Interview ! Les criminels de "The Blacklist" : Ned Van Zandt

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Ned Van Zandt
Par Alison DEFAUWE|Ecrit pour TF1|2015-10-14T21:25:37.673Z, mis à jour 2015-10-14T21:25:37.673Z

Après son intervention dans l'épisode 19 de la saison 2 de "The Blacklist", Ned Van Zandt nous confie ses impressions sur le rôle de méchant qu'il a occupé à travers le personnage de "Leonard Caul".

Comment définiriez-vous votre personnage ?

Leonard Caul est un ex-agent de la CIA même s’il est difficile dans cet univers de savoir qui travaille pour qui. On ignore toujours pourquoi il a cessé ses activités mais on sait qu’il est super calé en informatique. Il est plutôt de la vieille école, pas très attiré par le numérique, mais tout de même très efficace. Sa spécialité, c’est le magnétophone analogique. Bien qu’il ait disparu de la circulation pour une raison inconnue, Reddington lui fait confiance. En revanche, on ne sait rien de leurs rapports. Tous ces rebondissements me fascinaient déjà avant de participer à la série. Je suis moi-même intrigué par les théories du complot et c’est pour ça que la série me parle tant. On ne sait jamais qui est le méchant ! 


Quels sont ses crimes ?

Dans le deuxième épisode, il est question de mon ancien patron et d’une agence gouvernementale. Je ne crois pas que mon personnage soit réellement un criminel. 


Pourquoi ?

La Cabale vise Leonard parce qu’il a vécu caché et qu’il refait surface pour transmettre des informations à Reddington. Elle finit par le trouver, sans qu’on sache vraiment qui est derrière tout ça, et tente de lui trancher la gorge puis de le décapiter, d’où son atroce cicatrice et ses deux doigts en moins, qu’il a perdus en essayant de se défendre. Mais ce n’est pas ça qui va l’arrêter.
Quelqu’un essaye de le tuer après que Reddington n’est pas venu au rendez-vous qu’ils s’étaient fixés. Les informations en sa possession surprennent Liz Keen lors de leur première rencontre dans la cachette de Red. D’où tient-il tout ça ? Il est brillant, tout simplement. Il sait comment fonctionne le Fulcrum, une puce informatique qui contient la liste des membres de la Cabale. Leonard détient ces informations, il connaît tous les secrets. Reddington et lui se font mutuellement confiance. Je crois que c’est un gentil à la base mais je suis un peu perdu, à vrai dire.
Quand Liz découvre la liste de toutes les personnes impliquées, ça me rappelle le documentaire sur Snowden. C’est hallucinant. On en déduit que même le président des Etats-Unis est au courant de ces activités illégales. Comme Snowden, Leonard montre que les personnes impliquées dans des affaires louches sont bien plus nombreuses qu’on ne veut bien le croire.
Voilà l’histoire, en gros. Liz détient la clé. Leonard a l’expertise, et le fait de ne plus utiliser internet lui permet d’échapper à tout le reste. Même s’il se sert d’outils informatiques, il ne fait pas de vagues.


Comment vous êtes-vous préparé pour le rôle ?

À vrai dire, j’y ai mis beaucoup de moi-même. Je pense que je suis quelqu’un de fascinant. J’ai eu une vie assez incroyable : ma pièce autobiographique a été présentée à l’Atlantic Theater hier soir. À la télévision comme au cinéma, il faut puiser en soi pour trouver le personnage. Quand j’ai auditionné pour ce rôle, je savais exactement ce que je voulais montrer. J’avais regardé la série sur internet pour me mettre dans le bain, ce qui m’a permis d’avoir une idée du style et du ton. Ça fait deux ans que je vis à New York, après avoir habité à Los Angeles. Je voulais vraiment ce rôle. 


Pensez-vous que quelqu’un réussira un jour à être plus rusé que Reddington ?

J’aimerais bien mais rien n’est moins sûr. Ce serait incroyable, non ? Si ça devait arriver, je ne pense pas que la personne tiendrait le coup bien longtemps, mais ce serait génial. Ce qui est super avec James Spader, c’est qu’il a ce côté vulnérable. Dans le deuxième épisode que j’ai tourné, on a l’impression que Leonard et lui sont de vieux amis et qu’il y a peut-être des choses que l’on ignore encore. 


Qu’est-ce qui explique cette fascination pour les rôles de méchants ?

Ils sont super amusants à jouer. Mais on cherche toujours ce qu’il y a derrière. Même quand on interprète le plus horrible des serial-killers, il faut pouvoir aimer le personnage. Et puis, on peut faire des trucs qu’on ne se permettrait jamais dans la vie de tous les jours. On peut jouer sur ces pulsions et c’est là tout l’intérêt du métier : exprimer nos côtés les moins reluisants. 


Parlez-nous de l’équipe de The Blacklist...

Ils sont géniaux. Dans le premier épisode, je n’avais que des scènes avec Megan [Boone] et je n’aurais pu rêver meilleure introduction. On a tourné une scène de conduite très technique. C’est une actrice fantastique, elle est jeune, belle et très professionnelle !
Le reste du temps, je donnais la réplique à James Spader. Je l’admire depuis toujours, mais je ne le lui ai jamais dit. Je ne suis pas du genre à aller voir les acteurs pour leur dire que je suis fan de ce qu’ils font. Il y a des années, je déjeunais dans un restau à Studio City, à l’époque où il tournait Deux jours à Los Angeles. Je me suis approché et je lui ai dit : « Vous assurez vraiment ». Il a été adorable. Je me suis toujours dit que j’aimerais travailler avec lui. Et c’est finalement arrivé ! C’est un type super.
Ce n’est pas pour descendre les autres séries dans lesquelles j’ai joué mais Spader comprend vraiment ce métier. Il s’implique totalement, et ça se voit à l’écran : on n’est pas dans une série policière lambda. On essaie tous d’obtenir le meilleur plan, la meilleure prise. Comme dans une très bonne pièce de théâtre. 


Comment s’est passé le tournage ?

C’était tout simplement fantastique. Pour mon premier jour, on aurait dit que tout avait été fait pour me mettre à l’aise : aucune scène difficile et le show-runner de la série, Michael Watkins, qui vient me saluer. Que demander de plus ? 


Reverra-t-on votre personnage ?

Qui sait ? Je n’ai pas lu le scénario du dernier épisode mais mon personnage se fait peut-être descendre. Le maquillage me prend une heure parce qu’il faut me faire la cicatrice sur le cou et les doigts en moins. C’est une bonne occasion de faire connaissance avec l’équipe. Mais de là à survivre… L’avenir nous le dira.  


Quelque chose à ajouter ?

Quand j’ai dit à mes amis que j’allais jouer dans The Blacklist, ils étaient super contents pour moi et ils avaient raison parce que ça valait le coup. J’adore les intrigues bien ficelées, et on travaille avec les meilleurs scénaristes. En plus de ça, un acteur comme James Spader permet d’apporter une réelle énergie. C’est une série extraordinaire ! Je suis très heureux d’en faire partie.