Interview ! Les criminels de "The Blacklist" : Erik Jensen

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EP14 Erik Jensen
Par Alison DEFAUWE|Ecrit pour TF1|2015-09-30T21:25:35.428Z, mis à jour 2015-09-30T21:25:35.428Z

Après son intervention dans l'épisode 14 de la saison 2 de "The Blacklist", Erik Jensen nous confie ses impressions sur le rôle de méchant qu'il a occupé à travers le personnage de "Francis King".

Parlez-nous de votre personnage et de ses crimes... 

Il se nomme Francis King, et il a un an de moins que son frère. Ils se la jouent un peu Caïn et Abel, sauf qu’ici c’est Caïn et Caïn. Chaque soir, il s’étonne de ce qu’on le laisse faire. Il a beaucoup voyagé. J’ai vraiment l’impression d’avoir décroché le gros lot avec ce rôle. De mon point de vue, le père des deux frères leur a présenté les choses de manière binaire, uniquement en termes de victoire ou de défaite. Ce genre de chose fait des dégâts, et ils finissent par se haïr. Ils sont dans une prison dorée, dont le père veut exclure le plus faible des deux. Sa fortune lui a permis de se construire une attraction sadique, en vase clos.


Vous menez donc la grande vie. Quel est le crime de Francis ?

La première fois qu’il rencontre Reddington, il le kidnappe en lui disant qu’il va le vendre au plus offrant. Pour mon personnage, les gens ne sont que de la marchandise, il se sert toujours d’eux. En gros, le père a fait de ses fils des dictateurs. Une fois que vous savez ça, les choses se mettent très vite en place. Impossible de se tromper.


Pourquoi votre personnage est-il dans le collimateur de Reddington ?

Je crois que Reddington s’intéresse plutôt au père, qu’il semble avoir déjà croisé. Je n’en sais pas plus. Pour les spectateurs, en tout cas, ces types sont dangereux et ils doivent être mis hors d’état de nuire.


Comment vous êtes-vous préparé pour le rôle ?

J’ai pensé aux oisillons que je voyais de ma fenêtre, dans mon appartement de l’East Village. J’avais construit des bacs à fleurs pour ma femme, et une colombe s’y est installée. Elle nous laissait arroser les plantes, si on ne s’approchait pas trop. On a établi le contact avec elle, et elle a fini par faire son nid et pondre des oeufs dans notre bac à fleur. Elle a eu deux oisillons et puis, un jour, il y en aqui a disparu. Je me suis imaginé ce qui lui était arrivé.


Pensez-vous que quelqu’un réussira un jour à être plus rusé que Reddington ?

Je crois que mon personnage a failli réussir en l’enlevant. J’ai observé la méthode de James [Spader], qui est plus sophistiquée que la mienne, mais je crois que nous avons à peu près la même manière de décortiquer le scénario afin d’y trouver ce qui nous servira pour le rôle. J’avais peur que mes choix ne soient pas les siens. Heureusement, tout s’est bien passé parce que le scénario est vraiment bon. Dans cette série, les méchants finissent toujours par avoir ce qu’ils méritent !


Qu’est-ce qui explique cette fascination pour les rôles de méchants ?

Je crois qu’il y a un aspect thérapeutique à observer un personnage qui n’a pas de limites. On se rapproche du moi freudien, de notre part animale. Et quand on a un scénario et des acteurs du calibre de James, c’est un régal. J’ai une femme et une petite fille extraordinaires, je passe un coup de pelle dans l’allée quand il y a de la neige. Une vie assez ordinaire, somme toute. Mais, pendant environ une semaine, j’ai vécu dans la résidence de Guggenheim, et j’essuyais mes lunettes sur l’uniforme des soubrettes ! C’est un véritable cadeau de pouvoir lire le scénario si longtemps avant la diffusion, et le voir transposé à l’écran. 


Parlez-nous de l’équipe de The Blacklist...

Megan [Boone] et moi venons tous deux du Midwest. On s’est vraiment très bien entendus. Elle connaissait le journaliste Lester Bangs, ce qui m’a surpris, et on a beaucoup parlé de musique, ce qui était très agréable. J’avais l’impression de faire partie d’un groupe de VRP, où les gens apprennent à se connaître, ils se réunissent et ils ont une mission différente chaque semaine. Tout ça grâce au professionnalisme de James, qui ne se laisse jamais démonter et qui savait même mon nom à la fin de la journée, ce qui est suffisamment rare pour être mentionné.


Comment s’est passé le tournage ?

Tout le monde était très concentré. On aurait dit une troupe de danseurs étoiles ! Je remercie aussi les producteurs et le réalisateur de m’avoir donné la possibilité de m’isoler pour me préparer. Ils me suggéraient de petites choses, pour voir ce qui se produirait quand Reddington, cette force de la nature, serait confronté à mon personnage, mais ils m’ont laissé le champ libre pour improviser. C’est peut-être très sadique de leur part, mais ça rend les choses très vivantes. On passe moins de temps à discuter qu’à jouer, ce qui est toujours plus agréable.


Reverra-t-on votre personnage ?

Ca dépend entièrement de James et des scénaristes. S’ils me demandaient de revenir, j’accepterais sans hésiter. En attendant, je leur suis reconnaissant de m’avoir choisi, et je passe à autre chose. La nostalgie, ce n’est pas mon truc.


Quelque chose à ajouter ?

Encore une remarque sur James Spader et Megan Boone : leur complicité, devant la caméra et sur le plateau, me rappelle celle de William Powell et Myrna Loy, ou peut-être Spencer Tracy et Katharine Hepburn. En tout cas, elle est inimitable. C’était vraiment extraordinaire d’être là et de les regarder travailler, d’autant que je suis fan de la série. Ils dégagent une telle énergie ! C’est assez rare à Hollywood.