Interview ! Les criminels de "The Blacklist" : Ron C. Jones

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TBL 203 20140903 CB 0187 RT fnl Ron C  Jones
Ecrit pour TF1|2015-09-10T09:02:56.125Z, mis à jour 2015-09-10T12:47:41.218Z

Après son intervention dans l'épisode 3 de la saison 2 de "The Blacklist", Ron Cephas Jones nous confie ses impressions sur le rôle de méchant qu'il a occupé à travers le personnage de "Docteur James Covington".

Décrivez-nous votre personnage. Quel genre de docteur est-il ?

C’est un spécialiste de la greffe du poumon. Ce chirurgien thoracique est un esprit brillant, mais il n’œuvre pas pour le bien de l’humanité. Il se justifie en disant qu’il a été radié, qu’il a perdu le droit d’exercer pour avoir greffé le poumon d’un adulte dans le corps d’un enfant, une expérience très dangereuse sur laquelle il n’existe pas de véritable jurisprudence. Dans ce cas précis, l’opération a réussi et la jeune fille a été sauvée. Dès ce moment-là, il a décidé de consacrer sa vie à sauver d’autres enfants.

Quel est son côté sombre ?

Il fait affaire avec des criminels, des barons de la drogue et des hommes d’affaires véreux qui ont de quoi se payer une greffe d’organe clandestine. Il vole les organes de ses victimes et les greffe à ceux qui peuvent les acheter. Certains criminels sont même assassinés pour leurs organes, qui vont au plus offrant. Mais si les bénéficiaires de ces greffes ne le paient pas régulièrement, il récupère l’organe ! Avec lui, il faut s’acquitter d’un loyer sur sa greffe. Les sommes amassées lui permettent de financer un service de pédiatrie. Il justifie ses actes criminels par le fait qu’il sauve des enfants.

Le personnage semble complexe et intrigant. Vous avez aimé l’interpréter ?

C’était intéressant parce qu’il est dans la dualité. Les téléspectateurs savent qu’il a fait quelque chose d’admirable. Cela pose d’ailleurs un dilemme à la policière qui vient l’arrêter. Il la prévient que son interpellation entraînera la mort d’un enfant. Si elle le laisse libre de continuer et que l’enfant meurt quand même, cela créera des problèmes, et si elle l’empêche de poursuivre son intervention, elle devra vivre avec sa décision.

Au vu de ses activités de vol d’organes et d’interventions illégales, on imagine qu’il a dû opérer dans le plus grand secret. Comment l’ont-ils retrouvé ?

En examinant des données informatiques et des relevés d’écoutes téléphoniques. Quand ils déboulent avec leurs flingues, alors qu’il est sur le point d’opérer ce jeune garçon, il leur explique le dilemme qui se pose à eux, à savoir s’ils veulent que l’enfant soit sauvé ou non.

Pourquoi votre personnage est-il dans le collimateur de Reddington ?

Ils sont sur une piste et tombent sur un cadavre entièrement vidé de ses organes (l’un des criminels dont Covington il a repris le cœur et les poumons). C’est à la base une simple affaire de meurtre, et la piste les mène vers ce chirurgien. Reddington est quant à lui sur une autre affaire qui pointe aussi vers Covington. Comme il connaît tous les criminels, il leur donne des pistes pour l’aider à retrouver mon personnage. Bien que je n’aie aucune scène avec Reddington dans cet épisode, nos histoires sont liées.

Comment vous êtes-vous préparé pour le rôle ?

A la télé, on n’a pas beaucoup de temps pour répéter. Je me suis mis devant mon ordi et j’ai accumulé des notes sur le vocabulaire médical, les spécificités de la greffe d’organes. Quand j’étais sur le plateau, je suis allé voir le réalisateur pour parler de mes répliques. En tant qu’acteur, je m’intéresse surtout au caractère particulier de la scène. Je m’efforce de faire en sorte que le vocabulaire soit le bon, et qu’il y ait une logique et une évidence dans ce que fait le personnage. C’est à la fois un médecin et un homme très perturbé. Mon travail consistait donc à incarner cet homme imparfait qui est néanmoins un expert dans son secteur d’activité, en l’occurrence la greffe d’organes.

Pensez-vous que quelqu’un réussira un jour à être plus rusé que Reddington ?

Je ne sais pas. Je pense que c’est justement ce qui rend cette série si géniale, ce qui fait qu’on n’a pas envie qu’elle s’arrête un jour. J’espère d’ailleurs qu’elle durera encore de longtemps, parce qu’elle est vraiment fantastique. J’imagine qu’il finira tout de même par se faire arrêter : à la télé, le crime ne paie pas !

Qu’est-ce qui est si attirant dans le fait de jouer un méchant ?

Je passe une bonne partie de mon temps à jouer des méchants ! Dans 80% des cas, mes personnages ont un côté assez intéressant. C’est pour moi l’occasion d’avoir une réflexion un peu plus approfondie sur ce que l’on pense généralement des personnes qui nous font peur, ou bien que l’on pense aimer, et dont on s’aperçoit qu’on ne les connaît au fond pas très bien. Il y a tout un univers insoupçonné chez elles, auquel une porte permet d’accéder, et c’est précisément ce qui rend les choses passionnantes. J’aimerais avoir plus de temps et de répliques pour étoffer ces personnages.

Parlez-nous de l’équipe de The Blacklist…

J’ai travaillé avec Megan [Boone], qui est extraordinaire. Le premier jour, j’avais du mal à comprendre tout ce que disait mon personnage. Il était encore tôt, et mes répliques étaient truffées de jargon médical ! Mais chacun des membres de l’équipe, des acteurs au réalisateur, savait exactement ce qu’il faisait. Ils étaient fiers de participer à The Blacklist. Leur énergie était palpable. Ils avaient parfaitement conscience de travailler sur une série à succès.


Comment s’est passé le tournage ?

C’était très agréable. Dès que vous avez l’occasion de travailler dans un tel cadre, vous n’avez qu’une envie, c’est de vous dépasser ! J’ai passé deux jours inoubliables.

Votre personnage est-il encore en vie ?

Oui. Mais il se fait arrêter.

On pourrait donc le revoir ?

C’est toujours possible. C’est un type intéressant. Pourvu que quelqu’un vous entende !