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Nouvelle-Zélande: Ma'a Nonu, un centenaire qui ne fait pas son âge 

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Par Nicolas SBARRA|Ecrit pour TF1|2015-10-09T17:59:46.617Z, mis à jour 2015-10-09T17:59:48.131Z

Ma'a Nonu va honorer sa 100e sélection avec les All Blacks ce vendredi soir, 13 ans après ses débuts. Depuis, le centre a fait évoluer son jeu et a pris du poids dans l'équipe néo-zélandaise.

Absent lors de la dernière rencontre face à la Géorgie, Ma’a Nonu va connaître ce vendredi soir, contre les Tonga, sa 100e sélection avec l’équipe de Nouvelle-Zélande. Cette performance n’est pas anodine. Le centre de 33 ans va rejoindre un cercle assez fermé, il ne sera que le sixième Black à atteindre cette barre symbolique. Actuellement, les cinq sont Richie McCaw (145), Keven Mealamu (128), Tony Woodcock (117), Dan Carter (108) et Mils Muliaini (100).

Retrouvez le résumé vidéo de Nouvelle-Zélande - Argentine, la 99e cape de Nonu

Nonu a ouvert son compteur en 2003, lors d’un match de préparation à la Coupe du Monde contre l’Angleterre en juillet. Durant sa première grande compétition, le trois-quarts de 21 ans a été utilisé à trois reprises, pour un essai inscrit. Mais ses débuts ont été délicats. Il n’a pas réussi à convaincre le staff des All Blacks. Steve Hansen, actuel sélectionneur et adjoint à l’époque, se souvient avoir éconduit le jeune joueur en 2004. « Nous ne pensons pas que ça va marcher. Nous voudrions que tu fasses du rugby à 7 », lui avait-il confié.

Le natif de Wellington était encore un joueur trop unidimensionnel. Ma’a Nonu évoluait dans le registre de son idole Tana Umaga, un franchisseur, un perforateur de défense qui jouait sur sa puissance physique (107kg). Mais cela n’a pas suffi à l’encadrement du XV néo-zélandais pour l’emmener avec lui à la Coupe du Monde 2007. Son retour est intervenu en 2008 après son passage à 7, qui « l’a changé », a avoué Hansen. Nonu s’est imposé avec le numéro 12 dans le dos et s’est même avéré être un leader des Blacks en 2011. Le centre figurait parmi les finalistes pour le titre de meilleur joueur de la Coupe du Monde cette année-là. Mais il a été battu par Thierry Dusautoir, qu’il avait dominé en finale avec ses coéquipiers.

Carter : « Mes yeux et mes oreilles »

Ma’a Nonu est sans cesse en progression, se bonifie avec l’âge. Il repousse encore la concurrence de Sonny Bill Williams lors des grands rendez-vous, comme en ouverture contre l’Argentine. Cela est le fruit d’une remise en question permanente. « Il est toujours impliqué, toujours en train d’évoluer pour rester au top », admet son comparse Conrad Smith. C’est aussi pour cela que le Black peut durer. Une longévité comme la sienne n’est pas si courante pour un joueur des lignes arrières. Il est une des plus grandes stars de l’équipe, 13 ans après ses débuts.

Le joueur aux dreadlocks est désormais très complet, ne brille pas uniquement par ses initiatives personnelles. Capable de tout faire, il bonifie même ses partenaires. « Quand tu joues avec un gars comme ça, tout le monde a l'impression que tu es bon », ose Conrad Smith. Les plus grands éloges proviennent de Dan Carter. En début de semaine, l’ouvreur a expliqué que « ce qui rend les choses faciles quand Ma'a est à mes côtés, c'est qu'il est devenu un joueur très bavard sur le terrain. Il me donne plein de conseils. Il est un peu mes yeux et mes oreilles quand il s'agit du jeu au large. Il me dit ce qu'il voit et cela m'aide à analyser mes options et faire mes choix ».

Cet impact sur le jeu de l’équipe et surtout sur les initiatives du maître à jouer des All Blacks montre bien tout le chemin parcouru par Ma’a Nonu. « Je suis fier de la façon dont j'ai fait évoluer mon jeu sur les 12 dernières années », a-t-il lui-même avoué. Reste désormais à le concrétiser avec un deuxième sacre mondial à la fin du mois, avant de faire profiter Toulon de son talent et de se rapprocher de son demi-frère français.