Afrique du Sud - Nouvelle-Zélande 1995: Mandela, homme de la finale ? 

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Par Georgia Diaz|Ecrit pour TF1|2015-10-23T17:15:39.245Z, mis à jour 2015-10-23T17:15:39.245Z

Le 24 juin 1995, l'Afrique du Sud post-apartheid remporte la Coupe du monde de rugby face à la Nouvelle-Zélande. Sur la pelouse de l'Ellis Park de Johannesburg, Nelson Mandela, président depuis un an, revêtu du maillot du numéro 6 et capitaine François Pienaar, remet le trophé Webb Ellis à ce dernier... Mandela, homme du match ?

Rétro finale 1995, Mandela remet le trophée Webb Ellis à François Pienaar

Le 3 octobre dernier, l'ancien président sud-africain et icône de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela (1918-2013) est entré à titre posthume au Hall of Fame du rugby mondial. Une récompense intervenue 20 ans après la victoire de l'Afrique du Sud en finale de la Coupe du monde 1995. L'image du président noir, revêtu du maillot du numéro 6, capitaine et blanc, François Pienaar, est depuis présentée comme l'un des premiers exemples de la réconciliation de la nation sud-africaine. Le coup de génie politico-sportif a été raconté par Will Carlin dans Playing the enemy, Nelson Mandela and the Game that Made a Nation et mis en images par Clint Eastwood, en 2009, dans Invictus.

"Nation arc-en-ciel" 

Elu président le 10 mai 1994, Nelson Mandela veut utiliser la compétition pour fédérer la majorité noire du pays à qui le rugby avait été interdit de 1948 à 1994, autour d'une passion partagée par la minorité blanche... D'entériner la réconciliation nationale et modifier l'image que pouvait alors avoir l'Afrique du Sud, fragile d'un point de vue économique, minée par des grèves à répétition et une criminalité importante... Mandela n'hésite pas, pour cela, à se mettre en scène avec les joueurs de la sélection nationale, comme le capitaine François Pienaar, ou Chester Williams, seul joueur noir du groupe. En 2002, ce dernier mettra d'ailleurs à mal l'image de la "nation arc-en-ciel", évoquant des relations difficiles avec certains de ses coéquipiers et les insultes dont il aurait été victime dans son autobiographie, Chester.

Reste que la mayonnaise Boks prend. Les victoires s'enchaînent, en poule face à l'Australie, la Roumanie et le Canada en poule, puis en quart contre les Samoa, et en demi-finale face à la France. Et le 24 juin, tout le pays chavire de bonheur. Les Sud-Africains battent les Néo-Zélandais en finale de Coupe du monde, à l'issue d'un match serré. Joel Stransky marque le drop de la victoire six minutes avant la fin de la prolongation. Et Mandela est acclamé par les quelque 60 000 spectateurs présents dans les tribunes de l'Ellis Park Stadium, blancs en majorité, lorsqu'il remet le trophée Webb Ellis au capitaine des Boks, François Pienaar.

Rétro finale 1995, la victoire des Boks face à la Nouvelle-Zélande en vidéo

En 1996, les Bafana-Bafana doublent la mise pour la "nation arc-en-ciel", en gagnant la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football. Dans l'équipe, les joueurs noirs comme John Mosheu et Lucas Radebe , côtoient les blancs comme Mark Fish... 

Des quotas pour 2019

Mandela, homme d'une finale ? Vingt ans ont passé et la mixité raciale fait toujours débat. L'entraîneur sud-africain, Heyneke Meyer, a ainsi été accusé de racisme par de nombreuses associations noires qui lui reprochent de ne pas utiliser assez de joueurs noirs. Ce fut le cas, notamment, après l'humiliante défaite des Boks face aux Japonais (32-34). Meyer s'en est toujours défendu, déclarant notamment : "Je ne regarde pas la couleur, je regarde les meilleurs joueurs". Mais d'ici 2019, lui ou son successeur n'aura plus le choix : la sélection sud-africaine devra obligatoirement être composée de 50% de joueurs blancs et 50% de joueurs non-blancs, dont deux noirs. Décision de la Fédération sud-africaine de rugby.

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