y a douze ans de restaurer une vieille Golf 1 laissée à l’abandon dans la finition qu’il préfère : le cabriolet GLI 112 ch. Il achète un deuxième « Cab’ » pour terminer de remettre sur pied le premier puis un troisième. Depuis il a « le virus Golf 1 » et a abandonné son poste de commercial dans la grande distribution pour retaper des Golf qui ont parfois son âge.  

Il parle d’une voiture assez accessible qui se révélait déjà "fiable, très agréable à conduire, moins spartiate que ses concurrentes. Il fallait y mettre les sous mais c’était l’assurance de la qualité", ajoute-t-il. L’excellent rapport qualité-prix accompagnera toutes ses variantes. Seul défaut de la première du nom : des motorisations limitées quand il s’agit d’attraper la supersonique Peugeot 205 GTi, sa grande rivale des années 80.



Une privilégiée des innovations

Malgré un secteur des compactes très concurrentiel, et encore plus avec l’émergence des SUV qui occupent désormais un peu moins de 25% du marché automobile européen, la Golf a toujours émergé grâce à la technologie de pointe injectée par ses concepteurs au fil des différentes générations, couplée à sa fiabilité. Cette volonté apparaît dès la première mouture avec la mythique et vitaminée GTI en 1976, constituant à lui seul un nouveau segment. La même année voit la motorisation diesel apparaître, ancêtre des TDI, qui feront la renommée du modèle et s’exprimeront dès la deuxième génération sortie en 1983.

La troisième déclinaison, née en 1991, n’a pas à rougir face ses grandes sœurs. Réputée increvable, avec des moteurs franchissant aisément la barre des 300.000 kilomètres, elle inaugure chez Golf la VR6, digne héritière du GTI, approchant les 200 chevaux.


C’est finalement la quatrième génération (1997) qui battra tous les records. Elle est la favorite d’Antoine Weil "pour les remarquables performances de ses moteurs TDI". Ce modèle permet à la Golf de supplanter les ventes de la Coccinelle dans l’histoire du constructeur allemand. En plus d’un habitacle haut de gamme, elle se dote de moteurs V5 et V6 innovants et, une fois de plus, particulièrement résistants. Comparativement, les cinquième, sixième et septième générations (respectivement de 1998, 2003 et 2008) se révèleront moins créatives.

Aujourd’hui la nouveauté vient plutôt de l’énergie. "La Golf a toujours su ouvrir sa gamme avec davantage de possibilités pour l’acheteur au fil des ans", explique le chef de produit, "actuellement, on travaille surtout sur les énergies alternatives." Difficile de lui donner tort puisque la Golf 7 s’est récemment mise à l’électrique, à l’hybride rechargeable et au gaz naturel.


L’ADN Golf, du neuf avec du vieux

"On ne peut pas changer la Golf, les gens seraient mécontents. Quand on en dessine une nouvelle, il faut garder à l’esprit que c’est une Golf". La phrase est de Walter Da Silva, designer italien et père des Golf 6 et 7, lors de la présentation de la dernière version en 2012. Au cours des quatre décennies de son existence, la Golf n’a jamais renié son design originel, devenu intemporel. Par exemple, son montant arrière est devenu une marque de fabrique, il n’a quasiment pas changé depuis 1974.

"On pourrait facilement reprocher le manque d’audace dans ses formes qui sont peu ou prou les mêmes depuis le début", concède Antoine Weil, "mais ce côté conservateur fait aussi sa force car elle est rentrée dans le cercle très fermé des voitures qu’on reconnaît tout de suite." 

"Les formes de la Golf, peu importe l’âge qu’on a, ça saute aux yeux, confirme Emmanuel Marie, "on peut se tromper de génération car les nouveautés ne sont parfois pas flagrantes esthétiquement mais sur le modèle en lui-même, il est difficile de commettre une erreur. »


Qu'attendre de la Golf 2017 ?

Cette ligne de conduite ne devrait pas changer avec la version restylée qui dévoilera ses spécificités en novembre. "Il y aura des nouveautés mais rien qui ne remette en cause l’identité de la Golf", assure Antoine Weil. Ce constat est le même pour la huitième génération, qui serait annoncée en 2019 selon des fuites non confirmées par le constructeur.

D'une Golf à l'autre, Volkswagen a su créer, dès les premiers tours de roue, un modèle emblématique. Une valeur sûre que tous ses concurrents essaient d’approcher. Cette voiture innovante, fiable, avec une identité forte, dépasse les différentes catégories de véhicules et traverse les milieux sociaux. La Golf, c’est "Das Auto" à l’européenne, son histoire d’amour avec le public dure maintenant depuis plus de quarante ans et tout indique que ce n’est pas prêt de s’arrêter. N’en déplaise à la Coccinelle.