Interview ! Les criminels de "The Blacklist" : Alex Manette

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Par Alison DEFAUWE|Ecrit pour TF1|2015-09-30T21:25:41.456Z, mis à jour 2015-10-07T10:30:58.851Z

Après son intervention dans l'épisode 14 de la saison 2 de "The Blacklist", Alex Manette nous confie ses impressions sur le rôle de méchant qu'il a occupé à travers le personnage de "Tyler King".

Parlez-nous de votre personnage et de ses crimes...

L’épisode s’intitule T. Earl King VI. Jeffrey DeMunn, un acteur fantastique, interprète Earl, le père de mon personnage. J’ai aussi un frère, Francis, qui a un an de moins que moi. 
Nous sommes issus d’une longue lignée d’aristocrates. Notre famille a construit sa fortune en volant des œuvres d’art, en enlevant ses victimes, et en les faisant chanter. Chaque année, nous organisons des enchères auxquelles nous convions les acheteurs du monde entier. Chaque objet, chaque œuvre d’art, est la copie d’un objet ou d’une œuvre volés. 
Le personnage de Megan Boone infiltre les opérations de notre père, qui ne se déplace plus qu’en fauteuil roulant et se nourrit par intraveineuse. Il monte ses fils l’un contre l’autre (c’est comme cela que notre famille se débarrasse de ses éléments les plus faibles) : celui qui récoltera le moins d’argent aux enchères devra jouer à la roulette russe avec un pistolet que nous possédons depuis des générations. Voilà la toile de fond de cet épisode. Mon frère perd depuis trois ans, et le coup n’est pas encore parti.
Là, c’est moi qui perds. Et juste au moment où je mets le pistolet sur ma tempe, mon frère arrive avec Reddington, qu’il a kidnappé ! La partie est terminée. Un chasseur de primes veut la tête de Reddington, et ça n’est pas une façon de parler. Il est prêt à payer 40 millions de dollars pour ça. Reddington connaît mon père depuis longtemps, et tous les autres noms sur la liste noire. Il lui dit que quelqu’un aurait dû abréger ses souffrances depuis longtemps, et il lui tire dessus !
Nous avons filmé dans la résidence Guggenheim, à Long Island, parce qu’il était difficile de reproduire un tel décor sur un plateau, avec des carreaux sertis de plomb et des cheminées si grandes que l’on y tient debout.


Pourquoi votre personnage est-il dans le collimateur de Reddington ?

La famille King est totalement corrompue. On habite au même endroit, et ceux qui assistent à nos enchères sont tous des criminels. Le FBI veut mettre la main sur ces types, et Reddington nous traque. En plus, on a enlevé le fils d’un mafieux. Il y a pas mal de choses en jeu. 


Comment vous êtes-vous préparé pour le rôle ?

Du point de vue de l’acteur, un personnage de méchant ne se considère pas comme tel. Il se dit qu’il fait simplement ce qu’il faut pour survivre. Mon personnage a commis des actes abominables pour se faire aimer de son père, même si ça n’a servi à rien. Je travaille toujours avec ma prof d’art dramatique, Ivana Chubbuck, sur presque tout ce que je fais. On discute de tout et ça m’aide à ancrer le personnage, surtout sur The Blacklist. C’est une série assez barrée, mais il faut qu’elle ait l’air réaliste. Je crois que si elle fonctionne si bien, c’est parce que James Spader est totalement ancré dans la réalité, même si je n’aime pas trop ce mot. 


Pensez-vous que quelqu’un réussira un jour à être plus rusé que Reddington ?

Je crois que certains lui donneront du fil à retordre. Il y avait une scène où Reddington est enfermé derrière une vitre en plexiglas, ce qui lui donne un petit air d’Hannibal Lecter. Il est sur le point d’être exécuté, et les créateurs de la série et les scénaristes s’efforcent de ne pas en faire un superhéros. Il souffre, il saigne, c’est un être humain comme les autres. Le jour où il tombera sur quelqu’un de plus intelligent que lui, la série n’aura plus lieu d’être. 


Qu’est-ce qui explique cette fascination pour les rôles de méchants ?

Pour moi, c’est juste que c’est amusant à jouer. On sort des choses incroyables, qu’on ne dirait jamais dans la vraie vie. J’ai beaucoup tourné pour la télé. Ici, tous les acteurs, même les seconds rôles qui n’ont qu’une scène, comme le bras droit de notre père, sont extraordinaires. Ce type a des années de théâtre derrière lui. Ils prennent vraiment les meilleurs. Comme on tourne en décors réels, dans cette demeure somptueuse, on n’a pas besoin d’en faire beaucoup parce qu’on a vraiment l’impression de faire partie de cet univers.  


Parlez-nous de l’équipe de The Blacklist...

Fantastique. Je n’ai tourné qu’avec James Spader et Megan Boone, les deux acteurs principaux. C’était une expérience extraordinaire. James est aussi producteur délégué de The Blacklist. Il est très impliqué, il connaît vraiment bien son personnage et la série. Quand il tourne, il a plein d’idées intéressantes. Il est toujours très précis dans ce qu’il fait, et il a le souci du détail. Je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un comme lui. Megan Boone est adorable, et très à l’écoute. Pour cette deuxième saison, ils ont vraiment trouvé leur rythme. On sent qu’ils maîtrisent le truc. 


Comment s’est passé le tournage ?

La maison était très froide, parce qu’elle est juste à côté de l’océan, ce qui était tout à fait de circonstance parce qu’on ne peut pas dire que les King soient des gens très chaleureux. Hier, on tournait dans les couloirs de la résidence. Reddington est enfermé dans une cellule vraiment high-tech, avec des parois indestructibles. On a l’impression de travailler à la fois sur un plateau et en décors naturels. On se sent vraiment dépaysés. 


Reverra-t-on votre personnage ?

Dans la première version du scénario, les deux frères mourraient. Mon personnage agrippait la tête de son frère et se tirait une balle qui les tuaient tous les deux. C’était bluffant. A présent, on ne meurt plus et je tue mon père !  
Sahr Ngaujah, qui interprète le général Yaabari, faisait partie de la liste et il refait surface pour réclamer la tête de Reddington. Il jouait dans un autre épisode de la 2e saison, et ils l’ont fait revenir.  
A la télé, tout est possible. Même de ressusciter. Ce qui est bien, c’est qu’on ne voit pas le coup partir.


Quelque chose à ajouter ?

Je suis ravi d’avoir fait partie de cette aventure. Je trouve génial que SONY apporte tout son soutien à la série, qui a de nombreux fans, et j’ai hâte de savoir comment les gens vont réagir.