Interview ! Les criminels de "The Blacklist" : Michael Laurence

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Ecrit pour TF1|2015-09-10T09:15:35.458Z, mis à jour 2015-09-10T09:42:47.412Z

Après son intervention dans l'épisode 5 de la saison 2 de "The Blacklist", Michael Laurence nous confie ses impressions sur le rôle de méchant qu'il a occupé à travers le personnage de "Maddox Beck".

Comment définiriez-vous votre personnage ?

Maddox Beck est un gourou écoterroriste.
 

Quels sont ses crimes ?

Il est arrivé à la conclusion que la seule manière de sauver la planète était de détruire l’humanité. C’est une méthode Darwinienne à l’extrême, qui passe par la propagation d’une très vieille souche du virus de la peste. En gros, c’est un bioterroriste mondial.

C’est vraiment de circonstance ! De quel type de maladie s’agit-il ?

Au début, on pense plutôt à la peste bubonique mais c’est en fait la peste pneumonique.

Pourquoi votre personnage est-il dans le collimateur de Reddington ?

Il semble qu’il ait autrefois suscité l’admiration de Reddington parce qu’il avait un côté Robin des Bois des causes écologiques. Mais il s’est radicalisé, et après avoir échoué à faire sauter les bureaux de BP – et s’être fait passer pour mort –, il disparaît et ses méthodes deviennent vraiment dangereuses. A partir de là, Reddington ne partage plus ses idées. L’épisode commence par la mort de l’épouse de Maddox. Quand Reddington l’apprend, il comprend que Maddox a l’intention de répandre un virus extrêmement contagieux dans le monde entier. A en croire Reddington, l’épouse de mon personnage était la plus modérée du groupe, The Front, et elle a voulu mettre un terme aux agissements de son mari.


Comment vous êtes-vous préparé pour le rôle ?

Je suis déjà très investi dans les causes écologiques. J’avais l’impression de comprendre à peu près comment ces campagnes fonctionnaient avant même le début du tournage. J’ai épousé le point de vue de Maddox, et je me suis dit qu’il avait un comportement héroïque. C’est ce qui m’a permis de me mettre dans la peau du personnage. Ses méthodes sont indéfendables mais, pour lui, la fin justifie les moyens. Il se prend pour un preux chevalier. Et j’ai trouvé que le scénario exprimait parfaitement cette contradiction. Il se voit comme un martyr, et il a viré dans l’extrémisme, mais il avait au départ les meilleures intentions.

Pensez-vous que quelqu’un réussira un jour à être plus rusé que Reddington ?

Je crois qu’à chaque nouveau méchant, les scénaristes s’amusent à nous faire croire que Reddington a enfin trouvé plus fort que lui. Mais il a de la ressource ! Les scènes que j’ai eues avec James Spader font partie des moments les plus forts de ma carrière. Ce type a un charisme fou ! Il apporte une complexité incroyable au rôle. Quand je le regardais répéter, je me régalais de le voir s’amuser et trouver de nouvelles choses.

Qu’est-ce qui explique cette fascination pour les rôles de méchants ?

Vous pouvez enfin vous laisser aller à vos mauvais penchants, ce que vous ne pourriez jamais faire dans la vie ! Ces types-là n’ont aucune limite. Je sais que c’est une banalité mais, pour un acteur, ce genre de personnage est un régal. La plupart des abonnés aux rôles de méchants rêvent d’aller au-delà du cliché du type qui se tortille la moustache, afin de révéler l’humanité du personnage. C’est un réel plaisir, surtout dans une série aussi bien écrite que celle-ci.

Parlez-nous de l’équipe de The Blacklist...

C’était fantastique. Ce sont des professionnels, sur une grosse production, et la série est très ambitieuse, avec beaucoup de séquences spectaculaires. Les gens travaillent énormément et tout le monde se donne à fond. J’ai eu beaucoup de chance, parce que j’avais déjà passé un casting pour un personnage de la première saison qui a finalement été abandonné. J’imagine que mon bout d’essai a retenu l’attention des producteurs parce qu’ils m’ont dit qu’ils auraient quelque chose à me proposer « un de ces jours ». J’avais trouvé ça sympa mais je n’en attendais pas grand chose. Et puis j’ai entendu parler du personnage et de l’épisode sur un tournage à Londres. J’ai envoyé un mail à mon agent pour lui dire que je regrettais d’avoir raté ce casting mais elle m’a répondu : « Un gourou qui prétend sauver le monde ? C’est tout à fait dans tes cordes ! Et tu as de la chance, c’est toi qu’ils veulent ! » Je suis abonné aux rôles de psychopathes ! C’était génial. 


Comment s’est passé le tournage ?

Super bien. Chacun sait exactement ce qu’il doit faire. Le premier jour, nous étions dans les catacombes sous l’ancienne cathédrale Saint Patrick, sur Mott Street, l’un des plus vieux édifices religieux de Manhattan. Or il se trouve que j’ai habité dans cette rue pendant quelques années au début des années 1990, quand je débutais dans le métier en faisant du théâtre expérimental. J’habitais au sixième étage d’un immeuble sans ascenseur qui donnait sur le cimetière. A l’époque, le quartier était vraiment différent. Ca craignait un peu, alors qu’aujourd’hui, il y a plein de galeries pour bobos. Chaque matin, je me lavais les dents en regardant les tombes, et me voilà, vingt ans plus tard, au même endroit ! C’est sympa de revenir dans le quartier.